‹ L'Evangile et l'Apocalypse de PierreChapitre 8 sur 19 · Cf. aussi Mc. 5, 30; Le · texte numérisé non relu

Cf. aussi Mc. 5, 30; Le

tant du tombeau avec le Ressuscité : les spéculations sur la croix étaient courantes chez les gnostiques ; mais de là elles pénétrèrent dans la littérature apocryphe qui flotte à la limite entre l’hérésie et l'orthodoxie !.

Notre évangile n'a, en tous cas, mis aucune rigueur dans son docétisme : si, d'une part, il semble incliner à l’impassibilité de Christ (cette tendance perce dans la phrase à double entente : ὡς μηδένα πόνον ἔχων 10 ?), il insiste d'autre part sur les tortures physiques infligées à Jésus; s’il évite d'employer le mot de mort en parlant de la fin du Seigneur, et se sert de l'expression ce Jésus, abandonné par sa « puissance » n'est « il fut enlevé ? », il indique par là-même que

4. Les Valentiniens disaient que le Horus planait sous la forme d’une croix au-dessus du Crucifié. Cf. Acéa Petri, Lipsius et Bonnet : texte G—V 90, 20-92, 16; 94, 3-96, 13; L (forme plus ecclésiastique) 18, 4-25; 14, 13-15, 4; 15, 15-18, 11. Et même, au dire de Gennadius (V. ill. 34 al. 35), Eusèbe a écrit de crucis domini mysterio el apostolorum praecipueque Petri constantia virlute crucis indepta (Zahn, 11, 847).

2. L'expression a pu étre tirée d'És. 53, 4: «al ἡμεὶς ἐλογισάμεθα αὐτὸν εἶναι ἐν πόνῳ χαὶ ἐν πληγῇ καί ἐν κακώσει (Zahn, Ν. K.Z., 112).

3. Ce qui veut dire sans doute simplement : son esprit fut enlevé. Il faudrait admettre sans cela que l'auteur ἃ cru à l'existence de trois Christs, la δύναμις, le Christ enlevé au ciel et le « Seigneur » descendu aux enfers. A rapprocher peut-être l'emploi du mot ἀνάληψις dans l'ouvrage apocryphe, ἀνάληψις Muÿséus : à en juger par le titre, il devait

pas pour lui, comme pour les Docètes, un simple corps charnel, mais bien le Seigneur luimême ; et, en effet, c’est le Seigneur auquel on arrache les clous des mains, qui, déposé sur Île sol, provoque un tremblement de terre; c'est lui que Joseph reçoit, qu’il enveloppe d’un linceul et qu’il met au tombeau. Dans le récit de la résurrection, même incertitude : d’une part, l’auteur attribue au Ressuscité un corps démesuré, fantastique, comme celui des anges qui viennent le chercher; par là il se rapproche des opinions gnostiques qui prètaient à Christ un corps céleste !, et compromet la réalité de la résurrection ; mais, d'autre part, une de ses préoccupations dominantes est d'établir l'historicité matérielle de l'événement : point assez secondaire sans doute aux yeux des Docètes ; car ils estimaient que c'était l’homme Jésus et non le vrai Christ qui était ressuscité. Pour notre évangéliste, au contraire, c’est bien le Seigneur luimême qui s’est levé d’entre les morts et s’en est allé là d'où il avait été envoyé.

L'auteur paraît, cn somme, avoir professé ce docétisme naïf qui, malgré les corrections ulté-

renfermer un récit de l'enlèvement de Moïse et, d'autre part, nous savons qu'on y lisait que le diable et l'archange Michel se disputèrent son corps (Jude 9).

Page 1