pp. 1 . m
l'évangile p.t l'éulisiî
iciilier du calholi
latin
Ce caractère particulier du catholicisme a eu pour effet de modifier grandement les traita qui lui sont communs avec le catholicisme oriental. Ainsi, observe M. Ilarnack, le principe de tradition est proclamé par L'Église romaine comme par l'Eglise grecque; mais, quand il gène, on passe outre, et la tradition, c'est le pape. De même l'orthodoxie : « la politique du pape peut la modifier en fait : au moyen d'habiles distinctions, maint dogme changé île sens : des dogmes nouveaux sont établis, la doctrine est, a beaucoup d'égards, devenue arbitraire, » La tradition du culte n'est pM plus réellement immuable que la tradition
doctrinale. Et l'on peut en dire autant di la vie religieuse, l'ancien monaohisme s'étanl ir.-ms Formé au point de devenir, dans de grandes institutions, juste le contraire de ce qu'il était. Cette Église possède, dans son organisation, une
faculté unique de s 'adapter au cours historique des choses : elle reste loujoiirs l'ani ienne Kglii ou du moins eV jours nouvelle '
i. Pp. 159-160.
i.'iim.isi:
M. Harnack n'insiste pas sur <-<-\ir flexibilité de l'Église romaine; il semble y voir un déf.uil plutôt qu'un mérite, ef sans doute il n'en estime pas suflisamrnent l'importance au point de vue de la philosophie générale du christianisme et de son histoire. Mais il est assez piquant île rencontrer un protestant libéral el un savant qui incline a penser que l'Eglise romaine change trop, ou qui est disposé à s'étonner qu'elle change tant et si facilement. Combien d'autres lui reprochent de ne pas changer assez !
Bien qu'on le répète depuis plusieurs siècles, il est difficile de comprendre, si l'on n'y est préparé par une éducation théologique spécial' . ciminent la société du Clirisl était quelque chose de plus invisible et de plus intérieur que l'Eglise romaine, Cette société, comprenant cens
qui adhéraient à l'Évangile de Jésus, nVlail pas
formée de purs esprits qui u'auraienl eu d'autre lien entre eux que la communauté d'un sentiment. Elle n'était pas nombreuse, mais plus on
I l.\ Wi.ll.l-. Kl l.'l.l.l.l.l
la réduirai, plus elle apparaîtra distincte du
monde qui l'entoure. Klle comptait les quelques
fidèles qui persévérèrent jusqu'à la fin el qui n retrouvèrent, après l.i passion, pour former le noyau de la première communauté chrétienne
Groupe Circonscrit, parfaitement reconnais ;aMe lies centralisé aussi et même hiérarchisé dans In plus entière fraternité. Jésus est le centre et le chef, l'autorité incontestée. Les disciples ne
sont DOS autour de lui comme une masse | mi Fuse; parmi eux le Sauveur a distingué les Douze et les a associés lui mé directement
et effectivement, à son ministère; même parmi
les Douze il y en avail un qui étail le premier,
non . . ■ 1 1 J . - 1 . « . -i 1 1 par l.i priorité de s., conversion OU I ardeur de son y.elc, mais par mu- suite île
désignation du Maltire, qui avait été acccpfa dont les suites se fonl sentir encore dans L'hû
toire de II umuuauti' apostolique.
C'était le mu situation de tait,*créée en apparence par les péripéties du ministère galil a mais qui, un certain temps avanl la passion, se des/
sine comme acquise et c te ratifiée par Jl
Pas n est besoin de cbi relier de» programnit 1 : s, des chartes constitutionnelles, des inau-
gurAtîons pompeuses. Jésus pourvoyail i la diffusion (lr ['Evangile dans la présent, et il préparai! ainsi le royaume b •.•un. \i .• mtourage
ni |i- royaume n'étaicnl des réalités invisibles cl impolpabli s, ane sot iété d'aines ; o était une
• lé d hommes qui portail l'Évangile h qui
ut A trenit le rovuume.
L'hpdiitc naquit ••! dura par le développement d'une organisation dont les linéaments fitaiont a dans 1 Evangile. Ce lui une communauté
i rail pour hua [a Foi 6 la I nouvelle ■■
Jésus ressuscité, pour loi [a charité, pour but l.i propagation de la grande ospéranoo, pour Corme de gouvi rni menl ta distinction du & apostolique al des simples disciples. Les Douze i > ■ : 1 1 1 ■ - 1 1 1 une sorte de comité directeur qui ;■ pour chef Simon-Pierre On ne voi( rien encore
qui M'SM-nililc ii 1 iiiliniiiislriition d'une monar-
i Lu La parole du Sauveur : « Que celui ■! entre qui voudra ôtre le premier s6it le
viteur de tous' i», est appliquée h In lettre.
mu iule ne connaît qu'un seul M
ml Seigneur, qui si le Cl el uuoune
L ÉVA.NG1LI: il L ÉGLISE
autorité de domination; la hiérarchie cj trouve est celle du dévouement. Cependant un
pouvoir positif, d'ordre social, appartient lileuii-nt aux iipolivs, celui d'abréger les converti .1 l;i eomimiii.niit-. d'exclure les indignes i ilr maintenir le bon ordre.
Cet état de choses résultait de ce que Jésus avait fait at voulu; car le Sauveur n'avait abandonné la prédication de l'Kvangile aux pr miora venus; il l'avait confiée a ceux qui avaien tout quitté pourlesuivre. Peu importe (pièce pi mier groupe chrétien a eût pi ts encore conscience de former une société distincte du judaïsme; le principe de vie propre, qu'il tient de sa foi ei Jésus, lui a déjà donné subsistance on lui-même sou individualité grandira dans la lutte qu'il
devra soutenir pour s nserver '•! s'étendre.
Pas plus que Jésus les apôtres ne Benfermaii n dans la sphère purement intérieure Lcuractivil tendait à l'organisation d'une société religieuse Et oe n'est pas seulement pluit tard que les inconvénients de l'acti extérieure se firent sentir
l Bvangili de Jésus a son revers dan-. Ii ca tère absolu de s., formule, qui est, a la foia, . "i. faible et la condition de son entrée dans
tir isla
['fi<.i
monde; L'Evangile • ^■■- apôtres ;> son rêvera dans l'explosion d'enthousiasme qui est un élément de n;i force el un phénomène déconcertant pour ceux qui ne croient pas encore : néanmoins, toujours i Evangile vivant) non seulement esprit, mais oorpa dès le commencement.
Dos communautés chrétiennes se fondent parmi les Gentils et deviennent bientôt l'Église, tout » r.iii distincte el même séparée de la Syna gogue. Dans ces communautés, les apôta lev première missionnaires instituent des cold'anciens ou de surveillants, pour lis gouverner comme ils avaient gouverné eux-mêmes ta première communauté de Jérusalem. L'nrgn- : .11 du corps presbyt&ei, L'affirmation de
sis droits, la prééminence de l'évéque dan. I
groupe des anoiens 1 1 dans La communauté, celle de l'évéque de Rome antre les évoquas ne
se dessineront el ni- se foililiep.iil qu'avec le
temps. Beloa le besoin de LVeuvre évangélique. lise devient, aux moments important
qu'elle doit être pour ne pas déchoir el périr,
en i-ni initiant l'Evangile dans sa ruine. Cependant elle ne crée aucune pièce • entielle de sa eonstitution. Un organe qui semblait jusque-la
i i:\ >m,ii i i i i.Ïm.i.im:
rudimentaire ou dfl moindre vigueur prend loi proportions et la consistance que réclame 1 1 nécessite présente il subsiste ensuite dans la forme acquise, sauf les modifie;* l mus accessoires (|ui se produiront, b l'occasion d'autre» développements, pour l'équilibre de Tensemble. i !et équilibre nea'établil pas ordinairemenl nanti quelque travail intérieur qui a tous les caractères d'une cri.se douloureuse. Telle est, en effet, la le loul développement, et I» croissance naturelle des ôtrea vivants connaît de semblables périodes. Ces tiraillements ne prouvent pas que le v i>- dimi*
nne, mais qu'elle est menacée ; quand la crise est finie et que lu puissance de l'être en est augmentée, il faut le louer de sa vitalité, non le bli t d'avoir soufferl ou de n'avoir pas succombé. I/Kjflise peut dire que, pour être, a
toutes tes époques, ce que Jésus a voulu que
fui l.i société île ses amis, elle a dû être M
qu'elle n été ; i ar elle a été ce qu\ ll< besoin d'être pour sauver l'Evangile en se sau- \ani. elle-même.
Les premières communautés n'aura ienl pu
'I r s. m-, l'organisation rudimentaire qui leui
fut donnée par leurs fondateurs. I.e collège
presbytéraJ mainteiiail l'ordre dans les réunions l.-i pais entre lee frères; il assurait le service des aumône . 1 1 les relations avec le dehors. De même i|in les disciple* di Jésus avaient formé société, al que le royaume des cieus était conçu comme
Bon comme une eoalit le fervents
cl parfaits individualistes, les communautés chrétiennes formaient naturellement des bocî
. . elles n\ nient besoin de I élémenl i:iiiis>.'i-miIimii' de toute société, l'autorité. Quand il te produisit dons les Églises, ol ce fut dettes 1 >< . 1 1 1 1 »- heure, des ukium-iiu'iiIs iI'hI.h-s, des tendances plus du moins aocus ses '■! plus ou moins
rgentes, dee difficultés intérieures et rieures plus ou moins considérables, le nécessité
d'un pouvoir (lui^c.Mil sr li( l'nc plus pivs
santé, et il fallut que la communauté Uni tète a
tous tes périls par le yen d'une pai Cette unité
il esl certain que le christianisme el l'Evan gîlo auraient sombré dans la crise gnosti tans l'opposition que SI nu débordement des ios l'épiscopat monar< nique i Termit
itivemi nt dans cette lui i • S< pie I Église esl aussi oéce saire a I Évangile que l'Evangile esl néeessaire a l'Eglise,
lia
I V.V.Wi.U.I' F.T I.'tiGLISE
cl que les deux De l'ont qu'un dans la réalité, OOmme l'Evangile et le groupe des croyants ne faisaient qu'un pendant le ministère de .1
Il n'y a sans doute qu'un jeu d'espril !
froid dans la réflexion sur " la médiocrité a qoj a fondu l'autorité ■•, Les chrétiens de Lyon au temps d'Irénée, ceux d'Afrique au temps de TerLullien étaient-ils bien inférieurs aux fidèles de Corinthe que Ton apprend à connaître dans les Epities de Paul? La diminution des charismes primitifs prouve-t-elle que la foi réi U
Fût ins forte, et devra-t-on regretter qu<-
['Eglise entière n'ait pas donné dans le montanisini' ? Même quand il sagil de religion, les accès de lièvre ne sont pas la condition normale de la \ te.
En même temps que l'épiscopat grandit, la prépondérance de l'Église romaine se manifeste, M. Harnack lui-même l'a fort bien moin dans son Histoire des dogmes 1 . Cette K^lise mi un rôle considérable dans le combat contre le gnosticisme : les principaux docteurs de
rinrenl i Rome comme au point central
l'église
du christianisme, où il importait le plus de faire agréer leurs doctrines; ils y furent successivement condamnés. Mais ce n'est point seulement par là que la communauté romaine fipparail dans sa qualité d'Eglise principale. Chaque Eglise particulière avait le sentiment et même le souci de l'unité g< nerale : elle se gardait dans cette unité en en surveillant la conservation autour d'elle. 11 y fallait cependant un centre
qui rapportât, en quelque sorte, l'effort de la tendance universelle et garantit le concert des Eglises <-n !.■ rendant tisible ei régulier, Ce
point de rencontre, ce chef-lieu de l'unité ecclésiastique était indiqué à la fois par les plus grands souvenirs chrétiens cl par la situation
politique de l'empire. C'esl incontestablement à son rang de capitale que Rome dut d'attirer à elle les deux personnages les pins importants de
l'Église apostolique. Pienv et Paul y sont toun
deux irenus; mais quel que fut le prestige de Pau),
■ ■lui du prince des apôtres est demeuré plus
grand dans le souvenir traditionnel <>u hono rail, leur mémoire ci l'un gardait leurs tombeaux. Parmi les anciens qui gouvernaient la communauté ver* la lin du premier siècle, beaucoup les
i i ■■ \m.ii. : i i i.i.l.isi-:
avaient connus et avaient le souvenir tout rempli do leur martvre. Cinquante ans plus
lard, quand [renée vint à Rome, on v trouvait
certainement encore des croyants qui avaient été disciples de leurs disciples, et l'on montrait une liste d'éréques remontant jusqu'à Lin, le premii r, celui qui avait pris le gouvernement de l'Eglise romaine après la morl de Pierre.
Los critiques "^t observé que l'évoque de Borne, dont le rôle prendra tant df relief avant
la lin du Second sied'-. i>>- s<- distingue pas
nettement du corps des anciens, ■.• la Bn du premier, el que l'épiscopat unitaire s'est constitué plus tard e - 1 . i • ■ m t qu'en Orient
L'importance mémo do la communauté, qui a dû se partager do bonne heure en plusieurs groupes, s pu contribuer B maintenir plus longtemps la prééminence do conseil presbylérel, qui garda toujours b Komi an dessous de ique, une autorité effective plus grande, semble-t-il, que dans les autres Églises. Il n'y «-•il avait sans doute pas moins. «1rs l'originx i
B oo te ailleurs, dans le i orps des près
. • sorte do président qui est d il
bientôt L'évéque uniqu< L'Epilrc de sainl I I