LA FAIBLESSE
Si le cœur humain a de maudites défaillances, il a des faiblesses adorables. Ces dernières constituant une perfection qui le caractérise et l'embellit, nous devons les retrouver dans le Cœur de Jésus. A côté de l'invincible énergie que lui apporte la nature divine, la douce condescendance doit se glisser. « Fort comme le diamant, tendre comme une mère », dirait Lacordaire. Aussi nous lisons dans un prophète cette parole qui s'applique au Sauveur: « Mon cœur a été comme une cire qui s'amollit1 ». Non pas de cette mollesse qui n'est, en somme, que de la lâcheté envers soi-même, mais de. cet attendris-
1 Ps. xxxi, 15.
I 5 2 l'évangile du CCEUR DE JÉSUS
sèment qui est une manifestation de la bonté, quand la bonté ne peut plus se contenir. On connaît le mot exquis de Marivaux : ce II faut être trop bon pour l'être assez. » Il faut être faible d'une certaine façon pour atteindre les limites suprêmes de la bonté.
S. Augustin dit que la prière est « la force de Thommeet lafaiblessedeDieu.» Que defois, durant la loi ancienne, la force de l'homme est demeurée courte, et la faiblesse de Dieu n'est pas sortie ! Dans l'Evangile, au contraire, le Cœur de Jésus se faisant le complice des malheureux, la faiblesse, la sainte et divine faiblesse de l'amour qui ne sait pas résister, semble être devenue la loi dominante de Dieu, dans ses rapports avec l'humanité.
Il n'est besoin, pour comprendre ces choses, que de regarder YEcce homo, cette vision du Christ dans une de ses attitudes les plus caractéristiques : il a les mains liées et i^ tient un roseau. Double et fidèle symbole de Celui qui ne sait plus qu'obéir et fléchir. Son Père l'a envoyé pour sauver l'humanité, ce qui est un ministère d'amour. De peur