CONTESTATIONS PHARISAIQUES A JÉRUSALEM PUIS EN GALILÉE
Jo., V. — 1 Post haec erat dies fesius Judaeorum, et ascendit Jésus Jerosolymam. ^ Est autem Jerosolymis Prohatica piscina, quae oognominatur hebraice Bethsaida, quinque porticus hahens, ^ In lus jacebat multitudo magna languentium, caecorum, claiidorum, aridorum, expectantiiim aquae motum. ^ Angélus autem Domini descendebat secundum tempus in piscinam, et movebatur aqua. Et qui prior descendisset in piscinam post motionem aquae, sanus febat a quacumque detinebatur infirmitate. ^ Erat autem quidam homo ibi, triginta et octo annos habens in infirmitate sua. ^ Hune cum vidisset Jésus jacentem, et cognovisset quia jam multum tempus haberet, dicit ei : Vis sanus fieri? "^ Respondit ei languidus : Domine, hominem non habeo, ut cum turbata fuerit aqua, mittat me in piscinam; dum venio enim ego, alius ante me descendit. ^ Dicit ei Jésus : Surge, toile grabatum tuum, et ambula. ^ Et statim sanus factus est homo ille, et sustulit grabatum suum, et amhulabat.
« Après cela, eut lieu la fête des Juifs et Jésus monta à Jérusalem. » Un grand nombre de manuscrits, et plusieurs d'Une autorité considérable, spécifient par l'article, r, iopTr,, qu'il s'agit de la fête
de Pâqiie, qui était proprement « la fête ». C'est rinterjjrétation de saint Irénée. Ceux qui ne lisent pas l'article proposent ordinairement la fête des Sorts ou des Purim et ne donnent au ministère du Seigneur qu'une durée de deux ans et demi. Si notre interprétation est fondée, saint Jean vient donc de passer sous silence trois mois environ de la prédication du Seigneur en Galilée. « Après cela )) n'est qu'une formule indéterminée.
Est autem J erosolymis . . . A l'heure où écrivait saint Jean, Jérusalem était détruite, le temple consumé ^ar les flammes ; mais l'évangéliste parle néanmoins de la scène du miracle telle qu'il l'a connue, comme si elle existait encore ; il lit dans son souvenir. Il y avait, vers le nord-est du temple, une i:)orte dite Probatique, ou porte des troupeaux (cf. Néh., m, 1, 31 ; xii, 38). C'est par elle qu'étaient introduits les animaux offerts en sacrifice. La piscine ProbatiqUe était sans doute voisine de la porte de même nom ; mais elle portait aussi en hébreu le nom de Béthesda : la maison de miséricorde. Cinq portiques ou cloîtres l'entouraient, formant un vaste sanatorium couvert, où gisait une foule de malades : aveugles, boiteUx, paral}i:iques, attendant le bouillonnement de l'eau dans la piscine. Ce j^hénomène, souvent observé dans les eaux thermales, vient de la richesse d'une source profonde ; mais ici, l'échappement était intermittent et ne se produisait que de loin en loin, sous l'influence d'un ange. Et ce qui nous montre que le phénomène de Béthesda était d'origine miraculeuse, c'est le fait que le premier malade descendu dans l'eau était seul guéri, et délivré de son infirmité, quelle qu'elle fût.
Or, il Y avait là Un homme attemt de j^aralysie depuis trentehuit ans. Le verset 14 nous laisse entendre que sa maladie était plus qu'ime épreuve ; elle était un châtiment. Jésus le Wt, et, renseigné sur la longue durée de son mal, lui demanda : Voulezvous guérir? Rappelons-nous qUe le Seigneur ne faisait pas de demi-miracles, et que son action bienfaisante prétendait à atteindre l'âme et le coriDs, l'âme d'abord. Le vis sanus fieri, qui, à première vue, semble presque naïf, cesse de l'être si le Seigneur en appelle aux dispositions secrètes de l'âme, ou s'il témoigne ainsi offrir son aide au paral}i;ique pour épier l'heure du mouvement de l'eau dans la i:)iscine. La réponse de l'infirme est découragée. Ah ! la santé, il en voudrait bien : mais il n'a personne, ni ami, ni serviteur, qui, à l'heure propice, le plonge dans