‹ L'évangile du Bouddha, raconté d'après les anciens documents; traduit de l'anglais avec autorisation de l'auteurChapitre 135 sur 204 · Il était un brahmane, homme religieux et ar · texte numérisé non relu

Il était un brahmane, homme religieux et ar

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dent dans ses affections, mais de peu de science; il avait un fils qui promettait de devenir très intelligent, mais qui, à l'âge de sept ans, fut atteint d'une maladie dangereuse et ngourut. Le père infortuné, incapable de se modérer, se jeta sur le corps de son fils et demeura gisant comme s'il fût mort.

2. — Les parents vinrent ensevelir le corps de l'enfant mort, et quand le père revint à lui, il fut tellement accablé de douleur qu'il se conduisit comme une personne insensée. Il ne pleurait plus, mais errait dans le voisinage s'informant du chemin conduisant à la résidence d'Yamarâdja^^^, roi de la mort, afin de lui demander humblement? que son enfant puisse être rendu à la vie.

3. — Étant arrivé à un grand temple brahmanique, le malheureux père accomplit certains rites religieux et s'endormit. Il rêva, et dans son rêve sa marche errante le conduisit à un profond défilé de montagnes où il rencontra plusieurs çramanas en possession de la sagesse suprême. « Bons seigneurs, dit-il, ne pouvez-vous m'enseigner où se trouve la résidence dTamarâdja? » Ils lui demandèrent : « Cher ami, pourquoi as-tu besoin de le savoir ? » Là-dessus il leur narra sa triste histoire et expliqua ses intentions. Prenant pitié de son erreur^ les çramanas dirent : « Aucun mortel ne peut pénétrer dans la contrée oii règne Yamarâdja ; mais à environ quatre cents milles d'ici vers l'Occident est une grande cité dans laquelle vivent beaucoup de bons esprits; chaque huitième jour du mois, Yama

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visite cette ville, et là tu pourras voir celui qui est le roi de la mort et lui demander la grâce que tu souhaites. >/

4. — Le brahmane heureux de ce qu'il avait entendu se rendit à la cité et la trouva telle que les çramanas l'avaient décrite. Il fut mené en la présence redoutée d'Yama, le roi de la Mort, qui, ayant entendu sa requête, lui dit : « Ton fils vit maintenant dans le jardin oriental où il se divertit; vas-y et demande-lui de te suivre »,

5. — Tout heureux le père demanda : u Comment se fait-il que, sans avoir accompli d'actes méritoires, mon fils vive maintenant dans le paradis? » YamarâHja répondit : « H a obtenu le bonheur céleste non par de bonnes actions, mais parce qu'il est mort dans la foi et l'amour du seigneur notre Maître, le très glorieux Bouddha. Le Bouddha a dit : Le cœur possédé d'amour et de foi étend, si l'on peut s'exprimer ainsi, une ombre bienfaisante du monde des hommes au monde des dieux. — Cette glorieuse parole est semblable à l'empreinte du sceau du roi sur un édit royal ».

6. — L'heureux père se rendit en hâte au jardin oriental oii il vit son enfant bien aimé qui jouait avec d'autres enfants, tous transfigurés par la paix de l'existence heureuse de la vie céleste. 11 courut à son fils et s'écria en pleurant : « Mon fils ne me reconnaistu pas, moi ton père qui te gardais avec un si tendre soin et qui te soignai dans ta maladie. Reviens avec moi sur la terre des vivants. » Mais l'enfanta tout en

luttant pour rejoindre ses compagnons de jeu, le reprit de se servir d'expressions aussi étranges que celles de père et de fils. « Dans ma condition présente, dit-il, je n'entends point de tels mots, car je suis délivré de l'erreur. »

7. — Alors le brahmane partit. Puis quand il s'éveilla de son rêve il pensa au Maître béni de l'humanité, le grand Bouddha, et résolut d'aller vers lui se décharger de sa peine et chercher une consolation.

8. — Etant arrivé au jardin de Djétavana^ le brahmane dit son histoire, comment son fils avait refusé de le reconnaître et de revenir avec lui dans sa maison.

9. — - Alors Celui que le Monde honore lui dit : « En vérité tu t'es illusionné toi-même. Quand un homme meurt, son corps se résout en ses éléments, mais l'esprit ne s'enferme pas dans une tombe. Il a un genre de vie plus élevé dans lequel les termes relatifs de père, fils, mère n'existent plus, exactement comme l'hôte qui quitte un logis ne s'en occupe plus, comme si c'étaient des choses du passé. Les hommes se préoccupent beaucoup de ce qui ne dure pas; mais la fin de l'existence arrive vite semblable à un torrent de feu et emporte en un instant ce qui est transitoire. Les hommes ressemblent à un aveugle qui serait chargé de veiller sur une lampe allumée. Le sage, comprenant la durée passagère des parentés du monde, détruit la cause du chagrin et échappe au brûlant tourbillon de la douleur. La science religieuse élève

l'homme au dessus des plaisirs et des peines du monde et lui donne une paix éternelle. »

10. — Le brahmane demanda au Bienheureux la permission d'entrer dans la communauté de ses bhik-1 chous, afin d'acquérir cette sagesse céleste qui seule peut donner la consolation au cœur affligé.

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