Or le Bienheureux passant devant sa maison
le rencontra^ et quand il lut dans le cœur du fiancé son désir silencieux, il consentit à entrer.
3. — - Lorsque le Saint parut avec le cortège de ses nombreux bhikchous, l'hôte, qui n'était pas riche, les reçut du mieux qu'il put, en disant : « Que mon Seigneur et toute sa congrégation mangent selon leur désir ».
4. — Tandis que les saints hommes mangeaient, les mets et les boissons ne diminuaient point; alors l'hôte pensa en lui-même : « Quelle merveille est ceci ! J'aurais eu abondamment pour tous mes parents et mes amis. Que ne les ai-je invités tous ! »
5. — Tandis que cette pensée se formulait dans le cœur de l'hôte, tous ses parents et ses amis entrèrent dans sa maison, et bien que la salle fût petite il y eut place pour eux tous. Ils se mirent à table et mangèrent, et il y eut plus qu'il ne fallait pour tous.
6. — Le Bienheureux, satisfait de voir tant d'hôtes pleins de bonne humeur^ les vivifia et les réjouit avec des paroles de vérité en proclamant la félicité de la vertu :
7. — « Le plus grand bonheur qu'un mortel puisse imaginer est le lien du mariage qui unit deux cœurs qui s'aiment. Mais il est un bonheur plus grand encore ; c'est la possession de la vérité. La mort séparera l'époux de réponse ; mais la mort ne séparera jamais celui qui a épousé la vérité.
8. — « C'est pourquoi mariez-vous à la vérité et vivez avec la vérité dans une sainte union. Le mari
qui aime sa femme et aspire à une union qui soit éternelle doit lui être fidèle au point d'être semblable à la vérité même, alors elle se reposera sur lui, le respectera et le servira. La femme qui aime son mari et aspire à une union qui soit éternelle, doit lui être fidèle au point de devenir semblable à la vérité même ; et il mettra sa confiance en elle, il l'honorera et il pourvoiera à ses besoins. En vérité, je vous le dis, leurs mariage sera sainteté et bonheur ; leurs enfants seront semblables à leurs parents, et porteront témoignage de leur bonheur.
9. — « Qu'aucun homme oe demeure seul, que chacun se marie dans un saint amour avec la vérité. Alors, quand Mâra, le destructeur, viendra dissoudre les formes visibles de votre être, vous continuerez à vivre dans la vérité et vous aurez une part de la vie éternelle, car la vérité est éternelle. »
iO. — Il n'y eut personne parmi les assistants qui ne fût affermi dans sa vie spirituelle et ne comprît la douceur d'une vie de vertu ; et tous prirent refuge dans le Bouddha, dans le Dharma et dans le Sahgha.
LXXXII. — A la poursuite. d un voleur i 1 . — Ayant envoyé ses disciples en mission, le Bien-
heureux lui-même erra de ville en ville jusqu'à ce qu'il arriva à Ourouvilvâ^'^^
2. — Chemin faisant il s'assit dans un bois pour se reposer. Or il arriva que dans le même bois se trouvait une société de trente amis qui se divertissaient avec leurs femmes; et tandis qu'ils s'amusaient une partie de leurs biens fut volée.
3. — Alors toute la troupe se mit à la poursuite des voleurs, et rencontrant le Bienheureux assis sous un arbre, ils le saluèrent en disant : « Pardon, Seigneur, avez-vous vu passer les voleurs avec ce qui nous appartient? »
4. — Alors le Bienheureux dit : « Que vaut-il mieux pour vous, de chercher les voleurs ou de vous chercher vous-mêmes? » Les jeunes gens s'écrièrent : (( Nous chercher nous mêmes! »
5. — « Bien, dit le Bienheureux, alors asseyezvous et je vais vous prêcher la vérité. »
6. — Et toute la société s'assit et écouta avidement les paroles du Bienheureux. Ayant saisi la vérité, ils glorifièrent la doctrine et prirent refuge dans le Bouddha.
LXXXIII, ^-.Au royaume d' Vamarâdja.