‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 80 sur 340 · LE PARALYTIQUE DE BÉTHESDA · texte numérisé non relu

LE PARALYTIQUE DE BÉTHESDA

le bain miraculeux ; il y est toujours devancé par un malade plus alerte. « Levez- vous, lui dit le Seigneur, prenez votre grabat, et marchez. » La formule est divinement opérative. Non seulement elle guérit dans le paralytique sa maladie, mais elle lui donne de la décision, elle supprime en lui l'effet d'une longue désuétude : il se lève aussitôt, prend son grabat, et marche.

Jo., V. — Erat autem sahhatum in die illo, "^^ Dicebant ergo Jiidaei illi gui sanatus fuerai : Sahhatum est, non îicet tihi tollere grahatum tuum. ^^ Respondit eis : Qui me sanum fecit, ille m,ihi dixit : Toile grahatum tuum, et amhula. ^^ Interrogaverunt ergo eum : Qiiis est ille homo, qui dixit tihi : Toile grahatum tuum, et amhula! ^^ Is autem qui sanus fuerat ejfectus, nesciebat quis esset. Jésus enim declinavit a turha constituta in loco. ^^ Postea invenit eum Jésus in templo, et dixit illi : Ecce sanus jactus es ; jam noli peccare, ne deterius tihi aliquid contingat. ^^ Ahiit ille homo, et nuntiavit Judaeis quia Jésus esset qui fecit eum sanum. ^6 Propierea persequehantur Judaei Jesum, quia haec faciebat in sabhato. ^~ Jésus autem respondit eis : Pater meus usque modo operatur, et ego operor. ^^ Propterea ergo magis quaerehant eum Judaei interficere, quia non solum solvehat sahhatum, sed etpatrem suum dicehat Deum, aequalem se faciens Deo.

Or, c'était un jour de sabbat ; et cette circonstance va donner un prétexte à l'hostilité des Juifs, c'est-à-dire des ennemis du Seigneur. Sur l'heure, pourtant, on ne sut pas qUel était le vrai coupable. En voyant le paralytique passer, son grabat sur le dos, les pharisiens lui firent remarquer sa méijrise : « C'est le sabbat, il ne vous est jDas permis d'emporter votre couchette ! » En effet, il était interdit de porter ce jour-là aucun fardeau (Jer., xvii,21-22). Ce n'est pas l'unique circonstance où le Seigneur a essuyé les reproches des Juifs à l'occasion du sabbat. Mais il y a une différence considérable entre les autres cas et le cas présent : c'est que, partout ailleurs, le Seigneur ne j^rend autorité sur le sabbat que pour faire le bien, ce qui est de droit naturel ; tandis qu'ici, à Jérusalem, le Seigneur, non content de faire le bien un jour de sabbat, prescrit au paralytique guéri un acte considéré comme violation formelle de la Loi et dont il était possible de s'abstenir. Ailleurs, il interprète la Loi ; ici, il semble l'abroger. Rien n'obli-

geait le Seigneur, semble-t-il, à guérir le jour dli sabbat un homme qui attendait depuis trente-huit ans, ni surtout à lui prescrire cette. petite œuvre servile ; mais il avait son dessein.

« Celui qui m'a rendu la santé, répondit le paralytique, m'a dit : Prenez votre grabat et marchez. » Il n'a fait qu'obéir à celui qui a guéri tm mal invétéré par sa parole souveraine, sans même songer qu'un tel homme pût être en désaccord avec la iDcnsée de Dieu. Ainsi était j^orté au tribunal de la Spiagogue mi cas de conscience qui aurait dû Téclairer : mais les cœurs où il y a de l'amertume enveniment tout ce qu'on y verse, même le miracle. Et voici que commence Une enquête rapide, moins sui\àe, moins sévère que celle qui sera instituée dans la suite à propos de l'aveugle-né : « Quel est cet hoimne qUi voUs a dit : Prenez votre grabat et marchez? » Il est à noter que la mention du miracle est passée sous silence : l'enquête ne retient que l'infraction. Or, le paral}^ique guéri ignorait le nom de son bienfaiteur. Car une fois le miracle accompli, le Seigneur s'était dissimulé, à la faveur de la foule qui entourait la piscine, et s'était dérobé même aux effusions de son chent. Ils se rencontrèrent à quelque temps de là, peut-être dans la cour du temple. Fut-ce le miraculé qui dit son merci? Fut-ce le Seigneur qui, après avoir guéri le corps et l'âme, mit néanmoins l'âme en garde contre le retour d'un péché qui avait amené le dur châtiment de trente-huit ans? On ne saurait le dire. Mais l'avertissement est sévère : « Vous voilà guéri : ne péchez plus, de peur que quelque chose de pire ne vous arrive. »

Dans le dessein de se justifier de ce qu'il avait fait, sans doute aussi afin d'appeler l'attention des autorités sur un cas intéressant, rhomme s'en alla a\-iser les Juifs. Et ce fut un nouveau grief venant s'ajouter, en cette seconde Pâque, aux gnefs antérieurs. Déjà, lors de la première, Jésus s'était montré comme Fils de Dieu et avait protesté contre les profanateurs de « la maison de son Père ». On lui avait demandé alors en vertu de quelle autorité il accomplissait ces actes d'expulsion : sans doute on lui demanda raison aussi de la violation du sabbat. Et la question des Juifs amena une seconde affirmation de son origine divine. « Oui, je travaille le jour du sabbat. Lp sabbat ne consiste pas dans la cessation de toute œuvre bonne ; il consiste dans l'exclusion de tout ce qui pourrait entraver l'œuvre spirituelle que l'on doit accomplir ce jour-là, pour honorer le repos

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