LE JEUNE
une pénétration de la tentation en nous : c'est contre ce danger que nous souhaitons d'être gardés.
La dernière demande du Pater nous semble étroitement unie à la précédente et signifier : Gardez-nous de la tentation ; mais lorsque \'ous permettrez la tentation ou l'éprelive, Père, gardeznous du mal. laites que l'issue de la tentation soit de nous éloigner davantage du mal ou du méchant, de nous attacher davantage et uniquement à vous. — Dans certains manuscrits du texte grec, on lit cette doxologie : « Parce qu'à vous est la royauté, et la puissance, et la gloire, j^our les siccîcs. Amen. » C'est un vestige de l'Usage du Pater dans la liturgie primitive.
Saint Mattliieu ajoute une sentence qui est comme la glose de la demande : « Remettez-nous nos dettes », et qui se soude immédiatement à elle : Si enim... (Me, xi, 25-26 ; Mt., v, 23-24 ; 44-45). Dieu subordonne ses largesses à notre attitude envers le prochain ; pratiquement, sa conduite sera calquée sur la nôtre. Remarquons la tautologie voulue des versets 14 et 15 : l'assertion est présentée sous forme positive d'abord, puis sous forme négative, le Seigneur ne voulant laisser à notre égoïsme et à nos rarcunes aucune issue, aucun prétexte. « Car si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, à vous aussi votre Père céleste pardonnera ; mais si vous ne pardonnez jDas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus. »
Mt., VI. — 16 Cum autem jejunatis, nolite fieri sicut hypocritae tristes; exterminant enim faciès suas, nt appareant hominihus jejunantes. Amen dico vobis, quia receperunt mercedem siiam. ^'^ Tu autem cum jejunas, unge caput tuum, et faciem tuam lava, ^^ ne videaris hominihus jejunans, sed Patri tuo qui est in ahscondito ; et Pater tuiis, qui videt in ahscondito, reddet tihi.
Après l'aumône et la prière, c'est du jeûne qu'il est parlé. Lui aussi doit s'accomplir devant Dieu, non devant les hommes. Comme dans les deux exemples précédents, Notre-Seigneur commence par la critique des pharisiens, par l'indication de ce que ses disciples doivent é\-iter. Quand vous jeûnez, dit-il : le jeûne n'est donc ni supprimé, ni blâmé. Quand vous jeûnez, n'affectez pas la tristesse ; nous dirions aujourd'hui : ne montrez pas des mines de carême. Il n'est pas de recommandation plus opportune. Mor-