‹ L'Évangile et l'égliseChapitre 46 sur 87 · I.'ÉVANdlI.E F.T l/Élil.lSfC · texte numérisé non relu

I.'ÉVANdlI.E F.T l/Élil.lSfC

sonne et par lui-même. L'historien, comme tel. ne peut apprécier la valeur objective de cette persuasion; le chrétien n'en doutera pas, et même on n'est chrétien que si on l'admet.

Il peut sembler à certains esprits, en qui l'habitude de l'abstraction et du raisonnement a énKiussé le sens des choses et de la vie, que l'espérance du royaume était trop commune, trop Imaginative, trop peu conforme à cequiesl arrivé, pour être digne du Sauveur. N'a-t-on pas déjt vu des savants catholiques insinuer, sinon professer ouvertement, que les premiers chrétieoi pourraient avoir prêté au divin Maître leur illusion apocalyptique, comme si la parouaie, l'avènement du Christ dans la gloire, n'était pa< l'élément essentiel du messianisme, et comme SI le messianisme n'élail pas la seule délinition historique du rôle de Jésus".' Un ne saluait apprécier plus mesquinemi ni un fait qui se présente à l'historien comme la plus grande manifestation de foi qui se soit jamais produite sur la terre

Jésus est mort confiant dans l'avenir de son œuvre et dans son prochain triomphe. Sa eon liante ne provenait pas d'un effort pnt.ii dissimuler l'insuccès présent, pour surmont'

t,E FILS DE DIEU

terreurs de la mort, mais du même sentiment qui ne lui permettait pas de supposer que h» vie divine OUÏ était en lui dût s'évanouir avec son dernier souffle, ni que le royaume fût perdu avec lui, ou qu'il lui lui-même perdu pour le royaume, parce qu'il succombait a. la Iiaine de ses ennemis. Non! le Messie vivrait et k nnaunic \nndrai| '. C'esl en vertu de préoccupations étrangères à la saine philosophie, à la connaissance de l'homme et à ■ • • i i ■ ■ de l'histoire, que l'on cherche dans l'Evangile i I dans la pi'iiséedu Christ la définition abstraite que l'on juge la meilleure pour Lériser sa personne ou sa mission, ou qu'on se scandalise de ne pas trouver dans ne discours la prévision exacte de la Fortune qui était réservée au christianisme. Jésus n'a pasconsi

ni présente son avenir sous des traits qui,

selon la loi de L'humanité, n'appartiennent qu'a la connaissance du passé. Autant que le critique peul en juger d'après les documents les plus eer

tains et les plus clairs de l'histoire êvangclique, le Christ a contemplé et annoncé cel avenir aous tspèces delà foi, les seules convenables pour un tel objet ; il l'a vu et décrit sous le symbole traditionnel de l'espérance Israélite, qu'il s'était

i i \ IMHLE ki L'ÉGLISE

approprié; il i'ci perçu, comme une ligne lumiii.'iis( . dans une seule idée infiniment compH hensive, l'avènement complet et définitif du règne de Dieu. Au point de vue d'une loj réelle, on ne (-nneoit même pus qu'il ail pu choisir un symbole mieux adapté aux condilions de son ministèn < I au Buccès de son message. L'idée messianique du royaume la seule forme vivante sous laquelle il pilt envisager, l'aire pressentir aux autres et assurer lui*

même l'avenir de l'humanité croyante, en

primant racine dans I.- pn'-si-nt.

L'espérance du royaume était donc, dam r Evangile, une idée simple, ou pour mieux dire, eu égard à la foi, une réalité simple. Bile apparaît maintenant, è l'historien c rayant, comme le symboli concret, rudimentaire et indistinct, do ce qui advint ensuite ' la foi à la ré&unt du Christ) à sa présence invisible et permanente qu milieu des siens, à *n glorification éternelle;

le progrès indéfini de l'Evangile dans le i idi

li régénération de l'humanité par le chmtiar nisme; l'anticipation du royaume des cieu* daoi l'Eglise. An | ■ i > î 1 1 1 de vue de la foi, c'él pressentiment certain de ce que l'on voit aujour*

i i in.:- DI DIEU

d'hui, et aussi de ce que l'on ne voit pas, puisque l'aspect que présente U règne fie Dieu, Contemplé de l'éternité, la façon dont se règle, derrière le rideau de ce monde, le compte de la

jlislut .'I île l;i bonté divin*», e Hi.i | i|n-|lt à

L'expérience.

Qu'on as dite pas que Jésus n touché seulement la monnaie de son espoir el que la somme totale De lui I pas été verséi ' Pour la foi il est roi et Dieu dans L'éternité. Autant qu'il nous est donné de pénétrer l'économie des choses de ee imi5i.il-. Jésus vil, dans l'humanité, d'une manière et à un degré qui n'ont été vérifiés pour aucun ôtre humain. Libe

rateili' divin, il est ille iui-méiiie a l)ieu |.ar la VOIS de la douleur el de la mort, sûr de n'être

rompe, quelles que fussent les conditions

..u il plairait au l'ère d'accomplir l'oSUVre pour Laquelle sa vie terrestre avait été sacrifiée, Si

SOO alleule n'es! i. . . I j • ■■.- nvir i i il i linle i|ne pour

la foi, l'historien philosophe n'hésitera pas

cependant il la trouver étonnamment vraie en

en constatant les effets acquis et l'inépuisable

fécondité,

j/èvangii,f. i't l'église

(In suit In place que la mort el la résurrection du Christ tiennent dans l'enseignement sain! Paul : elles constituent pour l'Apôtre 1<" véritable I'"van< n 'ilc du salut. parce (|\i

amené le royaume de Dieu, en procurant a Jésui

l.i gloire messianique et, par .K ; sus, à ses Bdèli l'esprit de Dieu dans la communion au Chrisl glorifié. M. Ilarnack écrit 1 : « On doit tenir pour certain que l'apôtre Paul n'a pas été le premier a mettre en relief l'idée de la mort <li Christ et celle de sa résurrection, mais que, SI Faisant valoir l'une et l'autre, il se plaçait si le inrnii- terrain que In communauté primitive

Peut-être y a-t-il une équivoque dans cette affirmation. La première communauté n'ignr rail pat que le Christ était mort sur la croi\. elle a cru, avant Paul, qu'il était ressus. I niais celle mort <■( cette résurrection poiiv.iirnl donner lieu à des considérations différentes qu'il ne faut Mas attribuer indistinctement al

i i. PUS DE imi.i

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