‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 94 sur 340 · L'ONCTION DE LA PECHERESSE · texte numérisé non relu

L'ONCTION DE LA PECHERESSE

contre Marthe, et plus tard contre les disciples. Avec une courtoisie parfaite, il demande à son hôte, pour réi^ondre à sa pensée secrète, la permission de lui parler en toute franchise. Le pharisien lui répond : Parlez, maître Un créancier, reprend Jésus, avait deux débiteurs : l'un devait cinq cents deniers, l'autre cinquante. Comme ils ne pouvaient s'acquittei ni l'un ni l'autre, il remit à tous deux toute leur dette. Lequel des deux l'aimera le plus? — Il s'agit bien de l'amour de gratitude, de celui qui est la conséquence de la rémission. Peut-être y eut-il un peu d'indifférence affectée dans la réponse du pharisien : le problème était trop simple pour être proposé. Il me semble, dit-il, que celui-là aimera davantage à qui l'on a plus remis. — En effet, dit le Seigneur.

Jusqu'à ce moment, le Sauveur avait feint de ne s'apercevoir de rien. Il traitait la pécheresse comme il traitera la Chananéenne, avec une apparente inattention. Mais alors il se tourna vers elle, et dit à Simon : Vous voyez cette femme? Lorsque je suis entré dans votre maison, vous ne m'avez point donné d'eau pour laver mes pieds; mais elle, c'est de ses larmes qu'elle les a couverts, et de ses cheveux qu'elle les a essuyés. — Simon avait donc négligé de rendre à son hôte les devoirs habituels de l'hospitalité orientale, lorsqu'elle voulait se montrer empressée et affectueuse. Le Seigneur poursuit : Vous ne m'avez point accueilli par un baiser; mais elle, depuis que je suis entré, n'a cessé de «ouvrir mes pieds de ses baisers. Vous n'avez point versé d'huile sur ma tête; elle, c'est sur mes pieds qu'elle a versé mi parfum exquis. C'est pourquoi, je vous le dis, beaucoup de péchés lui sont pardonnes parce qu'elle a aimé beaucoup ; celui-là aime moms à qui on a moins pardonné.

Le pharisien s'était dit : C'est une pécheresse, et puisque Jésus ne paraît pas s'en douter, il n'est donc pas prophète. A quoi le Seigneur répond : Vous vous trompez, ses péchés sont remis, elle est pure. L'indice et la cause de ce pardon, c'est sa charité même. Il n'y a plus de souillure dans une âme qui témoigne d'ime pareille tendresse. Tout son passé est effacé, puisqu'elle aime et qu'elle aime à ce point. La charité est donc ici tout à la fois cause et effet : cause, puisque c'est à raison de sa charité que ses péchés lui sont remis; effet et fruit du pardon, puisqu'elle aime davantage, dans la mesure de ses fautes et du large pardon qui les a effacées. La grâce divine et la charité avaient puri-

fié la pécheresse dès avant qu'elle touchât le Seignelir, Il lui donne maintenant l'assurance qu'il ne reste plus rien de ses fautes. « Vos péchés sont pardonnes, » dit-il. Et les convives de se demander à part eux : « Quel est-il donc, cet homme qui remet les péchés eux-mêmes? » Il ne semble pas que ces réflexions soient hostiles. Et le Seigneur met fin à tout l'incident en disant à la pécheresse : « Votre foi vous a sauvée : allez en paix. »

Le, VIII. — ^ Et jactum. est deinceps, et ipse iter faciehat per civitates et castelîo, praedicans et evangelizans regnum Dei ; et duodecim eu m illo, ^ et mulieres aliquae quae erant curatae a spiritihiis malignis, et infirmitatibiis : Maria, quae vocatur Magdalene, de qua septem daemonia exierant, ^ et Joanna, uxor Chusae, procuratoris Herodis, et Susanna, et aliae muliae, quae ministrabant ei de facultatibus suis.

Le ministère en Galilée se poursuit. Et jactum est deinceps : indication de temps assez vague : après quoi, dans la suite... Jésus parcourait les villes et les villages, prêchant et annonçant la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Son cortège habituel se composait des douze apôtres et de quelques femmes qu'il avait guéries de leurs infirmités ou déli\Tées d'esprits mauvais. Elles assistaient de leurs biens le Seigneur et le collège apostolique : elles étaient les pourvoyeuses attentives de la nourriture et du vêtement. Cette coutume était familière à l'Orient; les rabbins demandaient volontiers leur subsistance à quelques femmes 2>icuses. Les apôtres, — mais non pas saint Paul, — imitèrent plus tard leur Maître (I Cor., ix, 15). L'évangéliste nomme quelques-unes des saintes femmes, celles qui suivaient plus assidûment le Seigneur et lui témoignèrent jusqu'à la fin plus d'attachement. Marie, qu'on api^elait Madeleine pour la distinguer des autres Marie, est nommée la j^remière. D'elle étaient sortis sept démons, chassés j^ar le Seigneur, dit saint Marc (xvi, 9). Saint Luc mentionne encore Jeanne, femme de Chusa, officier ou intendant d'Hérode Antij^as. De Suzanne, nous ne connaissons que le nom. « Et beaucoup d'autres » : parmi les saintes femmes comprises dans cette formule générale se trouvaient peut-être déjà Marie, mère de Jacques le Mineur et de Joseph, et Salomé.

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