Celui qui s'abandonne à la vanité et ne se
livre pas à la méditation, qui oublie le but véritable de la vie et s'attache avidement au plaisir, enviera plus tard celui qui s'est évertué dans la méditation.
31. — On aperçoit aisément la faute d'autrui, mais il est malaisé de voir la sienne propre. L'homme vanne les fautes de son voisin comme menue paille ; mais il dissimule la sienne ainsi qu'un tricheur cache au joueur ses faux dés.
32. — Si quelqu'un recherche les fautes d'autrui, et est toujours prêt à se scandaliser, ses propres passions se développeront et il est loin de la destruclion des passions.
33. — Ce n'est point sur les défauts des autres, sur leurs péchés d'actions ou d'omissions, mais seulement sur ses propres méfaits et négligences que le sage doit se lamenter.
34. — Les gens de bien brillent de loin comme des montagnes neigeuses; les gens pervers sont invisibles comme les flèches tirées pendant la nuit.
35. — Si quelqu'un souhaite de se procurer un plaisir en causant de la peine à autrui, cet homme enserré dans les chaînes de Tégoïsme ne se délivrera jamais de la haine.
36. — Surmontez la colère par l'amour, vainquez le mal par le bien; mettez en déroute l'avare par la libéralité, le menteur par la vérité I
37. — Car jamais la haine n'est apaisée par la haine ; la haine est détruite par l'amour, c'est une règle ancienne.
38. — Dites la vérité, ne cédez pas à la colère ; donnez si l'on vous demande; par ces trois moyens vous deviendrez un dieu.
39. — Que le sage extraie les impuretés de son moi, comme Torfèvre extrait les impuretés de l'argent, une par une, peu à peu, et de temps en temps.
40. — Conduisez autrui, non par la violence, mais par la loi et l'équité.
41. — Celui qui possède la vertu cl l'intelligence, qui est juste, véridique et fait ce qui le regarde, sera aimé du monde.
42. Ainsi que l'abeille recueille le nectar et s'en va sans nuire à la fleur, à sa couleur ou à son parfum, que de même le sage habite dans le village.
43. — Si un voyageur ne rencontre point sur sa route quelqu'un qui soit son supérieur ou son égal, qu'il continue solitaire son voyage ; on ne fait pas société avec les fous.
f\ 44. — La nuit est longue pour celui qui ne dort pas ; un mille est long pour celui qui est fatigué ; la vie est longue pour le fou qui ne connaît pas la vraie religion.
45. — Un seul jour de la vie d'un homme qui connaît la religion sublime vaut mieux que vivre cent ans sans voir la religion sublime.
46. — Certains se font un Dharma arbitraire et le façonnent artificiellement ; ils avancent des spéculations complexes et s'imaginent que les bons résultats ne peuvent être atteints que par l'application de leurs
théories ; cependant la vérité est unique ; il n'est point dans le monde plusieurs vérités diiïérentes. Après avoir réfléchi sur les diverses théories, nous nous sjommes placés sous le Joug de celui qui a secoué tout péché. Mais serons-nous capables de le suivre?
47. — La meilleure des routes est la Voie à Huit Chemins^ C'est le chemin. Il n'en est point d'autre qui conduise à la purification de l'intelligence. Marchez dans ce chemin ! Tout le reste est l'illusion décevante de Mâra, le tentateur. Si vous suivez ce chemin, vous mettrez fin à la douleur? Le Tathâgata a dit: Le chemin a été prêché par moi lorsque j'eus compris Tenlèvement de l'épine qui est dans la chair.
48. — Ce n'est pas seulement par la discipline et les vœux, par beaucoup de science que je mérite la félicité de la délivrance qu'aucun mondain ne peut connaître. Bhikchous, n'ayez point de repos tant que vous n'aurez pas atteint l'extinction de la soif. L'extinction du désir coupable est la meilleure religion.
49. — Le don de la religion dépasse tous les autres dons ; la douceur de la religion dépasse toutes les autres douceurs; les délices de la religion dépassent toutes les autres délices ; l'extinction de la soif détruit toutes les douleurs.
50. — 11 en est peu parmi les hommes qui passent la rivière et atteignent le but. Les grandes foules courent çà et là sur le rivage : mais il n'est point de souffrance pour celui qui a fini son voyage.
51. — De même que le lys croît plein d'un doux parfum et se plaît" sur un tas de ruines, ainsi la discipline du Bouddha véritablement illuminé brille par sa sagesse au milieu de ceux qui sont semblables à des ruines, parmi le peuple qui marche dans les ténèbres. —
52. — Vivons donc heureux, sans haine pour ceux qui nous haïssent! Au milieu des hommes. qui nous haïssent^ habitons exempts de toute haine. ^^^
53. — Vivons donc heureux, exempts de tous maux au milieu des malades ! Parmi les hommes qui sont malades demeurons exempts de maux !
54. — Vivons donc heure.ux, exempts d'avarice parmi les avares ! Au milieu des hommes avides, habitons exempts d'avarice.
55. •— Le soleil est brillant pendant le jour, la lune brille pendant la nuit, le guerrier est brillant sous son armure, les penseurs sont brillants dans leur méditation ; mais entre tous, pendant le jour et pendant la nuit, le plus brillant de tous est le Bouddha, l'Éveillé, le Saint, le Bienheureux.