‹ L'évangile de notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 95 sur 340 · LE DEMONIAQUE AVEUGLE ET MUET · texte numérisé non relu

LE DEMONIAQUE AVEUGLE ET MUET

Mt., xiT. — 22 Tune oblatus est ei daemonium habens, caeeus et mutus, et curavii eum, ita ut loqueretur et videret. ^^ Et stupebant omnes turbae, et dicebant : Numquid hic est filius David? 2* Pharisaei autem audientes, dixerunt : Hic non ejicit daemones nisi in Beelzebub, principe daemoniorum. ^s Jésus autem sciens cogitationes eorum, dixit eis : Omne regnum divisum contra se, desolabitur ; et omnis civitas vel domus divisa contra se, non stabit. 2^ Et si Satanas Satanani ejicit, adversus se divisus est ; qu^modo ergo stabit regnum ejus? 2' Et si ego in Beelzebub ejicio daemones, fîlii vestri in quo ejiciunt? Ideo ipsi judices vestri erunt. ^^ Si autem ego in spiritu Dei ejicio daemones, igitur pervenit in vos regnum Dei. ^^ Aut quomodo potest quisquam intrare in domum fortis, et vasa ejus diripere, nisi prius alligaverit forte m? et tune domum illius diripiet. ^^ Qui non est niecum, contra me est; et qui non congregat mecum, spargit.

Me, III. — 20 ^i ■ueniunt ad domum, et convenit iterum turba, ita ut non possent neque panem manducare. 21 Et cum audissent sui, exierunt tenere eum ; dicebant enim : Quoniam in jurorcm versus est. 2^2 Et scribae qui ab Jerosolymis descenderant dicebant : Quoniam Beelzebub habet, et qiiia in principe daemoniorum ejicit daemoyiia. 23 Et convocatis eis, in parabolis dicebat illis : Quomodo potest Satanas Satanam ejicere? 2* Et si regnum in se dividatur, non potest regnum illud stare. 2^ Et si domus super semetipsam dispertiatur, non potest domus illa stare. 26 Et si Satanas consurrexerit in semetipsum, dispertitus est, et non poterit stare, sed finem habet. 2' Nemo potest vasa fortis ingressus in domum diripere, nisi prius fortem alliget, et tune domum ejus diripiet.

Le, XI. — 1^ Et erat ejiciens daemonium, et illud erat mutum. Et cum ejecisset daemonium, locutus est rnutus, et admiratae sunt turbae. ^^ Quidam, autem ex eis dixerunt : In Beelzebub, principe daemoniorum, ejicit daemonia. ^® Et alii tentantes, signum de caelo quaerebant ab eo. ^' Ipse autem ut vidit cogitationes eorum, dixit eis : Omne regnum in seipsum divisum desolabitur, et domus supra domum cadet. ^^ Si autem et Satanas in seipsum divisus est, quomodo stabit regnum ejus? quia dicitis in Beelzebub me ejicere daemonia. ^^ Si autem ego in Beelzebub ejicio daemonia, filii vestri in quo ejiciunt? Ideo ipsi judices vestri erunt 20 Porro si in digito Dei ejicio daemonia, profecto pervenit in vos

294 TROISIÈME l'ARTIK. — CHAPITRE III

regnum Dei. ^i Cum fortis armatus custodit atrium suiim, in pace sunt ea quae possidet. -^ Si autem fortior eo superveniens vicerit eum, universa arma ejus aujeret, in quihus confidebat, et spolia ejus distribuet. ^^ Qui non est mecum, contra nu est ; et qui non colligit mecum, disqyergit.

Le Seigneur et les siens entrent dans une maison, dit saint Mare, peut-être à Caphamaûm. La foule s'empresse de nouveau autour d'eux, au j^oint de leur refuser tout loisir, même d'un rapide rej^as. Les parents du Seigneur, avertis de ce qui se passe, se concertent pour venir l'arracher à cette captivité ; ils blâment son extrême indulgence, la bienveillance sans limites dont il use envers tous. « Il est hors de lui, disent-ils, il a perdu toute prudence. Il devrait réprimer cet enthousiasme populaire, au lieu de s'y abandonner comme il le fait. » Ils ne sont pas encore arrivés à la maison où se tient Jésus : nous les entendrons un peu plus tard frapper à la porte et nous recueillerons la réponse du Seigneur.

Cependant, la série des miracles se poursuivait. On avait présenté au Seigneur un homme jDOssédé d'un démon qui Je rendait aveugle et muet, donc particulièrement fermé à toute suggestion divine; il semblait que l'ordre du Seigneur ne lui dût jamais parvenir. Et pourtant il fut délivré, et recouvra aussitôt l'Usage de la vue et de la parole. Les foules étaient dans le ravissement, dans une sorte de stupeur. Et les propos s'échangeaient : N'est-ce point là le fils de David, celui qui doit restaurer le royaume de son ancêtre? Mais à cette question du peuple, les pharisiens et les scribes avaient une réponse. Ces scribes, dit saint Marc, étaient diescendus de Jérusalem. Ils en rapportaient le mot d'ordre, le jugement de la Sjaiagogue, le point de vue concerté qui devait tenir en échec l'autorité de tous les miracles. Ne pouvant contester le fait de l'expulsion des démons, il leur reste la ressource d'attribuer ce pouvoir à un j^acte sacrilège avec Satan. S'il chasse les démons, disent-ils, c'est évidemment qu'il a pour lui non pas Dieu, mais le prince des démons, Béelzébub (c'est-à-dire le dieu des mouches, ou le dieu des fanges).

Connaissant bien les desseins perfides et secrets de ses ennemis, Jésus groupe la foule autour de lui et consent à se justifier. Son plaidoyer revêt la forme parabolique ; il repousse le blasphème des Juifs avec fermeté, mais avec mesure. Satan, dit-il, n'est

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