Et Bhagavat réprimanda les bhikchous divisés, disant
10. — « Les gens vulgaires font beaucoup de bruit; mais qui doit être blâmé quand des divisions naissent
dans le Saiïgha? La haine ne s'apaise pas dans ceux qui pensent : — Il m'a injurié, il m'a fait du tort, il m'a fait du mal.
11. — « Car ce n'est pas par la haine que la haine s'apaise. La haine est apaisée par l'amour. Ceci est une loi éternelle.
12. — (( Certains ne connaissent pas la nécessité de l'empire sur soi-même; s'ils sont querelleurs nous pouvons excuser leur conduite. Mais ceux qui sont plus instruits, doivent apprendre à vivre en concorde.
13. — « Si un homme trouve un ami sage qui vit avec droiture et est constamment maître de lui, il peut vivre avec lui, à l'abri de tous dangers, heureux et reconnaissant.
14. — « Mais s'il ne trouve pas un ami qui vive avec droiture et soit égal de caractère, qu'il aille plutôt tout seul, semblable à un roi qui laisse derrière lui son royaume et les soucis de son royaume pour se livrer à une vie de retraite, comme un éléphant solitaire dans la forêt.
15. — (( Avec les fous il n'est point de compagnie. Plutôt que de vivre avec des gens égoïstes, vains, querelleurs et obstinés, que Thomme aille tout seul ».
16. — Et le Bienheureux pensa en lui-même : « Ce n'est point une tâche facile que d'instruire ces fous à forte tête et entêtés ». Alors il se leva de son siège et se relira.
XXX VIII. — Bétab lis sèment de la concorde.
1. — La dispule entre les partis n'étant pas apaisée, Bhag-avat quitta Kauçâmbî et voyageant de ville en ville arriva enfin à Çrâvaslî.
2. — En Tabsence Au. Bienheureux, les querelles empirèrent de sorte que les fidèles laïques de Kauçâmbî en furent excédés et ils dirent : « Ces moines chicaneurs sont une grande calamité, et vont appeler le malheur sur nous. Fatigué de leurs altercations, Bhagavat est parli et a choisi une autre demeure pour sa résidence. Ne saluons donc plus les bhikchous et cessons de les nourrir. Ils ne sont pas dignes de porter des robes jaunes et il faut ou qu'ils apaisent Bhagavat, ou qu'ils rentrent dans le monde ».
3. — Quand ils virent qu'ils n'étaient plus honorés ni nourris par les fidèles laïques, les bhikchous de Kauçâmbî commencèrent à se repentir et dirent : « Allons vers le Bienheureux et faisons trancher par lui la question qui nous divise ».
4. — Et les deux partis vinrent à Çrâvastî vers le Bienheureux. Alors le vénérable Çâripoutra, ayant appris leur arrivée, s'adressa à Bhagavat et dit : « Ces bhikchous chicaniers, dispuleurs et querelleurs de Kauçâmbî, les autours des dissensions, sont venus à
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Çràvasiî. Gomment dois-je agir, ô Seigneur, à Téga de ces bhikchous? »
5. — « Ne les gronde pas, Çâripoutra, dit le Bie heureux car les paroles dures ne sont agréables po personne. Assigne à chaque partie des demeures s parées, et traite-les avec une justice impartiale. Écoute avec patience les deux partis. Celui-là seul qui pèse les deux côtés peut être appelé un mouni. Quand les deux partis auront exposé leur cause, que le Sangha se mette d'accord et décrète le rétablissement de concorde ».
6. — Ensuite Pradjâpalî, la matrone, demanda l'av de Bhagavat et le Béni dit : « Que les deux partis jouissent selon leurs besoins des dons des membres laïques, spit vêtements soit nourriture, et qu'aucun ne soit favorisé sensiblement par rapport à l'autre ».
7. — Puis le vénérable Oupâli, s'étant approché du Bienheureux, le questionna au sujet du rétablissement de la paix dans le Sangha : « Serait-il juste, ô Seigneur, que le Sangha, afin d'éviter de nouvelles disputes, décrétât le rétablissement de la concorde sans s'informer de la matière de la querelle? »