Alors le Bouddha dit
15. — « La vie des mortels sur la terre est troublée, courte et mêlée de douleur. Car il n'est aucun moyen pour ceux qui sont nés d'éviter la mort ; après la vieillesse vient la mort; ainsi le veut la nature des êtres vivants.
16. — « De même que des fruits mûrs sont vite en danger de tomber, ainsi les mortels dès qu'ils sont nés sont exposés à la mort.
17. — « De même que tous les vases de terre faits par le potier finissent par être brisés, de même il en est de la vie des mortels.
18. — « Les jeunes et les adultes, les fous et les sages, tous tombent au pouvoir de la mort; tous sont soumis à la mort.
19. — « Parmi ceux qui, terrassés par la mort, quittent la vie, le père ne peut sauver son fils, ni les parents leurs parents.
20. — « Voyez! tandis que les parents regardent et se lamentent amèrement, tantôt l'un, tantôt l'autre des mortels est emporté, comme un bœuf que l'on conduit à l'abattoir.
21. — « Ainsi le monde est affligé de mort et de ruine; c'est pourquoi le sage ne se désole point, car il connaît les lois du monde.
22. — « La manière dont on pense qu'une chose périra est souvent différente lorsque la fin arrive, et le désappointement est grand ; voyez, telles sont les lois du monde.
- 23. — « Ce n'est pas en pleurant ni en se désolanl qu'on acquerra la paix de l'esprit; au contraire, -la douleur grandira et le corps souffrira. On se rendra malade et pâle, et cependant les morts ne sont pas sauvés par les lamentations.
24. — « Les hommes meurent, et après leur mort leur destin est ré^lé d'après leurs actes.
25. — «. Qu'un homme vive cent années, ou bien moins, il faudra toujours qu'il finisse par être séparé de la compagnie de ses parents et quitte la vie de ce monde.
26. — « Celui qui cherche la paix doit arracher de sa blessure la flèche de la lamentation, de la plainte et du chagrin.
27. — « Celui qui a arraché la flèche de sa blessure et est devenu calme obtiendra la paix de l'esprit; celui qui a vaincu la douleur sera affranchi de toute douleur, et sera béni ».