CHOIX DES DOUZE. LE MESSIE ET SON* PRÉCURSEUR
Me., XII. — ^^ Jésus autem sciens recessit inde, et secuti sunt eum midti, et ciiravit eos omnes. ^^ Et praecepit eis ne manijestum l'inn facerent, ^' lit adimpleretur quod dictum est per Isaiam prophetam dicentem : ^^ Ecce puer meus, quem eîegi ; dilectus meus, in quo bene complacuit animae nieae. Ponam spiritum meum super eum, et judicium gentibus nuntiabit. ^^ Xon contendet, neque clamabit, neque audiet aliquis in plateis vocem ejus : ^'^ arundinem quassatam non confringet, et linum jumigans non extinguet, donec cjiciat ad victoriam judicium. ^^ Et in nomine ejus génies sperabunt.
Me, III. — ' Jésus autem eum discipulis suis secessit ad mare, et multa turba a Galilaea et Judaea secuta est eum, ^ et ab Jerosolymis, et ab Idumaea, et trans Jordanem ; et qui circa Tyrum et Sidonem, midtitudo magna, audientes quae faciebat, venerunt ad eum. ® Et dixit discipulis suis ut navicula sibi deserviret propter turbam, ne comprimèrent eum. ^" Multos enim sanabat, ita ut irruerent in eum, ut illum langèrent, quotquot habebant plagas. ^'^ Et spiritum immundi, eum illum videbant, procidebant ei et clamabant, dicentes : ^^ Tu es Filius Dei. Et veliementer comminabaiur eis ne manifestarent illum.
La coalition formée entre pharisiens et hérodiens est bien connue da Seigneur. Lorsque l'heure sera venue, il ira de luimême au-devant de la mort ; mais actuellement, il se dérobe ; il ne fuit pas : il se retire. Lui qui pouvait faire descendre le feu du ciel sur ses enneinis, il é\ate d'exaspérer la haine. Il s'éloigne de
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la région qui avait été la sienne, peut-être de Caphamaûm, pour s'en aller jjlus aU nord et se rapprocher de la mer de Tibériade. Mais les peuples le suivent. Ils accourent, dit saint Marc, de la Galilée, de la Judée, de Jérusalem, de l'Idumée, du pays au delà du Jourdain, c'est-à-dire de la Pérée, des environs de Tjt et de Sidon : immense multitude, attirée par le bruit de ses miracles, et lui amenant les malades. La foule le serre de si près, qu'il doit demander aux disciples de lui tenir toujours prête Une petite barque. Car on se précii^ite d'autant plus violemment sur lui qu'il guérit toute infirmité, et qu'il suffit de le toucher pour être soulagé de coi-ps et d'âme. Les possessions étaient nombreuses alors. En apercevant le Seigneur, les esprits impurs, dans la j)ersonne de ceux qu'ils torturaient, tombaient comme terrassés, et s'écriaient : « Vous êtes le Fils de Dieu ! » Mais, pour les motifs que nous avons indiqués déjà en de telles circonstances, il leur défendait sévèrement et avec menaces, vehementer comminahatur, de le faire connaître, de proclamer son titre de Messie. Saint Marc est celui des évangélistes qui a le plus souvent et le plus fortement marqué ce parti pris chez le Seigneur de ne révéler qUe progressivement, et selon l'oi^portunité, selon les dispositions de ses auditeurs, son vrai rôle en Israël.
Saint Matthieu a connu, lui aussi, la recommandation de Jésus. Écrivant surtout pour des Palestiniens et toujours soucieux de rattacher l'évangile à l'économie qui l'a préparé, il ne manque pas d'observer qUe cette réserve miséricordieuse du Messie réalisait le signalement moral tracé autrefois par Isaïe. Le contraste est saisissant entre la patience et l'humilité de l'Agneau de DieU, et la haine \dolente qui le poursuit ; entre l'attitude de celui qui possède Une autorité di\dne, et les chétives attaques de ses ennemis : « Voici, dit le Seigneur par son prophète, voici mon serviteur, celui qUe j'ai choisi, mon bien-aimé, en qui mon âme se complaît. Je ferai reposer sur lui mon esiDrit ; et il annoncera ma justice aUx nations. Il ne contestera point, il ne poussera point de cris, et nul n'entendra sa voix sur les places publiques. Il n'achè\era pas le roseau brisé, il n'éteindra pas la mèche qui fume encore : jusqu'à ce qu'il ait conduit le jugement à la victoire, c'est-à-dire fait triompher la justice. Et les nations espéreront en son nom » (Is., xli, 8-9 ; xlii, 1-4). Les exégètes remarqueront que le texte grec de cette citation est différent de celui des Septante, qu'il est plus voisin de l'hébreu, dont il