‹ L'évangile du peupleChapitre 6 sur 7 · IV!S · texte numérisé non relu

IV!S

Jésus-Gbrist n*a$pire pas à être roi en place de César.

Aussi Jrsus-Christ ajoute*t-iI dans un autre texte :

« Mon royaume n'est pas de ce temps-ci; c si mon royaume était de ce temps-ci mes

c partisants combattraient pour empêcher que (cje ne fusse livré aux Juifs, mais mon ; < royaume n*esl pas de cette heure. »

Ici est toute l'explication de la conduite du Christ.

S'il a fait remettre à Pierre Tépée dans le fourreau et s'il lui a défendu de résister, c'est qu'il savait que le temps de la lutte n'était pas encore venu.

S'il comparait maintenant avec une atii* tude soumise devant Piiate, c^est qu'il a le^ mains liéeSy et que son royaume ne devant s^é^' tablir ici que dans plusieurs siècles il n'a pas pu réunir assez de partisants pour le dé* fendre.

La situation de Jésus dans ce. momeni-là était celle de tout révolutionnaire qui, venant prêcher une société à venir, ne peut compter sur l'appui sérieux d'une résistance armée et se soumet à la force brutale, car il sait que cette soumission même est une protestation.

Le fait seul de la condamnation de Jésus par le sanhédrin accuse toutes les chambres hautes, tous les tribunaux exceptionnels et les convainct d'injustice.

C'est ce que Jésus-Christentendail lui-même quand il disait que le prince du monde allait être condamné par sa mort.

Pilate s'en revint vers les Juifs, satisfait de l'explication de Jésus.

Jésus, effectivement, en faisant entendre à Pilate que la société qu'il prêchait a'ét'ait pas de son temps et qu'elle ne devait s'établir que dans l'avenir, calmait les inquiétudes diï' gouverneur et les craintes qu'il avait pu concevoir que cet homme n'en voulût directe- ' ment à l'autorité de César,

A peu près comme de nos jours notre gouvernement, si ombrageux qu'il soit, laisse*

certaines f^oGlr^i^ ^iit^yei9iY6^ ^ ^éyff^çijfgfit à l'aise et saps çoti^traiiijle, j^oe qffjil ç/^ qu'eUes sont 4'une réalisation ^^içi^^e.

Piiate revînt donc ver^ceux qui ^a^ fty^ieigit livré ^ésus pour jl'exéci^tery lUinferficer^ru eufi,

« fene trpuye, leur (^it-il, aucun ç^inie4dn|S ce cet homme. »

Mais les chefs des Juifs insistaient, et, pour ne laisser plus aucun doute sur la valeur politique du procès, ils répliquèrent :

« Cet homme soulève le peuple par la doc- <K trine qu'il a semée par toute la Judée et qu^^l c a commencé à publier depuis la Galilée jus- « qu'ici. »

Il soulève le peuple ! crime de provocation à la guerre civile et au changement de la forme

il soulève le peuple! crime prévu f| j^i^^.i cjiez nou§ par 4es lois s^yères.

If «j?"j^y;? \f peMpl^fç^ifpe qifi, ^eyanf pçftre pbambre ^e$ pai^$, aif rait, jppifp Iç jf^QÎQf j fa|t çpvpye^ Iç Fils de piei^ h »i;?ye-

il sojilèye Je pçup}^ ! crime qui,4eï>ui? fésusde Galilée, a (£^|t tom|)^r )^ fèie if taiitda révolutionnaires.

Cëpéliâàm Pillité tiâiibit; étayaHi ebtèiâa parler à Jésus lui«mème de la Galilée «

n tô rétivbyà au rot Hérbdé» qiii^avaii'ta jtf« riâiètiëii dé cette pi'ovinco.

Pila te fut encore engage à en agir <le la sorte pÈt racCtfsisltioin toute politique qtîictiârgeait Jëâbl^léGalifêèn.

C*était au roi d'apprécier le crime* de cet fck6Mliâe qd^crn" disait avoiir voulii' se faire roi ddbJTKifs.

Pbuf Héft^è Jésus* fut un simple' dÎ6jl?-dé curioiité; il espérait trbuVër daiis^^énUiéVué dei oet homme e^ctfaordinàire lih paèse-tehips et voir faire un miracle.

N'y rencontrant que le silence , il le traita comme un fou.

a Cependant les princes des prêtres et les a scribes étaient là, stabant,ei ils persistaient ce à l'accuser/

« Mais Hérode encore une fois, avec toute sa D milice, le méprisa, et l'ayant fait revêtir « d'une robe blanche par moquerie il le renie Yoya à Pilate. »

C'-est ainsi que les rois ont côûtùhi^ de (Comprendre les grands bommesr.

Cette note de folie imprimée par, toute I cour à la personne de Jésus montre suffisanQ ment la sagesse et Tintelligence des agents d pouvoir.

• <c Ce sont des fous, )» répètent avec Hérod et sa cour les maîtres actuels de l'autorit en parlant des révolutionnaires ,

Et ils couvrent d'une robe blanche» en si gne ^e dérision et de mépris, les doctrines c ces hommes forts.

Frères y renvoyons - leur ce mépris et ceti dérision , car les fous d'aujourd'hui sont h sages de demain /car les Nazaréens condui pieds nus le vendredi et les mains liées devai les rois [sont quelquefois le surlendemain l dieux du monde !

TlDutefois Hérode avait évité de se pronO €çr sur le jugement à mort de Jésus.

Son silence même et la note de folie qu'il jeta sur cet homme montrent qu'il attachait {>eu d'intérêt à sa condamnation.

S*il eût été le maître et s'i4 n'eût pas craint f3e déplaire à l'aristocratie juive, il est probal3le qu'il l'eût laissé aller par indifférence et par mépris ;

Après l'avoir fait huer, il lui aurait accordé la vie, comme à un être trop fou pour être dangereux.

Pilate interpréta ainsi la robe blanche, Tes railleries des soldats et le retour de Jésus sans sentence :

< Hérode, dit-il au!it grands, ne lui a rien fait « qui rnontre qu'il soit digne de mort.»

Gomme ce coupable était, de l'aveu des Juif;? et de son propre témoignage , un homme do pafole, doctrhiâ ejm, comme la société qu'il Venait fonder ne devait menacer de sitôt l'or dre de choses établi de César, Pilate crut qu'il suffisait de le faire passer par les verges.

Toutefois, pensant bien que le crime de sé« dition imputé à cet homme n'était pas sans fondement et trouvant seulement la peine qui lui avait été infligée par le sanhédrin trop forte, Pilate s'offrit à faire châtier Jésus. « Pilate prit donc Jésus et le flt fouetter. » •

U voulut, en un m^t, commuer la peine.

Pitié cruelle et infamante qui, pour ne pa& exoiler le peuple en répandant le sang, et pour se donner aux yeux du monde des airs de démence royale, commuerait de nos jours la peine du Christ en celle des bagnes !

Les soldats-bourreaux exercèrent alors sur Jésus les traitements les plus monstrueux.

Au fond, la principale charge des pharisiens contre Jésus portait sur ce qu'il s'était fait le chef du peuple.

C'est ce que les soldats voulurent punir et tourner en dérision lorsque, posant une couronne tressée d'épines sur la tête de Jésus, lui jetant une casaque d*écarlate sur les épaules et lui mettant un sceptre de roseau dans la main, ils fléchirent un genou en terre en disant :

« Salut au roi des Juifs! ave rex Jttdœorum^ n

C'est encore aujourd'hui de Cette souverai* neté dérisoire qu'on salue les peuples constitutionnels.

On proclame après une révolution et quand le canon gronde encore dans la ville leur royauté inviolable.

Mais c'est pour les traduire quelques jours après aux mains des soldats, la couronne d'é-

pines au front, le roseau à la i^ain, la guenille sur l'épaule ,

£t^ pour souffleter avec des rires cette souveraineté tlu peuple, ave rex Judœorum!

Souveraineté illusoire et vaine devant laquelle on fléchit le genou par momerie et sur laquelle le dernier valet de cour sç fait {(loire de cracher^ et conspuaverunt.

Jésus ayant été lié à une colonnq et bien battu par les soldats à coups de fouet , Pilate le montra aux Juifs en disant : < Voilà Thoinmë ! »

Peuple, c'est tpi qu'un lâche ministre moiil^re à Tt^nivers, les reins tout sanglants, les flancs foiiettéSy toiitlecorpsdéçbiré, en disait; Voilà ce peuple!

Voilà ce peuple que vous craignjeRômil (|§« Y^it ùivQ H Christ du monde !

Voyex oommo nous Tavoni b|«^ bftttu «( foueui^ e( cinglô ûp vergas I

Gela vous sulTiMl?

Pilate,en effet, espérail calmer par ce cbfttiment infligé ù Jésus la colère des anciens du peuple.

«r 11 ne cherchait plus qu*un moyen do \eà6* et livrer. »

Mais les anciens» les pharisiens el les scribes n*en avaient point assez;

Huis les rois do r£urope ne sont point contents de voir la France humiliée, battue, frappée au dos;

ils veulent la voir morie.

Pilate, comme fonctionnaire public, était un de ces hommes mixtes, ni bons ni mauvais, qui cèdent par mollesse ou par légèreté d'esprit aux coupables projets d*une arisiooratie hautaine et puissante.

Les anciens des Juifs ne cessaient pas de maintenir leur sentence, rem est morUs.

Voyant même les hésitations du procurateur, ils résolurent de lui forcer la main en / le prenant par le côté faible de tout bomme en , place;

Ils feignirent de mettre en doute sa fidélité & l'empereur.

a Si VOUS délivrez cet bomme, dit une voix «qui s'élevait du sein de la noblesse juive.

« vous n'êtes pas l'ami de César, mm ei amicuâ

c Cœêoris. i»

Foineste argument dont on se sert encore de nos jours pour intimider les molles bienveiU lances des hommes en place.

— Si vous faites ces concessions au peuple, dit à un ministre vain et indécis le parti con« ^rvateur, vous n*êtes pas Tami du roi ;

Si vous délivrez de nos mains le pays lié, menotte 9 fustigé» vous allez contre la volonté de la cour» et tout homme qui contredit au château n'est pas l'ami du roi; omm qui con^ p»adicU CdPsaHs non eH amicus Cœsaris. '

Et alors ce fonctionnaire, qui tient ses pou« voirs des mains mfimes de l'opposition , se trouble;

11 hésite, il balbutie, il tremble, car il craint, eu déplaisant trop à César et aux grands, de perdre sa place,

11 voudrait vaguement et mollement tirer le pays de sa servitude, mais il cède aux passions d'une faction puissante qui le tient par la crainte de sembler révolutionnaire, cedebat eorum affecUonilms,

11 cède, et cette lAche concession aboutit au déicide,

Ces pouvoirs faibles et irrésq^s pèsent S|i|r le pauvre peuple de tqut le poids de hiijç faiblesse.

Pila te» quoique ayant la force armée d^ sçn côté, en était à chercher des exp^diçniç et dçs saufli-cpn^uitg pour tirer Jésua d'entrç l^urs

Il çopiite sur sontribun^j, eo^me pour e^fîrçqçf la s^çténce; mais sa femme lui a^afit envoyé par^r k, VoreHle ^n faveur ^ J[^ifS, il bé$ite dei noi^veau.

Goai^e il était d'usaj^e, aux approches de la fête de Pâques, de délivrer un prisççQier,

11 s^jMaviet au peuplç le chcûx de Bara6l>as ou de J^us.

Barabbas était un homicide et un voleur.

Or. il arriva en cette circonstance ce qui arriverait encore de nos jours , les haines politiques remportèrent sur la justice due au crime.

« Lequel, dit Pilale, voulez-vous que je vOus dél ivre de Barabbas ou de Jésus t >»

Et ils répondirent : « Barabbas! »

« Crucifierai -je votre roi? » reprit avec un demi -sourire Pilate, qui voulait gagner du temps et espérait par ces longueurs détourner la résolution de traduire Jésus à mort;

Et les anciens du peuple répondirent :

« Nous n'avons pas d'autre roi que César. »

Au fond, les grands de la Judée détestaient César ; mais il n'y a pas, comme nous râvQns dit 2 de plus lâches esclaves que ces maîtres quand ils se trouvent placés devant une auto^^té! souveraine qui maintient leurs priyi^éges ^t leur autorité sur la nation.

Mous n'ayons pas d'autre maître que le roi, répondent les courtisans, aigris au fond du cœur contre la servitude doréeqii'ils snlbisâènt, quand on vient à leur parler de H spuvetaîneié du peuple.

Cette déclaration en faveur de César eut sur l'esprit de Pilate tout Teffet que les princes des prêtres en attendaient ;

Il se crut menacé dans sa soumission de Romain par le zèle chaleureux de ces étrangers,

Et il se tut.

Cependant, embarrassé de Jésus, il dit ;

« Que ferai-je de cet homme? »

Et la foule répondit :

« Otez-le ! otez-le et le crucifiez ! »

Il y avail sans doute dans cette foule bien des voix gagnées à prix d'or par les magistrats^ il y avait des marchands juifs chassés à coups de fouet par Jésus, il y avait des riches qu'il avait traités publiquement de race de vipères et de voleurs.

De toutes ces haines avides et intéressées s'élevait à plusieurs reprises dans Tair ce cri formidable: —Crucifiez-le! crucifiez-le!

— Que voulez-vous donc que nous fassions du peuple? dit un ministère lâche et pusilla* nime à la vue du mauvais vouloir de la cour.

Et les courtisans répondent ; — Qu'il soit crucifié !

Hais pourtant) hasarde encore le fonctionnaire intimidé, je ne trouve en lui aucun crime, mullam invenio in eo causant.

— N'importe, répondent-ils encore, c'est un ennemi de César, il faut qu'il meure!

Et on ie leur abandonne pour être cruçifiç.

Cependant Pilate, ne voulant pas avoir à se

ireprocher la mort de Jésus, se fit apporter de

l^eauy en. lava ses mains devant le peuplé et

dit aux magistrats : « Je suis innocent du sang

m de ce juste; ce sera à vous d'en répondre, i

Lave tes mains, Pilate; Teau n*y effacera pas la tacbe du sang.

Lave tes mains, gouverneur du peuple qui consent au supplice des condamnés à mort en disant : Je suis innocent du sang de ces bom« mes; ils ont été jugés par les tribunaux.

Lave tes mains, car elles sont rouges;

Mais, encore une fois, Teau n'en enlèvera rieué

Partout où sera prêché cet Évangile-ci, et je vous déclare qu'il sera prêché par toute la terre, on dira : Le peuple a souffert sous ses maîtres, passm est.

Mais quant à loi, sénat de pharisiens qui prends la responsabiii téde celte œuvre de mort.

Quant à toi qui t'écrie ; « Que le sang rec tombe sur nos têtes et sur celles de nos en« < fants !»

Tu seras exaucé; il y retombera.

Ne lave pas tes mains, ne lave pas ta tête ; c*est inutile.

Le sang de Jésus,

Le sang du soldat, le sang du juste, le sang dû martyr populaire est sur ton front;

Tu en transmettras la tache à tes fils.

Vois ce peuple qui erre sur la surface de la terre, morne, misérable, marqué d* un signe:

C'est le reste de ce sanhédrin qui mit à mort Jésus le juste et le révolutionnaire.

Ainsi tu erreras, un jour, pauvre, dispersé, nu, en horreurau monde.

Et les peuples diront, en les montrant du.

doigt : Voilà les enfants de ces bonimes qui. ont fait mourir les prophètes de l'humanité î .

(ie chemin du prétoire au (nûnt du Ç^tlvaUe fut un chemin do douleur.

m^^ portflf {ui^mômo s^ croiif, et cofpme il avait ilâoh) dmou» pluai^urg fpl^i ta()[4)ftnt dei deux genoux & terre.

On chargea un ouvrier qui revenait de son travail de la porter.

Cette croix était en effet celle que tout le pauvre peuple supporte depuis des siècles,

Peu importe qu'elle posât sur Tépaule de Cyrène ou sur celle de Jésus.

Quelques femmes compatissantes suivaient 6n pleurant.

Cespauvresétfaibtèscréatures courbées sous

'e fardeau mêlaient leurs larmes et leurs souf-

-^^ances a îâ grande (^âssioii duFils derhomme.

~Èi Jéstis, l)on jusqu'au bout pour toutes les

ictioiis, leur disait : Ne pleurez pas sur moi,

is sur vous , femmes.

Qùsfndôh fut arrive au lieu du Calvaire, oh crivit, selon Tusage, sur i'instriimeht du supplice, au-dessus de la tête du condamné, téx- ^rait de la sentence ,

Afin que le peuple passant par-là vit pour quel crime Thomme avait été traduit à mort.

Pilate lit écrire en hébreu, en grec et en latin, afin que personne n'en ignorât :

Jésus de Nazareth, roi des Jmfs, Ce que voyant les pharisiens et les scribes Ils firent remarquer au gouverneur romain qu'il y avait erreur.

a N'inscrivez pas, lui dirent-ils, qu'il est le

c roi des Juifs, mais bien qu'il a voulu se faire « notre roi. »

Mais Pilate, las de condescendre à la haine minutieuse et aux exigences puériles des magistrats juifs, leur répondit :

« Ce qui est écrit est écrit! »

Et rinscription demeura.

La royauté du Christ était, comme celle de la France une royauté d'initiation.

L'humanité écrit ainsi, malgré tout, en lettres de sang ses vérités et ses titres, que ni la haine, ni la défaite, ni la mauvaise foi des ennemis ne peuvent plus ensuite changer.

Après la grande Passion de la nation crucifiée, trouée au flanc par la lance du cosak, attachée aux pieds, il est resté écrit en caractè-^ res rouges sur la croix de Waterloo :

Peuple de France, roi des périples!

M bientôt trente ans qu'à Waterioo les rot< ^près l'avoir frappée ont mis la France en croix ; K>epiiis les étrangers passent hodiant la tête :

Descends donc, disent-ils , toi qn'en on jour de flHe

^0118 vtmes, à travers les villes , les hameaux, Tl^'avancer en triomphe an milieu des rameaux ! TToi qui mettais le glaive aux mafais de tes apôtres , Tloi qui voulais instruire et délivrer les autres, Descends-donc de ta croix ! — Mais clouée aux deux niaiflS# Home, désespérant du salut des humains "El de leur avenir qui s'en va comme un songe , Ne trouvant que vinaigre et que fiel à l'éponge , Sentant que le jour baisse et que tout est fini, fiDe s'écrie : Eli lamma sabaetanil

ôr Ëli ne vint pas... Sur sa croix solitaire, Après un long tourment (ici baisez la terrâ)i Quand le voile du temple en deux se dédiird , Elle pencha sa tète , et muette expira^

, tu dtir cosiik au flanc la pèrca d'tine lance; liais les autres, voyant, dans un morne silence, Lé dél qui se couvrait de ténèbres, les morts De leurs tombeaux ouverts qui sortaient au dehors , La terre qui d'effroi tremblait à la sdrfàce , Le grand soleil Ut-haut qui se cachait la fiiice , Et qui , conmie un mourant , fermait son œil dé fiHi ^ Se dirent : — Elle était vraiment fille de Dieu !

Des disciples , la nuit , dans tin coifi du royaume t Parfumèrent son corps de l'aloés et du baume.

Et la baisant aa front avec recueillement

La posèrent ainsi dans an froid monument ; Des mèreu étaient là s'essayant la paupière : Mais les rois avec soin fire^ sceller la pierre , Et le gouverneur mit des gardes à Tentour.

Craignant la prophétie et le troisième jour.

Christ €^t , dit-on , sorti des ombres de ia tombe ; Mais toi qui Tas promis, voici.le jour qui tombe , Toi qui pendant trente ans debout as combattu , France, percée au flanc , rcssusciteras-tu?

Te verrons-nous un jour, 6 nçiné enseviclie Que les rois font garder et que le monde oublie , T'éveiller, et, trouant ton sépulcre du front. Secouant du linceul la poussière et l'affront, Jetant autour de toi des dartés solennelles.

Et terrassant d'eÉiroi tes pAles sentinelles , Qui toutes cacheront leur face avec remords , Crier : — le suis le Christ sorti d'entre les morts.!

Ce joui sera le jour des Piques populaires.

Chassés comme 1|bl paille au vent de nos colères , Les pouvoirs dispersés s'en iront en lambeaux , Les cachots effrayés rouvriront leurs tombeâni , Les centeniers confus frapperont leur^ poitrines , Les trônes écroulés ne feront que ruines , Et les peuples louant Dieu qui les appuya , Libres , battant des mains , diront : — Alléluia !

Jésus fui donc auaché à la croix.

C*était le supplice des vaincus et des esclaves: les citoyens romains ne pouvaient» en aucun cas, y être soumis.

lésas étantvenu détruire dans le mondet*es»

clavage avec tous ses signes devait le traverser d*un bout à rautre, de la crèche à la croix.

Sa mort, par cela même qu'elle était forcée, fut une condamnation et une protestation muette.

11 a vaincu la mort par la mort, et Tesclavage par l'esclavage.

|1 a vaincu le plus monstrueux de tous \e^ eftolav^ges, celui 4u supplice, on élan; Imît mdmd suppifciéi

ffit OU mi t9 QTQlx renverierfi h guillQiinoi

Cthil qui louffra làmoign» oontfe hi Muf»

frapce, cl celui qui meurt contre Id peine de wort,

Dieu a voulu que le contre-poison au mal fût dans le mal lui*m6me.

La Passion de Jésus fut une rédemption, C*e$t-à-dire un rachat.

Les peuples s^étaient vendus u la domina« tion d'un maître :

Jésus mourant les racheta.

Or, si le prix de Tesclavage est Tor, la monnaie qui abolit Tesclavage est du sang.

La mort de Jésus fut une œuvre de liberté, êoka mundi.

Prenez donc courage et respirez avec orgueil, vous qui souffrez la grande Passion des peuples! Votre misère, votre servitude, votre mort même sont le travail nécessaire pour ar« river à l'état de gloire.

Vous êtes les chrysalides de la grande ré* aurrection humaine, '

Et la résurrection de Tesclavage c'est la U« berté f

Et la résurrection de la misère c'est l'abondance!

Et la résurrection de la mort c'est la vie!

Jésus a tué la mort, la misère et l'esdavage en subissant^ en souffrant et en mourant,

Chrétiens » ne rougiissez donc plus du $iguo de votre foi,

Car Tarbre de la croix planté sur le Calvaire est le grand arbre de la liberté.

. Prêtres, soyez fiers de ce signe rédempteur ! seulement, au lieu de tourner, dans vos processions, la face de la croix en arrière comme pour lui faire regarder le passé, touraez-la en ftvani, vers Tavenir.

Jésus fut crucifié entre deux voleurs,

II avait passé sa vie parmi des publicains, des condamnés du vieux monde : il devait la finir avec eux.

Toutes les réprobations devaient se ramas* ser sur ce bouc-émissaire pour qu*il les effaçât ensuite dans sa gloire.

Et puis les gouvernements n'y régardent pas de si près: ils jof font f^'^"»<î ïr^ mémo p'^iron, au

fond d*unecav6 obscure çt pêle-mêle» les SLCCUh ses politiques avec le^ forçats, les voleurs et lestiltësV- -. . ,- ^

Ils attachent au même bois le Christ et le larron.

Cependant les magistrats , les princes, des prêtres, 1^ scribes, les anciens du peuple, les docteurs sentant Jésus prisetjliédanà leur vengeancê, parient devanlsa croix avec desrirei:

Vc'lf k vôulà délivrer lés autres, dîsâ^ent-ils, « et ils ne peut se délivrer lui-même! »

Profondes paroles qui révèlent bien la pensée amère de leur cœur.

C'était donc bien du crime de soulèvement qu'on Taccusaii, c'éjajt donc bien pour )a li«* berté du peuple que mourait Jésus.

Il avait voulu détacher l'hMmanité de cette croix d'angoisses et de misères à laquelle elle pendait depuis quatre mille ans, et c*est pour ce crime qu'on Ty attachait lui-mêmei

— Elle â voulu sauver, les autres peuplies, disent en passant maintenant devant là France couronnée d'épinescl élevée en croix lés prîiices de la terre ;

'— Elfe\a voulu délivrer le monde de la sorvitude de Tignorance, disent les princes des prêtrea en passant devant la France muette et

là bouche bâillonnéd par une éponge trempée

'^ Elle a voulu émaii^fçipjer l^s autres na- ^(^nSy gisent lç3 rpjs yoisios ei^ 6%f|?n( devant ^ F];ançe clpu^e par le$^ Ijnaiiij^ ^\ \e^ fK^^^ ^u poteau infâme 4e la paix:

Qu'elle se 'délivre maintenaat elle-même, ^ elle peut, du joug et dusuppV.^^ W^ Tacca-

Et ils ricai^ent çt ^lasjpbèimept ça ^i^apUnt la tète.

Ç^Çpyda^ntpn jelies^sy^iem^^^ soldats

wvff^\e^en ï^ur dJ^^^ d€^ 4Ç % l)?.îiager, on

tunique que naguère toutes les prçvinces de la tetre voulaient toucher et dçnt il sortais des

I?. cation Ç':V,Ç,'îB«8 Ç5),u88ç, bien en^r« de

int:

« Cli, Eli lamma ^nbaciani! »

Mai^s^à chaçunde ces cris, Téponge amèçç de la censure ou de La corcuplion s'approche de ses lèvres mourantes;

On éiçint ses nol))çs çroicsiniions <}an$ le

Car on a peur qu'Éli, c'est-à-dire la Liberté, ne vienne pour la délivrer.

Or la mère de Jésus et la sœur de sa' mèrêy Uarîe» femme deCléopbas, et Marie-Madeleine ^e tenaient auprès de la croix. ^

Voilà donc ce qui était resté à ce nouveau pasteur de tout son troupeau dispersé^ trois pauvres femmes» trois brebis tremblantes et affligées dont une avait été une brebis' peir* due!

11 y avait aussi quelques autres femmes, à dislance, qui regardaient et qui pleuraient. '

C'étaient de ces femmes qui tout le long de la Galilée suivaient Jésus et qui Tassistfiient de leurs soins.

Suivre Jésus c'était suivre un chef errant de Bohémiens qui marchaient au soleil parlés lieux sauvages; c'était se dévouer à la sueur, à la faim et la soif; c'était dormir la nuit sur une pierre et n'avoir souvent à manger que les épis cueillis sur le bord du che:.iin.

11 y avait encore beaucoup de femmes qui étaient montées de Jérusalem avec lui, Taccompagnant de loin et versant des larmes.

La doctrine du Christ s'adressail surtout aux femmes, qui étaient les vaincues et les esclaves de l'ancienne alliance sociale, aux femmes,

êtres faibles et débiles de corps qui sitlep'daient lear délivrance de l'esprit !

Elles furent aussi les premières à recevoir ]a bonne nouvelle de liberté que Jésus semait' par les villes et les campagnes.

Jolies le suivaient et elles l'aimaient.

Quand les disciples, saisis de terreur, eu»

r0nt pris la fuite , elles restèrent autour de Jésug, de cette victime souffrante dans lp« quelle les princes et les anciens du peuple frappaient la partie femelle, humiliéci d^b|lQ (1^ la 3Qçiété.

L'esclavage entier du vieux monde, esclavage dupublicain, du bâtard, du pauvre, du lépreux, du malade, de l'enfant, de l'aliéné» enfin de tout ce qui était en soumission et en tutelle, pendait dans la personne de Jésu3 au gibet du Calvaire.

Or, du haut de cet instrument de servitude et d'ignominie, Jésus mourant abaissa encore un dernier regard sur la plus grande souffrance qu'il pût trouver au monde, sur la femme»

a Jésus donc voyant sa mère, et auprès d'elle « le disciple qu'il aimait (car Jean, nature tenc( dre et amoureuse, était resté avec les saintes ff femmes), il dit à sa mère : Mère, voilà votrQ « fils!

« Et au disciple : Fils, voilà voire mère! »

■IL.y a ici deuxgrançls c|ogmes qqi p'ont pas été compris^ la réintégration de la fepme et Tuniversaliié de la famille.

Dans Marieétaient figurée^ dans ce mon^eijtlà toutes les femmes.

Dans Jean, avouent les Pèrçs de rÉglise» était reyprésentée en ce moment-là Thumanité.

Tous les hommes n'ont donc qu'une mère.

Cette mère est Marie, c'est-à-dire la Fenimé, créature souffrante et sublimîe qui enfaiite dans la douleur:

Marie, c'est-à-dire celle qui ^ l*âme pleine 4e la grande amertuni|e , fiaria id e$f àrMriiih dîne ptena ;

Marie, celle qui a t)u avec le Christ au calice de fiel, et c'est pour cela qu'elle est la mère, ecce mater tua.

Il paraît bien que Jean comprit ainsi le seds des derniers mots de Jésus ^' puisqu'il reçut aussitôt chez lui Marie en communauté de biens , in sua.

Les dernières volontés de ce Dieu mourant ont été pour la femme, poor sa commqnauté

de biens ^vôo Thomme, poiir H réiruéffraifoq pAr les \\\m f ii^limei ia U mn\m\Ut

— 3ii —

k^êt la tète, ifieé^inèJts ëi lAès ëebuir^^ rèlévêt yfoiie pisidTre cœur abattu et découragé par la se^itudé i

C'est ters tous que la société mourante tMrhe, ^ar lés yéut du Christ , ses dernier^ regards.

Relève^'toi y fiélÉimè! tu à*es plus resclatéd^ rbéÉbihè. tu efi es la îiîère!

Ceci (c'est-à-dire la réhabilitation delà fèmnllé au^ {X)itii dé vdé de la rtiatèrnlté) étant fait> Jésos^Cbrist trouva qu'il avait consommé ÈOa œétfé y cùfismhmatiùn est.

XioHj àjratil (yoùsséun grand cri, il éitpira.

f oûté ëèttè PKséioâr dir Christ fious figure U grande Passtotif des péripteâ;

Sa mort est \9 rhUil d'un rnolide.

£n ce tempâ^là lès ténèfereis du douté ï'étèndront de même suï* la face de la terre.

La Liberté, mère da peuple, demeurera de-* bout près de son fils sur le Calvaire.

En ce temps -là il y aura également des femmes fortes, d'anciennes pécheresses, des épouses ayant quitté leur mari, comme Madeleine ou Jeanne de Ghusa, qui se tiendront au pied de la croix des peuples ,

Et le peuple en croix les regardera

Et il dira : Hommes, voici vos mères! mères^ voici vos fils !

Hommes, prenez-les en communauté de biens avec vous !

Ceci fait, la femme relevée et reconstituée dans ses droits, le graiîd lamma êolntctani dee peuples arrivera ;

L^humanité poussera un cri.

Ce cri sera celui d'une nation qu'on égorge Ou d'une révolution qu'on tue;

Ce sera ce cri qu'on entenditdans les plaines de Waterloo quand TEmpire mourut;

Gesera ce cri qu'on entendit daris les plaines de Praga et aux environs quand la Pologne' tomba i

Ce sera ce cri que pousse en ce moment l'Egypte sous le canon de l'Angleterre;

Et ayant poussé son grand cri l'humanité baisserai» tête, comme pour mouriri

Àiors ie voile des anciennes croyances se décbirera depuis le haut jusqu*en bas, le 90I des anciennes institutions tremblera sous les pieds des peuple»» les pierres qui servent de base à Tancicn édifice de la société se fen* dront ;

Ces tombeaux civiles où la société tient les captifs sous les scellés desa justice s*ouvriroQt ; les corps de plusieurs qui étaient morts ressusciteront à la société;

Tous ces cadavres vivant se promèneront dans la nuit; les revenants, échappés du tom«beau des bagnes ou des prisons , traîneront comme des spectres leurs chaînes par la ville*

Lecentenier alors et ceux qui gardaient le peuple avec lui voyant le tremblement de terre de la société et tout ce qui se sera passé seront saisis de frayeur et frapperont leur poitrine en disant : Ce peuple que nous avons crucifié était vraiment le peuple de Dieu. .

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Cependant ni la haine ni la surveillance dés maîtres Ju monde nès*endormira.

Noas noos souvenons, dirom-tls, que te peuple a promis de ressusciter lé troisième jour ;

Il a promis de détruire ei de rebâtir le temple du corps social :

Prenons garde qu'on ne Tenlève ao tombeau où nous Tavons placé.

Et ces maîtres pusillanimes qui ont peur d*an cadavre mettront des sentinelles à l'en* totir pour le garder,

£t ils rouleront une grande pierre àTentrée de la ville où ils veulent ensevelir le peuple.

Et ils scelleront cette pierre dans le roc^

Et ils Tentoureront de remparts et de bastilles, ,

Et ils diront : Nous verrons maintenant, ô peuple, si tu ressusciteras .*

« Le premier jour de la semaine, Marie-Ma- « delpine vint dès le.nçiatin au sépulcre, lors- (( qu'il fais£(it encore sombre, et elle vit que « la pierre avait été ôtée du sépulcre.

« Elle courut donc et vint trouver Simon- « Pierre et cet autre disciple que Jé$us aimait, <r et leur dit : Ils ont enlevé du sépulcre le Sei- « gneur, et nous ne savons où ils Tout mis.

« Pierre sortit et cet autre disciple au3$i, «et a ils s'en allèrent au sépulcre.

« Ils couraient Tun et l'autre ensemble; u jxk^fs cet autre disciple courut plus vite que « Pierre et arriva le premier au sépulcre ;

« 1^1, ^'^étant baissé, il vit les linceuls qui « étaient à terre, inais il n'entra point.

«Simon-pierre, qui le suivait, arriva ena suite, et, entrant dans le sépulcre, il vit les <( linceuls posés à terre,

<( Et le suaire qu'on avait mis sur sa tète, « le(][uel n'était pus avec les linceuls, çiais « plié en un lieu à part.

(i Alors donc cet autre disciple, quîétaitar- « riyéle premier au sépulcre, y entra aussi, et fï il vit, et il crut;

Car W né s^vgiii; pas encore ce que T^crj^

fr (ur^enioigne, qu'il fftiiBit qu*)| rwmiçitdt

« 4'e()fr§ ie§ mord) «

Cette résurrection da Christ est l'image de la grande résurrection des peuples. '

Quels seront ceux qui en recevront les pre^ iniers la bonne nouvelle?

Ce seron t les femmes ;

Ce seront les mieux aimants; ce seront ces fils de Jean qui, soutenus par le cœur coramo par des ailes, courront le plus vile en avant de l'I^umanité;

Ce seront les souffrants, tous ceux qui seront restés, sur le Calvaire, au pied de la croi)( des peuples.

Or, pendant la nuit, un vaste tremblement de terre aura eu lieu dans la société.

Le tombeau qui contenait le cadavre du peuple se sera ouvert.

lOL pierre qui scellait ce tombeau aura été renversée.

Les gardes qui veillaient à l'entour, voyant une grande clarté et un grand fracas,

Voyant le peuple ressuscité qui sort.

En seront si frappés de terreur qu'ils tomberont tous la face contre * terre, comme morts,

Et les pierres taillées dans le roc, les bastilles, les ceintures de murailles et tous ces monuments dont les maîtres du moiide ç'é^

talent entourés pour se défendre contre la ré-* aurrection des peuples

Tomberont et laisseront passage au Fils de Dieu;

Alors les malheureux viendront et regarde^ ront avec stupeur dans le sépulcre ;

Us trouveront les linges et le suaire danâ lesquels on avait mis le Crucifié,

Us verront dispersés à terre les haillons dans lesquels Thumanité morte étalait sa mi« ^èreet son deuil ,

Mais ils ne retrouveront plus son cadavre.

Ce sera le jour de la grande joie et dq grand aUehUa des peuples*

Réjouissez- vous par avance dans celle foi vous qui souffrez !

Vous répétez en ce moment la Passion et la mort du Fils de Tbommie ; tous répéterez un jour sa résurrection.

Christ a passé par la douleur ; Thumanité y passe;

Christ a passé par la gloire : Thumanité y passera.

Vous qui avez faim, vous qui avez soif ^ >

Vous qui êtes retenus à rbôpiial w en prison,

Vous qui souffrez du froid et de la nudité,

Vous qui manquez de gtte et qui couchez la nuit sous les arches (Jles ppnts»

Allégresse et bonne nouvelle à you^, iQes frèfes et mes 8(]bursl

Car, comme le Christ, en sortant du tQQ)beauy a ressuscité tous ses ntiem^tres, même les plus petits et les plus blessés, ainsi Thu* manilé regénérée ressuscitera tous les malades nécessiteux, prisonniers, hommes sans ayeu et sans gîte, membres frappés de <^ou- )eiur, enfants (i^bérités de la gra^d^e fanatise!

Oh ! ce sera un beau jour que ceLÛi-l^!.

priez, ffères^ pour que ce joi^r advienne l^ientôt « et pour que les tristes jours d<e Té* « preuve et de l'attente soient abr^gjçs!; »

^J8Se>

A qui Jéisus ressuscité se révéla^l-ll en premier? A unefcmme, •

-» \ vr»'

<c H^is Itàriè^Hàdéleine demeiurait dehors, pleuroftt SuJ^rôs Su sépulcre; et pendant

qu'elle pleurait, s*é(ant baissée pour regar^ dex dans le sépulcre ,

a Elle vit deux anges vêtus de blanc y assis au lieu où Ton avait mis le corps de Jésus, l'un à la tête , Tautre aux pieds ,

« Qui lui dirent : — Femme, pourquoi pleurez-vous? — C'est, dit-elle, parce que l'on a enlevé mon Seigneur et que je ne sais où on Ta mis.

« Ayant dit ces paroles elle regarda derrière elle, et vit Jésus qui était là présent, sans savoir que ce fût lui.

« Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleurezvous?qui cherchez-vous?... Croyant quec'était le jardinier, Marie -Madeleine lai dit : Seigneur, si c'est vous qui l'avez ôté, dites-moi où vous l'avez mis, ei je remporterai.

u Jésus lui dit: Marie! etetle.ser.etournanr, JUji dit : Raffbpni, ç'esi,-à-dir^.i;)aaitljrç.

« Jésus lui dit : I)îe me touchiez ppint, car je ne suis pas encore monté à mon Père; mais allez ver3 mes. frères 91 leur dites que je ii^'cn vais monler à mon Porc et à voue Père,. à mon Diew et à votre Dieu.

<v Marie-Madeleine vint donc annoncer aux disciptes qu'elle avait vu te Seighéiïr et ce qu'il lui avait dît. )»

C*6St également la femme qui recevra la première cette bonne nouvelle de la résurreO" tien des peuples,

IDt quelles femmes parmi les femmes? Les Marie -Madeleine, les courtisanes, les pépberesseSy toutes les grandes converties qui auront beaucoup souffert et beaucoup aimé.

Toutes celles qui se trouvent en dehors de )a société pleurant et qui se baissent de temps en temps pour regarder dans le sépulcre

Afin de voir si le cadavre du peuple cruci- Qé et mis à mort ne remue pas.

Alors le Christ, ressuscité une seconde fois dans le corps universel et glorieux de l'huma* pité, lui apparaîtra,

ff Ne me touchez point !j» disait Jésus à Ha« deleine parce qu'il se sentait encore trop près des souillures de Tancienne vie et de l'escla* vage de la mort.

.La femme, désormais libre et régéuérce, ne doit plus toucher que Thumanité glorieuse et remontée à son Père.

En chargeant Madeleine d'annoncer sa résurrection aux disciples Jésus commence dans la personne de cette pécheresse la mission et le grand apostolat de la femme, qui sera d'an«

Doncer au monde la résurrection de Thuma'^ Dite.

Quoique sorti d'entre les morts et tout près? de la gloire 9 Jésus appelle encore ses disciples mes frères, pour témoigner qu'il entend maintenir jusqu'au bout la sainte loi invariable de régal itô et de la fraternité.

Frères ! tel est le premier mot qui sortira 4e la bouche des peuples régénérés.

Cette égalité consiste dans l'union.

L'humanité, ne faisant plus qu'une famille, entre avec Jésus-Christ en participation ùu môme Père et du même Dieu , Patrem meum 0t patrem vestrum, Deum meum et Demi ve^rmn^

« Le soir de ce même jour, qui était le pre« mier de la semaine, étant venu, et les porteâ du lieu où les disciples étaient assen^blés étant femées parce qu'ils craignaient les Juifs y Jé«

sus vint et se tint au milieu d'eux et leur dit : La paix soit avec vous.

<c Après avoir dit ces paroles il leur montra ses mains et son côté, et les disciples ayant vu le Seigneur furent remplis de joie.

«r II leur dit une seconde fois : La paix soit avec vous ! »

Tel sera y en effet , le premier fruit de la résurrection du Pèuple-^hrist, la paix.

Après la grande guerre contre la tyrannie où il aura eu les mains et le c6té percés , il se reposera dans Tunion et dans la liberté avec le càliÂe de la béatitude.

« Gotnme mon Père m'a envoyé, ajouta Jésus, je vous envoie aussi de môme. » '

11 y aura un peuple missionnaire de la civilisation, envoyé au monde pour y annoncer la bonne nouvelle de la délivrance, un peuple évangélique et initiateur qui marchera à la tête du troupeau des peuples comme Jésus à la tête de ses disciples.

€ Ayant dit ces paroles Jésus souffla sur.eux ^ et leur dit : Recevez l'Esprit saint. » •

Ceue In^uffl^tjow de VEsprit m wwe fm«g«

0« soufflo eit Id grand twfUi,^ oiviliMMur (|ui fentmtlotti lés mesibréf dd rb^mànltsy

Ce .souffle es^ la communication de riotel« lîge'nce et de Tamour établie entre tous les peuples.

c Les péchés seront pardonnes à ceux à qui « vous les remettrez y et ils seront retenus à « ceux à qui vous les retiendrez. »

.Noms avons longuement expliqué ailleurs la valeur, le sens et la portée de cette remis-» çipn : riiumanité est investie par le Christ du droit d'effacer le mal de dessus les actions ou les inOrmités des hommes;

Elle a le droit de dire, ua jour, aux fous % 9UX estropiés^ aux lépreux, aux pauvres qu'on regardait, dans l'ancien temps, comme des coupables et des réprouvés de Dieu ;

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