‹ L'évangile du Bouddha, raconté d'après les anciens documents; traduit de l'anglais avec autorisation de l'auteurChapitre 148 sur 204 · Et le Bienheureux répondit à Ananda et dit · texte numérisé non relu

Et le Bienheureux répondit à Ananda et dit

3. — « Ceux qui sont morts après la destruction complète des trois liens de la luxure, de la convoitise et de l'attachement égoïste à l'existence, n'ont point besoin do redouter l'état qui suit la mort. Ils ne renaîtront point dans une condition de souffrance; leurs esprits ne continueront point comme un karma de mauvaises actions ou de péché, mais ils sont assurés du salut final.

4. — « Quant ils meurent^ rien ne reste d'eux que leurs bonnes pensées, leurs actes de justice, et le bonheur qui résulte de la vérité et de la justice. De même que les rivières doivent à la fin atteindre Tocéan éloigné, ainsi leurs esprits renaîtront dans les conditions les plus élevées de l'existence et continueront

à hâter leur marche vers le but final qui est l'océan de vérité, la paix éternelle du Nirvana.

3. — « Les hommes se préoccupent de la mort et de leur sort après la mort; mais il n'y a rien d'extraordinaire, Ananda, à ce qu*un être humain meure. Quoi qu'il en soit, ce qui est péniblepoiir le Tathâgala, c'est que toi, Ananda, tu t'informes d'eux et qu'ayant entendu la vérité tu sois inquiet de la mort. C'est pourquoi je vais t'enseigner le Miroir de Vérité :

6. — « L'enfer n'existe plus pour moi, ainsi que la renaissance en animal, en fantôme, ou dans quelque condition malheureuse. Je suis transformé; je ne suis plus exposé à renaître dans un état de souffrance, et je suis assuré de la délivrance finale.

7. — (( Qu'est-ce donc, Ananda, que ce Miroir de Vérité? C'est la conscience qu'a le disciple élu d'être en ce monde possédé de foi dans le Bouddha, en croyant que le Bienheureux est le Saint, l'Enlièrement éclairé, le Sage, le Juste, l'Heureux, qu'il connaît le monde, qu'il est le Suprême, le Conducteur des cœurs égarés des hommes, le Maître des dieux et des hommes, le Bouddha béni.

8. — « De plus c'est la conscience qu'a le disciple d'être possédé de foi en la vérité, en croyant que la vérité a été proclamée par le Bienheureux pour le bien du monde, qu'elle ne passera pas, qu'elle est accueillante pour tous, qu'elle mène à la délivrance, à laquelle les sages parviendront grâce à la vérité, chacun par ses propres efforts.

9. — « Enfin, c'est la conscience qu'a le disciple d'être possédé de foi dans l'ordre, en croyant en Tel ficacité d'une union entre ces hommes et ces femmes qui aspirent à marcher dans la voie excellente au; huit chemins, en croyant que cette église du Bouddha et des justes, droite, juste, asile de la loi, est dign< de respect, d'hospitalité, de dons, de vénération qu'elle est le champ suprême ensemensé de mérite^ pour rhumanité; qu'elle possède les vertus que chéj rissent les dieux, vertus entières, intactes, sanj taches, sans reproches, vertus qui affranchissent lej hommes, vertus qui sont glorifiées par les sages, qui ne sont point ternies par les désirs de Tégoïsme n] pour maintenant ni pour une vie future, ou par h croyance en l'efficacité des actes antérieurs, et quj conduisent à la haute et sainte pensée.

10. — « Ceci est le Miroir de Vérité enseignani le chemin le plus direct de la lumière qui est le bu| commun do toutes les créatures vivantes. Celui quj possède le Miroir de Vérité est affranchi de la crainlej sera soutenu dans les tribulations de l'existence, el sa vie sera une bénédiction pour tous les autres êtres. »

Page 1