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Rendez la santé aux malades de ccBur, ressuscitez les morts ciffis y gttériâsez deot tpix sotit lépréQX au moral, cbâSseK Tèsplit dé servitude ; vous avez reçu grataltentetti, don^tez
(gratuitement;
Ne possédez ni or ni argefit, et M ponrteas aucune ihonnaie dans vos ceinturés;
Votre pauvreté f^rotestei^ contré les abus de la propriété.
Quand vous vous mettrez en cfaeMn, ifi'ayéz ni sac 9 ni double habit , ni souliers, tA bâ^ ton, car celui qui travaille méHte d'être nourri.
hToiïs serez d*abord nouHrisj^r vos frères avant de L'être, comme il convient, par r£tiaf .
'£n queiiqpie ville ou village qifeé vous arriviez, informez-vous s'il y a quelqu'un qui soit digne de vous rdcevoic et demeurez obes lui tani que voua serez en ce lteu<*li.
, En entrant dans la maisoaaalueaen dîtam :
La paix soit dans eette maison I
.Quési quelqu'un reiftise de vous recevoir eu d'écouter vos paroles , sortes de la naisod ou de la ville et secoues^ même la poussière de vos pieds.
H voua dis» en vérUé» qu'au jour du %t^ai \n%wmx 4^ f9upt^ 1« pays dA MiRmk et
— 3il —
de Goniorrhe ne sera pas si rigoureusement pvLûi que cette ville-là.
le vous envoie comme des brebis au milieu des loups, cat vous n*avez d^autrés armes <|[ue celle de la parole et de la vérité, tandis que' Vou^ aurez affaire à des hommes urinés et forts.
Soyez donc prudents comme des serpents et simples comme des colombes.
* iQardez-vous des hommes, ta» ils vous 1i-' vreront aux juges et vous mèneiront déVatrt* les gouverneurs.
Quand ils vous persécuteront dans une vtlliôr^ fuyez dans une autr^; car je vous dis, en vérité, que la délivrance dn peuplé vtendnr avant que vous ayez passé par toutes tes villes étt ' royaume.
' Ne vous oSènsez pas des paroles qu'on vous adressera ni des discours qu\Hi tiendra $tir • votre compte : « puisqu'ils ont nommé le Fdrè « de famille BeelzébtiOi », à phiS feM^te raison vous insulteront*lis, vous les disciples et lei^ continuateurs du Gbrîsl.
Dites en plein jour c6 que vdùs âvès Sppr^s dans les ténèbres, et prêchez m haut des mai*' sons ce que iTfivangile wm imiî ftfsqaU<;l à ToretUe*
roMoci— ^i^l»g-ai^ra^=. i^ii».i» jj-— ra^^t^w
Ne craignez point ceux qui peuvent vous faire mourir :
Ces gèns-Ià ne peuvent tuer que votre corps, mais ils n'ont aucun pouvoir sur votre âme;
L'esprit restera pour réclamer, pour pro«* tester et pour crier vengeance !
Craignez plutôt cet esprit de servitude qui peut tuer l'esprit et le corps en les jetant l'un et l'autre dans l'enfer de l'ignorance et de i'a« brutissement.
Voilà les avis du Christ, je les crois bons, ce sont ceux qu'il donnait aux apôtres; ces premiers révolutionnaires ont commencé par la propagande et la prédication une grande mission de délivrance que nous sommes ap* pelés à terminer.
Allons donc comme eux, allons pieds nus, sans bâton et sans argent, allons en mis&ion*» nairesde la liberté,
Allons annoncer aux peuples, par la parole, par la presse et par l'exemple.
Que le grand jour e$t proche et qu'il faut se tenir prôd car il luira subitement comme rtotair, ca^ il viendra au moment où l'on s'y atiendtle moinsi comme un voieur<
Jé3us-C))rist aous enseigne clairement là loue des deux principes qui doit agiter les gouvernements;
II y aura l'esprit de Dieu, c'est-à-dire un esprit de liberté^et l'esprit de Beelzébuth, c'est-à-dire un esprit de servitude, quisecom- Imttronty
Hais il ajoute :
« Tout royaume qui est divisé contre lui- « Wdfie sera détruit, et toute maison contre u elle-même tombera en ruine.» ' ' Pour mieax nous faire entendre encore de quel côté restera la victoire :
< Si c'est par le doigt de Dieu, poursiiit-il, € que je chasse l'esprit de, servitude, la société € dé Dieu, la société libre est donc venue jus« « qu'à vous. »
Cette victoire sera le fruit d'un combat à
outrance entre les anciens possesseurs et les nouveaux assaillants.
(c Gomment quelqu'un peut-il entrer dans « la maison d*un homme fort et lui ravir son <c bien sans le lier prismâèrement?
« Tant que le fort armé garde l'entrée de « sa maison tout ce qu'il possède est en paix;
«c Mais s'il en survient un autre plus fort « que lui qui le Surmonte il emportera toutes c les armes dans lesquelles le pr^ii(»ier métiait > 4^a confiance et il distribi^a ses dépouilles, n
Cet homme armé à déjà apparu itne foi^ k la porte des pa)aii» et des maisocMi des ficifissa«)(Sy
Que iQîs d^à il a surmonté l^ ancî^u maîtres et il est entré de vive force dans lu maison , il a emporté toutes les truies djiûs lesquelles l'aocien pouvoir meftMt ^ c6njÉUnce» et il a distribué tes dépolîtes du riehe.
Cet homme armé s'appuie le|^eii{^l^, cette maison est l'État , le maître tfe U matftpQ e^ le ^rii des puissaols et des forts qui gardedt là oorte ot 1^1 en défendent l'entrée.
Si tin pitts fort qu'eux Air vient» ît \u Ui^f et tes terrassera ,
Puis il emportera les armes is^m U^fl^^
lé^ flMivèlr iiiertsient leur espoir, et iVf^aria-* gesa leurs biens.
-o^^èo*
<Mi«B smffriîé àMÂanï 2iYmâe A'^eiM'pidffir utlé' spMltitièif^mjii^lèr et^crimni?, c'est au (sbmrïTii'é im aete écftiîlbbtai qùiâbirremiefftl^^les^Éii^ dii*l» lïoeMté aràit niaîiiB dte lëgitfikM fKyiftès-
tks^sHê^ ^éeptopm ca que vous^ dit Sémi^
^ HA^père dto ilamifle planta une vigne: »
Nous avonseu plusieurs fois occasion de v^!^' qUmpm 0&'îàotdlB père de famille Jé^s enr teMift^dArigiiw-Dteti, pèâr^ de fomîtlé dé Tlfu- ' manit^^et le peuple > qui repi'éseme Diéd sbr '
^lKltt« nmknm d^une haie, et'er^^usa^if t là K terre il^y it un pressoir et y UAiit une timir,
« et après avoir affermé la vigne à deâvignch « rons il s*en alla. »
Celte vigne est la société avec tous ses biens» avec son pressoir qui représente Tusage des impôts, avec sa tour qui est le signe delà force ; les vignerons auxquels la vigne a été affermée sont les rois, les grands, les hommes en place ;
« Lorsque le temps des vendanges s'appro- « chait, il envoya ses serviteurs vers les vigne" rons pour en recevoir le fruit de sa vigne. »
Le peuple^ tout en remettant l'autorité aux tnains des gouvernants et la propriété, ne s'est point pour cela démuni de ses droits^ il n'en ^ reste pAS moins le mai ire de la vigne.
Il envoya ^u. temps, de la vendange, c'està-dire lorsque les destinées de la nation eurent mûri, des serviteurs révolutionnaires pour recevoir Tusufruit des pouvoirs et des biens que le peuple avait conGés aux seigneurs et aux riches.
« Mais les vignerons s'élant saisis d'eoxM € battirent les uns, lapidèrent les aujlres et eo' » tuèrent plusieurs.
« Il y envoya de nouveau d'autres serviteurs ; « en plus grand nombre que la première, fois^- « et ils en reçurent le même traitement. > . -,
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C^est en effet par le glaive et à coups de pierre que les pouvoirs constitués accueillirent les premières réclamations des représentants du peuple.
« Enfin il leur envoya son fils ; car il dit : « Ils respecteront mon fils. »
Ce fils, des peuples est le peuple de Franco qui s*est présenté en armes devant tous les rois et tous les seigneurs du monde auxquels avait été affermée la puissance.
€ Mais les vi-çnerons voyant le fils de leur € maître dirent en eux-mômes : C'est ici Thé-
« rîtier : venez, tuons-le; nous serons les maî- € très de son héritage. »
YeneZ) tuons la France, disent les rois de rEufope, et nous serons les maîtres de l'héritage des peuples!
« Et s'étant saisis de lui. ils le chassèrent « hors de la vigne et le tuèrent. »
Écoutez maintenant la suite : <( Lors donc « que le seigneur de la vigne sera venu, que « fera-t*il à ces vignerons ? »
4t II exterminera ces méchants, et il passera « la vigne à d'autres vignerons qui lui en ren* € dront les fruits en leur saison. »
Voilà toute l'histoire de ce qui doit arriver au monde.
Les révolutions sont le retour du peuple dans ses domaines, le retour de Dieu.
U exterminera les maîtres qui auront mal administré son bien, ceux qui auront mangé le raisin de sa vigne et foulé les grappes dans son pressoir sans lui en faire partager le fruit;
Il lés détruira par le fer comme des assassins et des* voleurs ;
Il reprendra sa vigne, c'est-à-dire la propriété et la puissance, pour raiïermer désormais en des mains plus pures qui ne garderont pas toiit leproduit, maisqui ferontau contraire entrer le peuple en participation de la souveraineté et de l'abondance.
L^aspect de l'Europe nous présente au j^ourd'bui ce grand combat des peuples qui veulent rentrer dans leurs possessions et exterminer les andéns fermiers injustes de |a puissance.
Jésus-Gbrist nous apprend'que cette reprise à main armée des droits du peuple ne se fera pas sans de longs combats et sans des alternalives douteuses.
Les peuples délivrés auront des rechutes dans ia servitude.
La France, émancipée un instant, sera reprise par le démon ancien de la puissance.
L'esprit impur de servitude sorti de la nation s'en alla un jour au loin par les lieux arides, cherchant du repos; mais n'en trouvant point il dit : a Je retournerai dans ma maison dont je suis sorti.»
Et lorsqu'il y revint il la trouva nettoyée par le balai des révolutions.
Alors il s'en alla prendre avec ïui sept autres démons plus méchants que lui^ c'est-àdire sept autres rois qui forcèrent de nouveau rentrée de la thaîson et qui y établirent leur demeure.
£t le dernier état de cette nation devint pire que le premier.
Elle gémira dans cet état, le dos çqurpë sous un esprit de servitude, au point de ne pouvoir même regarder le ciel,
Gonime cette vieille femme ae TÉvangile qui rnârcliàit plbyée en deux ,
Jusqu'à ce que Jésus lui dise aussi :
«Femme, je vous délivre; redressez-vous!
Le retour du maîirc dans sa vigne, du Peuple-Roi dans son palais, aura lieu subitement et au moment où Ton ne s*y attendra pas.
€ Heureux sont les serviteurs que le maître, « à son retour, trouvera veillant, les reins « ceints et une lampe allumée dans la main!
« Je vous dis, en vérité, qu'il se ceindra, qu'il « les fera mettre à table et qu'il ira et vien- « dra pour les servir;
« Que s'il arrive à la seconde veille ou qu'il «vienne à la troisième, ces serviteurs sont « heureux s'il les trouve dans cet état;
« Je vous déclare que si un père de famille « savait à quelle heure un voleur doit venir, < il ne manquerait pas de veiller, et il nelais- « serait point faire d'ouverture à sa maison ;
« De même y tenez -vous prêts, parce que « le Fils de THomme viendra à une heure que € vous ne pensez pas! »
Yeîllonsdonc, frères, veillons les reins ceints pour le combat , et , la lampe de Tamour allumée dans notre main, veillons dans la nuit que les astres de la société ont faite en s*éteignant;
Veillons et tenons -nous prêts, car Jésus nous Ta répété déjà plusieurs fois, le Fils de l'Homme, c'est-à-dire le peuple, viendra comme un voleur à une heure inattendue;
11 viendra armé , vir armaiug;
Il viendra, comme un maître, mettre l'ordre dans la maison et jeter dehors ceux qui auront mal administré ses affaires;
1! viendra arracher tous les pouvoirs qui donnent de mauvais fruits;
Il viendra dire au gouvernement stérile comme au figuier : « Coupez-le donc ! Pour- € quoi faut- il qu'il occupe la terre plus long- € temps? »
II viendra battre de coups les serviteurs en place qui n'auront point rempli ses volontés.
Plus les pouvoirs confiés auront été grands^ plus le châtiment sera sévère :
f On demandera plus ^ chacun selon qu'il
< aura plus reçu, et Ton fera rendre un plus
< grand compte à celui auquel on aura com-
< mis plus de choses. »
Jésus aime ïés forts, les violents, lés hommes armés,
Ceux qui marchent sur les flbts sdulevës dès peuples, àii milieu du vent des révôTûtïohè et àé l'orage des partis sans perdre céêur;
Ceux qui font assaut pour entrer dans là socîélé à venir, omnis in illudvïmfàcît;
Mais tout en aimant ces agitateurs et ces belliqueux, il n'oublie pas les contemplatifs, les penseurs, les poëtes qui auront servi dans le èilénce et le' recueillement au progrès de l'humanité.
Ces deux natures de révolùtionïiàires sont figurées dans l'ËVangile par détix femmes, JNribè et Mafie sa soéuM
'L'uhèqui s'emploie avec ardeur aux soins de la maison ,
L'autre qui demeure aux pieds de Jésus à écouler sa parole dans le recueillement du cœur.
Or comme celle qui s'agitait et s'empressait au service du Fils de l'Homme voulais lui.faijre remarquer que sa sœiir la laissait faire toute seule 9
Jésus la reprit en disant que Hfarïe avait choisi la meilleure part.
Ce ne seront pas en effet toujours ceux qui se seront le plus tourmentés en tous sens pour mettre ie mouvement dans TËflsit qui auront le plus servi à l'humanité :
Ce seront souvent ces natures catiniès et douces qui, attentives de cœur aux grandes révôtûtiohs de ravéhir, se tiennent en isiiéhce, aux pieds de rhumanitêy
A écouter les voix mystérieuses qui sortent des événements, à réfléchir et à aimer.
Ne méprisez donc rien, mes frères;
Ne méprisez ni lés petits, ni les faibles, ni les oisifs, « car leur ange (c'est-à-dire « leur pensée ) voit dans le ciel la face de ((Dieu! D.
Ne méprisez pas vos femmes^ ni vos sœurs.
de ce qu'elles ne peuvent se mêler avec vous aux durs travaux des révolutions :
Une âme qui pense y ou un cœur qui aiitie, avance souvent plus le monde vers la liberté que les entreprises à main armée des vaillants et des forts.
Ne méprisez rien, je vous le répèle; ratta* chez à la grande cause deTémancipation toutes les natures, toutes les tendances, toutes les facultés humaines ;
Rattachez-y toutes les opinions qui militent et qui protestent, quand même elles ne seraient pas tout à fait la vôtre;
Rattachez-y lesopposantsdo toutes lesnuances et de toutes les couleurs, tous ceux qui veulent chasser de la société le démon actuel de la servitude;
Car c*est encore Jésus qui vous le dit : « Quiff conque n'est pas contre vous est pour vous ! »
«ôfflfQ»
Nous allons maintenant raconter la tin de la vie de Jésus.
Nous y trouverons Timage de tout ce qui doit arriver au peuple ; car, nous le répétons, . Christ est la forme populaire de Thumanité.
Toute sa conduite avait été une négation perpétuelle de la noblesse dans la personne des scribes et des docteurs, de la propriété dans la personne des marchands;
11 avait démasqué les uns et fustigé les au* très ; une partie de la nation le haïssait. . Jésus 9 l'ouvrier de la ville de Nazareth, avait contre lui toutes les classes puissantes:
Aux yeux des princes des prêtres qui tenaient la tête de l'aristocratie juive, c'était un impie et un hérétique.
L'Église des Juifs prohibait l'usage de certaines viandes.
Or, Jésus venait dire : «c Ce n'est point ce « qui entre dans la bouche qui souille l'homme: « mangez ce que l'on vous présente. »
L'Église des Juifs commandait dès jeûnes:
Or {ésus venait dire : « Les amis de Té- « poux ne jeûnent point tant que l'époux est « avec eux. »
Et ilbuvait et mangeait avec ses disciples.
L'Église des Juifs ordonnait de s'abstenir le
jour du sabbat, de toute œuvre des mains,
Et Jésus disait : « Le Fils de P Homme (desi- (c à-dire l'humanité) est au-dessus du sabbat, (( Dominus est étiam sabbatL »
Les prêtres le détestaient donc et voulaient le faire mourir ; * Les ehefs le regardaient comme un perturbateur qui leur aliénait le peuple pour l'entraîner à sa suite, comme un rebelle qui résistait à l'autorité de la loi, comme un révolutionnaire qui voulait changer les institutions du pays.
En effet , il parlait à chaque instant de démolir le temple et de le reconstruire, ce que les grands et les princes du peuple n'entendaient pas seulement du temple, comme ils l'avouèrent par la suite, mais de toute la société *,
11 parlait de mettre du vin nouveau dans de nouvelles outres, ce que les scribes et les docteurs de la loi comprenaient bien de nouvelles institutions dans lesquelles il voulait déposer sa doctrine;
11 parlait de refaire un habit à neut au lieu d'y coudre des pièces, ce que les pharisiens, qui n'étaient point des sots, interprétaient fort bien d'une forme neuve de ^ouverncK^ent dont il voulait revêtir et envelopper la nation.
La société nouvelle qu'il prêchait, et où les pauvres, les publlcains, les proscrits devaient être admis au premier rang, était nécessairement subversive de Tancienne société , fondée ,sur ràristocratie de la richesse et de la nais^ sance.
Mais les vues révolutionnaires du Christ ne s'arrêtaient point à la Judée :
SMi parlait spécialement de la maison d'Israël, c^ést que c'était son pays,
Et que Jésus, comme toutes les grandes âmes, avait le sentiment national;
Mais il ajoutait en même temps « qu'il avait « d'autres brebis qui n'étaient point de ce ber- « cail, qu'il les amènerait, et qu'elles ne fe- « raient toutes ensemble qu'un même trou-- « peau, »
Le grand troupeau de l'humanité.
Jésus, dans les menaces qu'il adressait à Jérusalem, comprenait toutes les autres sociétés qui devaient également être démolies ou tomber en ruine.
Sa doctrine était un levain d'insurrection déposé au sein de la Judée contre toutes les puissances de la terre: c'est ce que comprirent les princes des prêtres et les pharisiens lorsque, tenant conseil entre eux contre Jésus, .
« Si nous le laissons agir, opinèrent-ils, tout « le monde croira en lui, et les Romains Yiefic dront et ils détruiront notre ville. »
Frères, c'est encore l'argument dont on se sert contre nous pour amortir notre énergie et retarder le mouvement de la nation.
Si nous laissons agir les citoyens généreux qui veulent la liberté, disent les gens du pouvoir, tout le monde croira en eux, ils voudront étendre au loin la propagation de leurs idées, et les étrangers viendront et ils détruiront notre ville.
Puis, satisfaits-de leur lâche raisonnement, ils concluent, comme autrefois les Juifs envers Jésus, à ce que le peuple français soit crucifié. '
En ces jours-là Lazare étant mari et ayaiiît ressuscité, les princes des Juifs s'assemblèrent
aossi et tinrent conseil pour le faire mourir derechef,
« Parce qu^il était cause que plusieurs se re- « tiraient d'avec eux et croyaient à Jésus. »
En ces joursK^i lès princes des peuples s'as* semblent et tiennent conseil eif disant :
Nous avons déjà tué la France à Waterloo, mais voici qu'elle ressuscite;
Tuons -la donc dé nouveau , car autrement tous les peuples de la terre croiront en elle et ils se retirent d'avec nous.
Et cela dit, ces dévorateurs de peuples, insensibles qu'ils sont au miracle, ne guettent plus que Toccasion de surprendre la France pour la reitier perfidement dans l'ombre.
Le conseil tenu contre Jésus était composé de ce que nous nommons chez nous des cm^er*
C'étaient des princes àffi prêtres^ des scribes, des anciens du peuplé; ils formaient, réunis, le sanhédrin , à peu près nptre GHambredes pairs.
Ils délibérèrent entre eux sur Jésus. le sédflieux, el, après divers discours prononcés par les membres du conseil et par Caïplie luimême, qui, en sa qualité de grand-prêtre, présida il l'assemblée, il fut décrété qu'on le metirait en état d*arresiaiion.
Une prise de corps fui donc lancée sur Jésus par des motifs tout politiques.
Cet homme était' odieux aux grands, qu^il accusait décharger de lourds fardeaux le pauvre peuple; aux riches, qu'il menaçait d'exclure de la société; aux docteurs, dont il condamnait la fausse science.
Ce fut pour eux une occasion de vengeance qu'ils ne laissèrent pas échapper.
Les membres du conseil cachèrent ces intentions sous le masqué diï^bîen public; ils appliquèrent à Jésus ce raisonnement de tous les conservateurs contre les hommes de progrès:
(( Il faut mieux qu'un seul homme meure « pour que toute notre nation ne périsse pas.»
Et cette sagesse égçïstc dés grands aboutit à l'arrestation de rHommc-Dieu,
iëi -
Atinsi ta principale eâuse qui présida au inondât lancé contre ïésns fûtla crdinte de TétTâliigery
Crainte que Strbisâent dâhs 'tbubles tenips les hommes riches dont les biens considérables souffriraient engagés dans les hasards d'une guerre,
Crainte niaise et perfide dont se servent de tout temps les puissantis pour effrayer le peuple et le maintenir..
Si vous laissez arriver Toppositidn aux affaires, lui disent-ils de nos jours, l'étranger viendra et il envahira de nouveau la France.
CSda-dit, nos anciens du peuple et nos pharisiens vont courber Iq dos devant les Césars ^ de là sa^nle-allîa'nde ;
Capcei iyl*àh$ du j^tt^ïre'âbnti^è plub vils et
les plus lâches esclaves quand il s*agit de leur conservation. «
Au reste, la crainte de la ruine de la nation n'est qu'un prétexte qu'ils mettent en avant pour couvrir leurs projetsd'oppression et d'envahissement.
Si vous ne nous laissez forliGer Paris, s'é« crienl-ilSy les Russes vont venir et ils détruiront notre ville!
Et, profitant de la terreur que ce fantôme ri*
dicule d'invasion jette sur les esprits faibles. Il faut mieux, concluent-ils avec les princes des Juifs, que la liberté meure et que notre gouvernement ne périsse pas.
Or Jésus représentait l'opposition de son temps , L'opposition de la misère contre la richesse» L'opposition du faible contre le fort.
L'opposition de l'esclave contre le mattre.
L'opposition du peuple contre Tari^ocratie,
L'opposition de la nation contre l'étranger.
On comprendra maintenant qu'il fut en haine aux conservateurs, aux privilégiés, aux lituIaireSy à tous les hommes en un mot qui sacrifient le bien de leurs frères et l'honneur national en présence de leur intérêt personnel.
Quelques tentatives d'arrestation avaient été faîtes, comme nous l'avons vu-, contre la perisonne de Jésus-Christ, mais à chaque fois que les grands avaient voulu mettre la main sur lui ils avaient reculé devant la crainte d'une émeute,
Car le peuple aimait Jésus.
Us eurent recours alors à tous ces moyens ténébreux et perfides dont se servent encore de nos jours les gouvernements contre les révo»
luiionnaires.
On lui envoya des agents provocateurs ', ainsi que noire police en glisse dans les ateliers et les lieux publics :
« Comme ils ne cherchaient que les occa- « sions de le perdre, dit l'Évangile, ils lui en-*
f Vyl^airejDiepI nommés mouchqrds»
« ireyôrent des personnes apostéaiB qui contrec faisaient lès gens de bien pour le surprendre A dans ses parles afin de te Uvrel* aux magîsc trais et au pouvoir du gouterneur; »
Voy^ni que la sagacité de Jésus déjouait tous ces pièges, enhardis par le spécieux argu^ ment dû chef do conseil^ les magistrats décrélèreai enfin l'arrestation du factieux.
Si le peuple, pensaient-ils, nous demande compite de noire conduite, nous lui répondrons que cet boaMn^î est dangereux pour la nation et qu'il provoque la guerre.
Un déci^ de prise de corps (ni doue rendu, séance lenAntei oonirè JésuS4 .
El comme si celle violence ne suffisaîl |VK àl.i haine des Juifs con«ari;(«ctfr1i<ils donnèrent ordre
« Que si quelqu'un savait où Jésus était il «l'indiquât pour que les agents s'efnparaîsseni «de lui. »
Violaiion du domicile, système de délation et d'espionnage, en. un mot toutes les armes les plus viles dont se servent les gou;verneménis furent donc mis en usage contre Jésus.
Tout homme connaissant la retrail^ de H^ sus, (ils de Mavie^
Be ce |[>f6'pbète dli |)eUptl»4}ui li'àvâit point où repbiser sa éêfé,
Ftttsominé deV6hir là révéler au sanhédrin,
A peu (nrèd eomme dé nos joàirs unkhinistère aams pudëiir ôrdoHnaît dux médiecrns, après uneémeute^de lui livrer le secret de la retraite des bttôèés.
La sentence contre Jêsiië fût dènc pablfëe à haute voix.
Il est probable, coihhie nous le v^iroris tout S l'heure par la conduite dié Judas, qu'un prix était attaché à là dtîfatiàh.
A celui donc qtiî tipi^ahera aux thetè^ aux riches, aux grands, arut ^téiies et aux anciens dis la itidée \h tête du réVoititlônh^irrc Jésus, de la pHI't du grarid sntthètfrlii ; ^itlairé et técompense î
Jéétis se cacha;
Trop faible pour tenir téie aux enirepirïsefc
des chefs de la nation, il prit, comme tous les hommes prématurés qui luttent contre un pouvoir supérieur, le parti de la retraite.
Le temps des fêtes de Pâques étant venu , il ne se rendît pas à Jérusalem avec les autres Juifs.
Cependant, soit que les poursuites exercées contre lui par le sanhédrin se fussent calmées, soit que le peuple lui offrit un rempart suffisant contre une main-mise de la part des magistrats, il se rendit en secret, quelques jours après, à Jérusalem, où il ne tarda pas même à se remontrer dans le temple.
Ce qui excita ta surprise des multitudes. .
a Voilà, se dirent les Juifs entre eux, que « les chefs de la nation le cherchaient pour le c faire mourir, et que maintenant il se proie mène librement dans la ville sans qu'on lui « fasse aucun mal ! »
Et iIss*étonnaient.
Comme tous les grands émancipateurs qui viennent mettre le monde en liberté , Jésus trouvait de Técho pour sa doctrine dans le cœur des opprimés^ des petits, des esclaves, des souffrants, des calomniés;
Il éuit fort de toutes )^ faiblesses 4u peuple,
Les enfants, les femmes , les fous, les malades lui savaient gré de vouloir délivrer ce qui avait péri, saivare quod perierat.
Les pauvres aimaient Jésus parce qu*il leur ressemblait : il était errant comme eux, dénué et sans. gîte; il souffrait de la faim et des intempéries do Tair.
Les publicains, les ivrognes, les malfaiteurs tenaient pour Jésus parce qu'il mangeait avec eux et s'associait à leur réprobation.
Les prolétaires lui savaient gré d'être le Gis d'un ouvrier comme eux et d'avoir dit plusieurs fois que les riches n'étaient que les économes du bien public.
Enfin tous ceux qui avaient péché, souffert ou combattu lui faisaient rempart de leurs migres et de leur abandon.
Aussi le grand conseil avait*il incliné pour <]u'on se $aisit de Jésus par dol, ut Jemm Uçlo trordererU.
Or Jésus n'en continuait pas moins, en face de ce mandat d'arrestation pendant sur sa tête» de frapper dans ses discours l'autorité et d'afr firmer sa doctrine toute démocratique.
« Vous serez surpris, répétait-il encore une t ibis, de voir que ceux qui étaient les derniers