‹ L'évangile du Bouddha, raconté d'après les anciens documents; traduit de l'anglais avec autorisation de l'auteurChapitre 41 sur 204 · Alors le roi conduisit le prince dans le palais · texte numérisé non relu

Alors le roi conduisit le prince dans le palais

et les ministres ainsi que tous les membres de la famille royale le saluèrent avec grand respect, mais Yaçôdharâ*^*, la mère de Râhoula*^^, ne se montra pas. Le roi envoya chercher Yaçôdarâ^ mais elle répondit: « Si je mérite quelque égard,, sûrement Siddhâriha viendra me voir. »

10. — Le Bienheureux ayant salué tous ses parents et ses amis, demanda : « Où est Yaçôdharâ? » Et,quand on lui eut dit qu'elle refusait de venir, il se leva de suite et se rendit h son appartement. .

il. — '^< Je suis affranchi », dit le Bienheureux à ses disciples Çâripoutra et Maudgalyâyana, qu'il avait priés de l'accompagner dans l'appartement de la princesse, « mais la princesse ne l'est pas encore. Ne m'ayant pas vu depuis très longtemps, elle est fort désolée. Son cœur se brisera si on ne la laisse pas donner libre cours à sa douleur. Porterait-elle la main sur le Tathâgata, le Saint, vous ne l'en empêcherez point. »

12. — Yaçôdharâ était assise dans sa chambre vêtue de vêtements simples, et les cheveux coupés. Quand le prince Siddhârtha entra, par l'excès de son amour, comme un vase qui déborde, elle fut incapable de se contenir.

13. — Oubliant que l'homme qu'elle aimait était le Bouddha, le Seigneur du monde, le Prédicateur de vérité, elle embrassa ses pieds et pleura amèrement.

14. — Se rappelant, cependant, la présence de Çouddhôdana, elle fut prise de honte et se relevant

s'assit respectueusement à une petite distance.

15. — Le roi excusa la princesse, disant: « Ceci provient de son profond amour, et c'est plus qu'une émotion passagère. Depuis les sept ans qu'elle a perdu son époux, lorsqu'elle a entendu dire que Siddhârtha avait rasé sa têle, elle en fit autant; quand elle sût qu'il avait renoncé à l'usage des parfums et des ornements, elle refusa aussi de s'en servir. Comme son époux elle a voulu manger à des heures fixes et seulement dans un vase de terre. Comme lui elle a renoncé aux sièges élevés magnifiquement recouverts, et quand d'autres princes la demandèrent en mariage, elle répondit qu'elle lui appartenait toujours. C'est pourquoi il faut lui pardonner. »

16. — Et Bhagavat parla doucement à Yaçôdharâ, lui disant les grands mérites dont elle avait hérité d'existences précédentes. « En vérité, dans ses vies antérieures elle lui avait été de grand secours. Sa pureté, sa douceur, sa dévotion avaient été précieuses au Bodhisattva au temps où il aspirait au but le plus élevé qu'ait l'humanité, acquérir l'illumination de la science. Et telle était sa sainteté qu'elle avait désiré devenir l'épouse d'un Bouddha. Ceci est donc son karma^ et le résultat de ses grands mérites. Sa douleur a été indicible, mais la conscience de la gloire qui entoure son héritage spirituel, augmenté par sa noble attitude pendant cette vie sera un baume qui transformera miraculeusement tous ses chagrins en une joie céleste. »

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