‹ L'Évangile et l'égliseChapitre 4 sur 87 · INT1H1DI CIION XXIII · texte numérisé non relu

INT1H1DI CIION XXIII

n Le iccs des choses sont tmmuabii

disait la vieille philosophie, en considérant les types éternels des réalités contingentes. i-iliu.'i une telle essence au christianisme, il faut le transformer lui-même en entité métaphysique, en essence logique, en quelque chose dé pareil » la notion Bcolaatique tic l'espèce, que certains théologiens nient encore de corrompre en admetl'idée d'évolution. M. Hamack semblé craindre aussi que son essence du christianisme ne fut gâtée, s'il y introduisait l'idée de vie, de mouvement el île développement.

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dan> './, VI. 21 mara 1897), pp.

INTRODUCTION

il se défie cependant des essences abstraite*, et il s'est bien gardé, (ont en disant que le

christianisme set la religion absolue, ce qaj est un propos hégélien, de donner une dclinition théorique de la religion, qui aurait été, par la nu'-ine, la définition <lu christianisme. Il a mis l'essence du christianisme dans un sentiment : la confiance liliale en Dieu, le Père miséricordieux. Là serait toute la religion et tout le christianisme. L'identité de ce sentiment dans Jésus et dans les chrétiens rerail ta continuité de la religion et l'immutabilité de son essence.

Mais cette essence, dans l'exiguïté de Bec proportions, est-elle vraiment immuable, et pourquoi faudrait-il qu'elle le fût? La miséricorde divine a-t-elle été comprise tout à l'ail de la même façon par les apôtres el par M. Harnack? Les apôtres se faisaient du monde et aussi de Dieu, conséquemment de sa miséricorde, une idée assez différente de celle qu'insinue la péroraison de / du christianisme. Or le sentiment n'est pat

INTHliM Cl IOS

un 1 1'- 1 > i • 1 1 < 1 . 1 1 1 1 «le l'idée ; si l'idée changes '« forme du sentiment changera aussi, bîenque le sentiment reBle le même- par sa direction, l'on peut dire par l'esprit qui le soutient El si l'identité de direction et l'impulsion qui vient du Chris! fonl sur ce point (•<■ qu'on appelle l'immutabilité du christianisme, pourquoi ne la feraient-elles pas bot d'auti points? Pourquoi pus eo ce qui concerne l'espérance du royaume éternel, queJéBitsa prêchée constamment, et que l'Eglise chrétienne ii a jamais laisse perdre.' Pourquoi

. en ce qui conoerni la mission des apôl ehnrgés de propager cette espérance 1! Pourquoi pas in ce qui concerne le Christ lui môme, dont le rôle messianique appartient à l'Évangile primitif et n de remplir

la pensée de l'Eglise depuis le commen* cément? Pourquoi pas en ce qui concerna les divei - Ihèmes de l'en raenl évnnj

lîque, donl aucun n'a éié regardé comme accessoire duranl l< - nèclea chrétiens? Po quoi tous ces éléments du christianisme, sous

DDL'Cft *

toutes les formes où ils se sont conservés, ne seraient-ils pas l'essence du christia nisine? Pourquoi ne pas mettre l'essence du christianisme dan? la plénitude et la totalité de sa vie, qui, par cela même qu'elle est vie. est mouvement et variété, mais en tant que vie procédant d'un principe évidemment liés puissant, a grandi suivant une loi qui affirmait, a chaque progrès, la force initiale de ie qu'on pourrait appeler son essence physique, révélée dans toutes ses manifestations? Pourquoi l'essence de l'arbre devrait-elle être censée contenue dans une ioule du germe d'où il est sorti, et pourquoi ne serait-elle pas aussi véritablement et plue pai faitemenl réalisée dans l'arbre que dans la graine? Le procédé d'assimilation par Itquol ■ fait la croissance est-il à regat comme une altération de l'essenc virtuellement contenue dans le germe, al n'esl I pas plutdl la condition indispensable de Bon être, de sa conservation, de son prc grès dans une vie toujours la mêmeetinces sammeut renouvelée ?

INT!tODl. - CTlON

On ne peut condamner L'historien a I der comme essence du christianisme vivant un point oui 9e multiplie sans grandir. Il y aurait plutôt à reprendre la parabole du ■■■'.'■, i n comparant à nue petite semence le christianisme naissant. La graine était petite, car la religion nouvelle était moindre,

par le prestige de l'antiquité, que les vieilles

religions, encore subsistantes, de l'Egypte el

de la Chaldée ; elle était moindre, par la puissance extérieure, que le paganisme grécoromain : elle était moindre, en apparence, que le judaïsme, dont elle se présentait comme une variété sans avenir, puisque le judaïsme la repoussait. Cette semence néanmoins enfermai I en germe l'arbre que nous •ris; elle avait pour sève la charib

I Bsée de vie était dans l'espérance du

royaume; sa force d'expansion dans l'apostolat; son gage de sueci-s dans le saciiliee; comme forme générale, cette religion embryonnaire avait la foi à l'unir el veraineté absolue de Dieu, et, comme forme

IN IIIMill TION

particulière el dialinclive, la foi a la m divine <l<- Jésus, qui lui a valu son nom ne christianisme. Tout cela était dans la petite Bcmem s, el Loul cela était L'essence réelle de la religion chrétienne; tout cela ne demain dail qu'A grandir, a tel point que rein vil encore, après avoir beaucoup grandi.

Quand on veut savoir où cal L'essence du christianisme, il faul regarder ces manil lions vitales qui contiennent la réalité du christianisme, son essence permanente,

innaissable en elles, comme les ii.niprïui ipaux du christianisme primitif aonl

annaissables dans leur développement i i termes particulières el changeantes dece développement, en tant que changeantes, ne pas l'essence du christianisme, mais elles se succèdent, pour ainsi dire, dans on cadre dont les proportions générales, pour Étn variables, ne laissent pas d'être équilîr brées, en sorte que h la figure change, son e pas, m la loi qui gouverne son évolution Ce son! les traits généraux de

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celte figure, les éléments de cette vie et leurs propriétés caractéristiques, qui constituent l'essence du christianisme; el cette essence est immuable comme peut l'être celle d'un vivant, qui est le même tant qu'il vit, el dans la mesure où il vil. L'historien pourra trouver que l'essence du christianisme a été plus ou moins sauvegardée dans les diverses communions chrétiennes; il oe la croira pas compromise par le développe menl des institutions, des croyances el du culte, tant que ce développement sers verné pai les principes qui ont été vérifiés tics U' début. Il ne pensera pas que cette ice ait été réalisée absolument et définitivement :'i un point quelconque des -iècles i qu'elle bo réalise plus ou moins parfaitement depuis le commencement, el qu'elle continuera de se réaliser ainsi, de plus en plus, tant que vivra le ae M. Harnack ne conçoîi pus le christianisme comme une semence qui n grandi,

INTKODIICIÏON

d'abord plante en puissance, puis plant réelle, identique à elle-même depuis le cor mencement de «ou évolatioQ jusqu'à terme actuel, cl depuis la racine jusqu'il sommet de la tige; niais comme un fit mûr, ou plutôt avarié, qu'il faut peler poi arriver jusqu'au noyau incorruptible.

M. Harnack enlève la pelure avec tant persévérance cpi'on peut se demander s'i restera quelque chose à la lin. Cette façon de dépecer un sujet ne convient pas à l'histoire, qui est une science d'observation sur le vif, non de dissection sur le mort. L'analyse historique remarque et dislingue ; elle ne détruit pas ce qu'elle touche; elle ne prend

pas tout mouvement pour un écart, ni tout accroissement pour une déformation. I le n'es! pas en épluchant le christianisme qu'on trouvera la loi de sa vie. In pareil découpage aboutit nécessairement à une théorie particulière, qui peut avoir sa valeur philosophique, mais qui ne compte guère au point do vue positif de l'histoire. Il n'appartient

ISTI i i

s même aux théologiens, si ce n'est

dans un exercice lout personnel de leur

esprit, el à plus forte raison n'appartient-il

•i un critique, de saisir la religion au

de la me lire en moiveaux, d'en

• straire un élément quelconque et de le déclarer unique en disant : « Voilà l'essence du christianisme. » Regardons vivre la religion chrétienne, el en voyant ce donl elle a vécu depuis le commencement, ce par quoi bIIi se soutient, notons les traits principaux

de celle re séculaire, persuadés qu'ils

ne perdent rien de leur réalité ni de leur importance pour se présenter à nous aujourd'hui sous des couleurs qui ne Bont plus celle-- d'autrefois.

En réduisant le christianisme a un seul l. a une seule vérité que la conscience de Jésus aurait perçue et révélée, on protège bien moins qu'on ne croit la religion contre toute attaque, attendu qu'on la prive à peu de lout contact avec la réalité, de tout appui dans l'histoire, et de toute garantie

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IMRODI C.1ÏON

devant la raison. Le Christ qu'on nous pr< sente n'aura eu qu'une seule idée vraie parmi beaucoup de fausses, et celles que l'on regarde comme erronées et de nulle valeur ne sont pas celles donL il a été le moins préoccupé. Si l'on vient à ne pas sentir la vérité unique dont il esl dil révélateur, on n'attendra plus rien de lui. El pour sentir cette vérité incomparable, pour la trouver plus vraie que le reste, seule vraie sans le reste, pour y voir la religion absolue, il no suffit pas delà contempler; il faut une SOrlfl d'entraînement, intellectuel el moral qui prépare à ne voir qu'elle et à s'en contenter.

On dirai! que le Dieu de M. Ilarnaek, chassé du domaine de la nature, chassé aussi de l'histoire en tant qu'elle est matière de fait '■! mouvement d'idées, s'esl réfugie -m les hauteurs de la conscience humaine, el n'est pins aperçu que la, de ceux qui l'aperçoivent encore. Esl-il bien certain qu'on ne puisse le voir d'ailleurs, el que, si on ne h voit pas ailleurs, on le trouve là infaillible-

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oient ? Ne pourrait-il pas, .si l'on ne Faisait effort pour la retenir, ôira chassé aussi bien de ce dernier retranchement et identifié à t la catégorie de l'Idéal ■■ ou à s l'Activité imparfaite aspirant an Pariai* », cas fan-

a de Divinité dont la raison s'amuse quand elle s'est égarée en se cherchant ellemême, el qui d< Boni rien pour la religion?

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