‹ L'évangile du Bouddha, raconté d'après les anciens documents; traduit de l'anglais avec autorisation de l'auteurChapitre 130 sur 204 · LXXVIII. — Le Chien affamé · texte numérisé non relu

LXXVIII. — Le Chien affamé

1. — Il y avait alors un grand roi qui opprimait son peuple et était haï par ses sujets; cependant quand le Tathâgala vint dans son royaume, le roi désira vivement le voir, de sorte qu'il se rendit au lieu oii le Bienheureux était assis et lui demanda : « ô Çâkyamouni, peux-tu prêcher au roi un sermon qui à la fois divertisse son esprit et lui soit profitable? »

2. — Et le Bienheureux dit : « Je vais te dire la parabole du chien affamé :

3. — « Il y avait une fois un tyran cruel. Le dieu Indra, prenant l'apparence d'un chasseur, descendit sur la terre avec le démon JMâlali, ce dernier sous la forme d'un chien d'une taille prodigieuse. Le chasseur et le chien entrèrent dans le palais, où le chien se mit à hurler si lugubrement que l'édifice royal trembla à sa voix sur ses fondations. Le tyran fit amener le chasseur devant son trône et s'enquit de la cause de ce terrible aboiement. Le chasseur dit : {( Ce chien a faim ». Là-dessus, le roi effrayé ordonna de lui donner à manger. Toute la nourriture préparée pour le festin royal disparut rapidement dans les mâchoires du chien, qui hurlait toujours d'une façon menaçante. On alla chercher un supplément de vivres,

et tous les greniers royaux furent vidés, mais en vain. Alors, le tyran se désespéra et demanda : « N'y a-l-il donc rien qui puisse satisfaire l'appétit de cette horrible bête? » — « Rien, répondit le chasseur, rien sauf peut-être la chair de tous ses ennemis ». — « Et qui sont ses ennemis? » demanda le tyran avec angoisse. Le chasseur répondit : « Le chien hurlera tant qu'il y aura des gens affamés dans le royaume; ses ennemis sont ceux qui exercent l'injustice et oppriment les pauvres ». L'oppresseur du peuple, se souvenant de ses mauvaises actions, fut saisi de remords, et pour la première fois de sa vie il commença à écouter les leçons de la justice.

4. — Ayant achevé ce conte, le Bienheureux s'adressa au roi, qui était devenu pâle, et lui dit :

5. — « Le Tathâgata peut rendre fines les oreilles spirituelles des puissants ; si tu entends le chien hurler, ô grand roi, pense aux enseignements du Bouddha et tu pourras encore apprendre à apaiser le monstre ».

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