‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 46 sur 340 · POSSÉDÉ GUÉRI DANS LA SYNAGOGUE · texte numérisé non relu

POSSÉDÉ GUÉRI DANS LA SYNAGOGUE

miracle raconté par les deux évangélistcs n'a pas été accompli aussitôt après la vocation des apôtres, puisqu'ils travaillaient ce jour-là et que c'est, au contraire, en une assemblée sabbatique que le démoniaque fut guéri. Depuis la captivité, les Juifs avaient des synagogues ou lieux de réunion, habituellement situés près des eaux courantes, afin de faciliter leurs ablutions. On s'y rassemblait le jour du sabbat, les jours de fête ou de néoménie, le lundi et le jeudi de chaque semaine, pour prier et entendre la lecture et l'explication des Livres saints. A Càpharnaïim comme à Nazareth le Seigneur fut invité à prendre la parole. Et tous étaient vivement frappés par sa doctrine. Ils admiraient la différence de l'enseignement nouveau comparé à celui des scribes et des pharisiens. Le Seigneur, qui est la vérité, exposait la vérité avec une autorité souveraine. Il y a toujours une différence de ton entre celui qui cherche et celui qui sait, entre celui qui répète des formules apprises d'hier et celui qui donne de son fonds et de sa plénitude.

C'est au cours de cette même réunion sabbatique qu'il se rencontra, en pleine sjaiagogue. Un homme possédé d'un esijrit mauvais et impur. Il interrompit l'enseignement du Seigneur pour lui crier d'une voix forte : « Laissez-nous ! Qu'y a-t-il entre vous et nous, Jésus de Nazareth? Etes-vous venu pour nous perdre? Je sais qui vous êtes : le saint de Dieu. » Tout se mêle, dans le cri du démoniaque : l'impatience, la répulsion, la souffrance, la peur, le blasphème, le témoignage contraint rendu à la sainteté de Jésus. C'est bien le pêle-mêle habituel des discours d'un possédé, ou mieux du diable lui-même parlant par la bouche de celui dont il s'est emparé. Rien ne prouve qu'il fût dès lors absolument sûr que Jésus était le Messie. Il ne dit pas : le Fils de Dieu. L'eût-il dit, et il le dira bientôt (Le, iv, 41), cette expression serait encore sujette à commentaire ; elle eût pu provenir de la contrainte ou d'une curiosité habile et anxieuse. Il dit : le saint de Dieu, ce qui range le Seigneur dans un ordre à part, en vue d'une fonction éminente. Et Jésus, s'adressant à l'esprit impur avec autorité et menace, lui dit : « Tais-toi, et sors de cet homme ! » Il semble qu'il répugne au Seigneur de recevoir un témoignage d'une telle bouche. Le diable accuse alors son pouvoir et sa rage en précipitant le poss^édé par terre, au milieu de l'assemblée, et en l'agitant de conAulsions violentes ; mais sans lui faire aucun mal, note saint Luc, sans provoquer ni lésion ni

fracture. Et il sort avec un grand cri. Le miracle était constant, et il était en soi supérieur à tous ceux accomplis jusqu'ici. Les Capharnaïtes se demandent tous entre eux, avec surprise et avec une sorte d'effroi religieux : « Qu'est ceci? Un enseignement nouveau? Voici qu'il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs eux-mêmes, et ils s'en vont ! » On voit la surijrise, l'admiration, la confiance. Il y avait longtemps qu'Israël n'avait rien vu de semblable : une si haute doctrine, servie par un tel pouvoir. Et la réjDutation du Seigneur se répandit aussitôt dans toutes les régions d'alentour.

Mt., VIII. — ^* Et cuni venisset Jésus in domum Pétri, vidit socrum ejus jacentem, et fehricitantem. ^^ Et tetigit manum ejus, et dimisit eam febris ; et surrexit, et ministrahat eis. ^^ Vespere autem facto, obtulerunt ei multos daemonia hahentes ; et ejiciehat spiritus verho, et omnes maie hahentes curavit ; ^"^ ut adimpleretur quod dictum est per Isaiam prophetam dicentem : Ipse ijifir mitâtes nostras accepit, et aegrotationes nostras portavit.

Me, I. — ■ 2^ Et protinus egredientes de synagoga, vénérant in domum Simonis et Andreae, cum Jacoho et Joanne. ^^ Decumhehat autem socrum Simonis febriciians ; et statim dicunt ei de illa. ^^ Et accedens elevavit eam, apprehensa manu ejus ; et continua dimisit eam febris, et ministrahat eis. ^^ Vespere autem facto, cum occidisset sol, afferebant ad eum ojnnes maie hahentes et daemonia hahentes ; ^^ et erat omnis civitas congre gâta ad januam. ^* Et curavit multos qui vexabantur variis languorihus ; et daemonia multa ejiciehat, et non sinebat ea loqui, quoniam sciehant eum.

Le, IV. — ^^ Surgens autem Jésus de synagoga, introivit in domum Simonis ; socrus autem Simonis tenehatur magnis febrihus, et rogaverunt illum pro ea. ^^ Et stans super illam, imperavit febri ; et dimisit illam. Et continuo surgens ministrahat illis. *" Cu7n autem sol occidisset, omnes qui habehant infirmos variis languorihus, ducebant illos ad eum. At ille singulis manus imponens, curahat eos. ^^ Exibant autem daemonia a multis, clamantia et dicentia : Quia tu es Filius Dei ; et increpans 7io7i sinebat ea loqui, quia sciehant ipsum esse Christum.

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