‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 86 sur 340 · CHOIX DES DOUZE · texte numérisé non relu

CHOIX DES DOUZE

s'écarte un peu cependant, et ne se ralliant nettement au texte des Septante que dans le dernier verset : et in nomine ejus gentes sperabunt ; l'hébreU portait : « les îles seront dans l'attente de sa loi. »

Mt., X. — ^ Et convocatis duodecim discipulis suis, dédit illis poiestatem spirituum imviundorum, ut ejicerent eos, et curarent omnem languorem et omnem infirmitatem. '^Duodecim autem apostoloruni nomina sunt haec : Primus Simon, qui dicitur Petrus, et Andréas jrater ejus, ^ Jacobus Zebedaei et Joannes jrater eju^, Philippus et BaHholomaeu^, Thomas et Matthaeus publicanu^, Jacobus Alphaei et Thaddaeus, * Siinon Chananaeus et Judas Iscariotes, qui et tradidit eum.

Me, III. — ^^ Et ascendens in montem, vocavit ad se quos voluit ipse, et venerunt ad eum. ^* Et jecit ut essent duodecim cum illo, et ut mitteret eos praedicare. ^^ Et dédit illis potestatem curandi infirmitates et ejiciendi daemonia. ^® Et imposuit Simoni nomen Petrus ; ^^ et Jacobum Zebedaei, et Joannem fratrem Jacobi, et imposuit eis nomina Boanerges, quod est Filii tonitrui ; ^^ et Andream, et Philippum, et Bartholomaeum, et Matthaeum, et Thomam, et Jacobum Alphaei, et Thaddaeum, et Simonem Cananaeum, ^^ et Judam Iscariotem, qui et tradidit illum.

Le, VI. — 12 Factum est autem in illis diebus, exiit in montem orare, et erat pernoctans in oratione Dei. ^^ Et cum dies factus esset, vocavit discipulos suos ; et elegit duodecim ex ipsis, quos et apostolos nominavit : ^^ Simonem, quem cognominavit Petrum, et Andream, jratrem ejus, Jacobum et Joannem, Philippum et Bartholomaeum, ^^ Matthaeum et Thomam, Jacobum Alphaei et Simonem, qui vocatur Zelotes, ^^ et Judam Jacobi, et Judam Iscariotem, qui fuit proditor.

Il était naturel que le docteur du Royaume de DieU se choisît des disciples. En Israël, une école se formait spontanément autour de ceux qui apparaissaient comme envoyés de Dieu. Il y avait des « fils du prophète » autour de Samuel, d'Élie et d'Elisée. Lorsque saint Jean-Baptiste était apparu, il avait eu, lui aussi, ses disciples, à qui il enseignait la prière (Le, xi, 1). Les

choses ne se passèrent pas autrement pour le Seigneur. Dès la première heure, il a des disciples ; quelques-Uns ont été l'objet d'un appel particulier, l'accompagnent plus assidûment, sont les témoins plus intimes de sa vie, poursuivent à ses côtés leur noviciat. JusqUe-là, ils ne sont encore que des discii^les iDrivilégiés. Encore Une fois, dans le fait de leUr vocation première et de leUr groupement autour du Seigneur, il n'y a rien qui les distingue absolument. Mais là où le Seigneur sort de l'ordinaire, c'est lorsqu'il fait de ces disciples des apôtres : quos et apostolos nominavit, lorsqu'il les envoie prêcher en son nom l'évangile du Royaume, lorsqu'il leur donne l'investiture de son pouvoir miraculeux. Ceci était bien une innovation. Les philosophes n'avaient jamais eu la prétention de porter la vérité au monde ; la Synagogue ellemême était peu expansive.

« En ces jours-là », dit saint Luc, peu de temps après les guérisons qui 'sdennent d'être racontées, et alors qUe le Seigneur était poursuivi par ces foules à qui, seul, il ne pouvait suffire, eut lieU l'institution solennelle des apôtres. Un soir, Jésus se retira « sUr la montagne », là où infirmes et malades ne le suivraient pas. Et il passa toute la nuit dans la prière et l'entretien avec Dieu, songeant à nous tous et à son Église. Tout est sorti de cette prière. C'est d'elle que sont nés les apôtres, les martyrs, les pontifes, les confesseurs, les vierges, toUs les saints : elle est le point de départ de l'effusion, à travers le monde, de la vie surnaturelle. Si le Seigneur se fût borné à enseigner et à faire des miracles, il n'eût été qu'un éblouissant météore, laissant la Palestine plongée, après son rapide passage, dans une obscurité et une détresse plus profondes qu'auparavant. Mais voici qu'il va poser les fondements d'une société durable et continue. Le jour venu, il apj^ela près de lui tous ses disciples, et, sur leur nombre, il en choisit douze, qu'il nomma apôtres, c'est-à-dire ses ambassadeurs, ses envoyés authentiques. Il désigna ceux qu'il voulut, note saint Marc, afin de souligner l'absolue gratuité et l'indépendance de cet appel ; et ils vinrent à lui, ajoute-t-il, pour marquer une fois de plus leur entière docilité. Ils sont au nombre de douze, comme les douze chefs des tribus nouvelles, les douze patriarches de l'Israël de Dieu. Vocavit discipulos sivos, — ut essent cum illo : ils seront avec lui, ils seront formés par lui, investis de son autorité et vraiment siens. On nous décrira plus loin les détails de leur mission : mais dès maintenant le Seigneur songe à les envoyer

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prêcher ; et il Iclir donne potnoir de chasser en son nom les esprits impurs, de guérir toute infirmité et toute maladie : ce pouvoir divin les accréditera auprès des Juifs.

Suivent les noms des douze apôtres. Ils ont été recensés quatre fois dans le Nouveau Testament : par chacun des sjTioptiques et par le livre des Actes (i, 13). Ils sont répartis en trois groupes de quatre personnes ; et les chefs de ces groupes sont partout les mêmes : Pierre, Pliihppe, Jacques d"Alphée. Toujours saint Pierre est le premier, alors même, comme dans les Actes et dans saint !Marc, qUe son nom est séparé de celui d'André. Toujours aussi Judas est le dernier, a^cc, chez les syno])tiques, la note infamante de traître. Dans chaque groupe, les noms sont les mêmes que ceux du groujje parallèle des autres écri^•ains sacrés, mais Tordre dans lequel ils sont énumérés est, sauf pour le premier nom, un peu différent. Il semble qu'on ait voulu, dans cette nomenclature des apôtres, resjîecter autant que possible l'ordre de leur vocation ; saint Jean et saint André ont été appelés les premiers, et c'est par son frère André que Simon a été conduit au Seigneur. La liste s'ouvre donc par les noms de Simon et d'André, fils de Jean ou Jonas, et par ceux de Jacques et de Jean, fils de Zébédée et de Salomé, sœur ou belle-sœur de la Sainte Vierge (cf. Me, xv, 40 ; Mt., xxvn, 56). Simon reçoit définitivement Un nom nouveau, expressif de cette création nouvelle : Pierre, Kr.oxç ; il lui avait été promis dès la première heure (Jo., I, 42) ; il lui sera exphqiié plus tard (Mt., xvi, 18). Jacques et Jean sont nommés Boanerges, c'est-à-dire fils du tonnerre : sans doute à cause de l'ardeur de leUr parole et de leur zèle impétueux ; nous verrons avec quelle prompte facilité ils appelaient le feU du ciel sur les Ailles qui refusaient de les recevoir (cf. Me, ix, 37-38 ; X, 37 ; Le, ix, 54).

Le deuxième groupe est formé par PliiUppe, Barthélémy (Nathanaël), Thomas et Mattliieu (Lévi). Le troisième a pour chef Jacques le Mineur, fils d'Alphéc ou Cléophas, Un frère de saint Joseph, qui avait épousé Marie, Maria Cleophae (Jo., xix, 25). Après Jacques le ]\Iineur, \-ient Thaddée, appelé aussi Lebbée, ou Judas, ou Jude, Jiidam Jacobi, frère de Jacques ou fils d'un autre Jacques. Puis Simon, appelé le Cananéen, c'est-à-dire le Zélote, afin de le distinguer de Simon Pierre. Enfin Judas, l'homme de Charioth, en Judée, celui qui livra le Seigneur : c'est le seul, semble-t-il, qui ne soit pas Gahléen. Tels sont les

chefs du nouvel Israël : telles sont, Judas exclu, les assises de la cité de Dieu : « Et le mur de la ville avait douze fondements, sur lesquels étaient gravés les noms des douze apôtres de l'Agneau » (Apoc, XXI, 14).

Le, VI. — ^' Et descendent cum illis, stetit in loco campesiri, et turba discipulorum ejus, et multitudo copiosa plehis ah omni Judaea, et Jérusalem, et maritima, et Tyri, et Sidonis, ^^ qui vénérant ut audirent eum, et sanarentur a languoribus suis. Et qui vexahantur a spiritihu^ immundis, curabantur. ^^ Et omnis turba quaerebat eum tangere, quia viHus de illo exibat, et sanabat oinnes.

Le Seigneur descend avec les siens du sommet de la montagne, et s'arrête soit dans la vallée, soit à mi-hauteur, sur un vaste plateau accessible à la multitude. Autour de lui se rangent les apôtres, puis les nombreux disciples, enfin toute la foule accourue des diverses régions de la Judée, de Jérusalem, du littoral de T}T et de Sidon. On venait entendre Jésus et chercher la santé. Ceux que tourmentaient les esprits impurs étaient délivrés. Et tout le monde s'empressait autour du Sauveur, cherchant à le toucher ; car mie vertu émanait de lui, et il les guérissait tous. C'est alors, selon saint Luc, que le Seigneur, s 'adressant spécialement aux disciples [elevatis oculis in discipulos suos, 20), mais avec l'intention d'être entendu de tous {cum autem impiesset omnia verba sua in aures plebis, vu, 1), prononça les Béatitudes et détermina les qualités et les devoirs de ceux qui veulent entrer dans le Roj^aume. Tout a été expliqué déjà, à l'occasion du Discours sur la montagne.

Mt., VIII. — ^ Cum autem introissei Capharnaum, accessit ad eum centurio, rogans eum, ^ et dicens : Domine, pu£r meus jacet in domo paralyticus, et maie torquetur. "* Et ait illi Jésus : Ego veniam, et curabo eum. ^ Et respondens centurio, ait : Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum ; sed tantum die verbo, et sanabitur puer meus. ® Nam et ego homo sum sub potestate constitutus, habens sub me milites ; et dico huic : Vade, et vadit ; et alii : Veni, et venit ; et servo meo : Fac hoc, et facit. ^^ Audiens autem Jésus miratus est, et sequeniibus se dixit : Amen dico vobis,

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