‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 93 sur 340 · L'ÉVANGILE DE N. S. J.-C · texte numérisé non relu

L'ÉVANGILE DE N. S. J.-C

290 TROISIEME l'ARTIE. — CHAPITRE III

Le récit de la première onction du Seigneur n'appartient qu'à saint Luc; les autres évangélistes font mention d'une seconde, qui eut lieu à Béthanic, chez Simon le lépreux, peu de temps avant la Passion. A quelle époque se place celle-ci, dans quelle ^dlle, avant ou après quel événement? Rien dans le texte ne l'indique. Simon le pharisien est-il le même personnage que Simon le lépreux, et la pécheresse d'aujourd'hui est-elle Marie-Madeleine? Autant de problèmes que TÉcriture Sainte abandonne à nos libres recherches. L'ojDposition des Juifs fournit à saint Luc une occasion nouvelle de montrer vers qui s'incline la bienveillance du Seigneur. Quelqu'un d'entre les iDharisicns le pria de venir manger chez lui, par politesse, peut-être aussi par curiosité; peut-être pour s'assurer si réellement le Seigneur était un prol^hète. En tout cas, il pourra constater une fois de plus que Jésus, comme on le lui reproche, est l'ami des publicains et des pécheurs. Jésus entre dans la maison et s'assied pour le repas, appuyé sur le bras gauche, le bras droit libre vers la table, les pieds un peu en arrière et dégagés des sandales, et une femme entre après lui. Toute la ville la connaissait bien : c'était une pécheresse. Avait-elle entendu le Seigneur proclamer la miséricorde et se dire le médecin de tous ceux qui étaient malades en Israël? Du moins, elle avait appris sa présence chez le pharisien, et apparut dans la salle du festin, soit grâce aux facilités de la coutume orientale, soit qu'elle eût ses entrées dans cette maison. Elle portait un vase d'albâtre rempli de parfum. Elle se tint un instant debout, puis s'agenouilla, arrosa de ses larmes les pieds du Seigneur, les essuya de ses cheveux, les baisa et les couvrit de parfum. Tous ces détails ont leur prix, et le Seigneur les rappellera dans un instant. Maintenant il laisse faire et se i^rête ; la pécheresse, de son côté, ne s'occupe nullement de l'assistance, il n'est pour elle au monde que le Seigneur.

Le pharisien regardait la scène, et disait dans son cœur : « Cet homme-là, s'il était prophète, saurait bien qui est cette femme qui le touche ; il saurait que c'est mie pécheresse. » D'mi fait exact, le pharisien tire une conclusion qui ne l'est pas, et se scandalise. Le Seigneur entend sa difficulté. Il ne revendique rien pour lui-même, ni ne reproche à Simon de le diminuer. Là où le pharisien dédaignant la pécheresse incrimine l'attitude de Jésus, le Seigneur, lui, n'a souci que de la pauvre femme, et prend en main sa cause contre Simon, comme il fera

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