‹ L'Évangile du cœur de JésusChapitre 3 sur 31 · LE CCEUR DE DIEU J · texte numérisé non relu

LE CCEUR DE DIEU J

Jésus, informe l'amour de Dieu et lui suggère en quelque sorte, sous un mode nouveau, les procédés à employer pour consoler l'humanité. Si Dieu pouvait apprendre quelque chose, nous dirions que, par le Cœur de Jésus, la royauté divine est à l'école de la faiblesse humaine. Aussi voit-on la loi miséricordieuse et souple du Christ * se conformer à notre infirmité, au lieu que notre misère soit contrainte de s'élever seule jusqu'à la loi rigide, la loi tonnante du Sinaï. Dieu ne consulte plus l'infinie grandeur de son Être pour nousprosterner degré ou de force à ses pieds ; il consulte le cœur humain qu'il a fait sien, pour s'incliner vers nous, se donner à nous, le plus possible, ce qui est encore une manière d'envahir, de devenir le maître.

Si l'on veut bien s'en rendre compte on verra que toute la religion nouvelle découle de ce principe de condescendance, et relève par conséquent du Cœur de Jésus.

N'est-il pas évident, en effet, que l'amour pour

1 Matt., xi, 30.

notre race, dont l'emblème est son Cœur, a livré l'Homme-Dieu sans réserve et sans défense au pouvoir de l'humanité? Dans l'ancienne loi, toute la religion n'a qu'un but : tenir Dieu sur son trône, sauvegarder sa gloire, courber l'homme devant lui, l'asservir en son nom. Dans la loi nouvelle, tout semble organisé en sens contraire. Dieu va vers l'homme : il se présente de porte en porte, il frappe de cœur en cœur. Il appelle au secours. Il demande à manger et à boire. Il s'offre à l'humanité dans la crèche, sur la Croix, dans l'Eucharistie. Avant l'Evangile, Dieu disait à l'humanité : « Je suis le Seigneur ton Dieu, tu ne serviras que moi seul. ' » Depuis, les hommes disent, en parlant de Dieu : « Un petit enfant nous est né, un fils nous est donné ! ' » Ce n'est plus l'homme qui est la propriété de Dieu, c'est Dieu qui est le patrimoine de l'homme. Les juifs avaient appris que Dieu « contient toutes choses 3, qu'il retient le monde suspendu à ses doigts *, que les nuées, le soleil et l'espace, lufservent de taberna-

■Deut.,vi, 13. 3 Sap., 1, 7.

s Is ix, 6- * Job. xxvi, 7.

Page 1