‹ L'Évangile et l'égliseChapitre 75 sur 87 · Pp · texte numérisé non relu

Pp

l.i: CULTE CATHOLIQUE

Il est vrai que Jésus, au cours de son mine tère, n'a prescrit à ses apôtres ni pratiqué lui-même aucun règlement de culte extérieur qui aurait caractérisa l'Evangile emuiuc religion. n'a paa plus réglé d'avance le culte chrétien qu'il n'a réglé formellement la constitution et les dogmes de l'Eglise. C'est qur.dans I Evangile, te christianisme n était pas encore nue religion existant par elle-même. Il ne se posait pas in face du judaïsme légal : les rites mosaïques, pratiqués par le Sauveur et ses disciples, tenaient lieu d'autre institution et satisfaisaient au lu-snin qu'a toute religion de s'exprimer dans un culte. L'Évangile, comme tel, n'était qu'un mouvement religieux, qui se pro« duisait au sein du judaïsme, pour en réaliser parfaitement les principes e! les espérances. île serait donc chose inconcevable que Jésus, avant sa dernière heure, eût formulé «les prescriptions rituelles. 11 n'a pu y songer qu'à ce nu ment suprême, lorsque l'accomplissement immédiat du règne messianique apparut comme hnpos-

A. LO10Y, — L'Evangile et l'Église. Iî>

i.'év.»

suue «'il lu ..'i i <|n a

mrslérieui dans sa perspective, obtenu par la

nii.ii ilu Messie, resta la dernièi

urne «le Dieu rai I tique m -•! ' Hun k bj mbole du

urne que ■ 1 • « » i ami o r le sacrifice de

-i-il que l'eucharistie, ra jour de su célébratioi plnloi l'abrogation

du culte ancien et 1 ivèn m d) prochain «I» que l'institution d'un nouveau

gard de Jésus n'embrassant pas din m ni l idée 'I une religion nouvelle, d'une Église :i Ibndoi . m:iis toujours l'idée du royaume <l«s eieux •< réaliser.

i le tut l'Église qui -vint au monde et qui se

constitua de plus i d plus, par la II choses, mi dehors du judaïsme. Parla le cl

devint une religion distincte, indépendante et complète; comme religion, il eut besoin d'un culii' et il l'eut. Il l'eut tel < j u < origines lui permettaient ou lui Commandaient

de ii' Ce culte fui d'abord imité «lu ju-

btj i.mi qu'il s'agil des form

•s de la prière, et aussi de ce tains

importants comme le baptême, les onctions

m 'i i.Ti-, i ai iroi.Kji i

d'huile, l'imposition des mains. L'acte oapîtal, le repas eut haristique, était plus spécifiquement chrétien. < !e fut, dans I É plise des ' lentils, le grand mystère, sans lequel on n'aurai! pas trouvé que le christianisme fui une religion p. n Faîte.

Il y avait déjà un culte organisé clan- [es COI» mimantes apostoliques, et la promptitude avec laquelle il se constitua montre bien qu'il répondait a une essité intime, inéluctable, «lu

nouvel établissement. L'impossibilité de gagner ■ 1rs prosélytes ■< une religion sans formes ex té rieurcs et sans actes sanctifiants aurait été absolue : il fallait que le christianisme fût un sous peine de n'exister pas. C'est pouril fut, el dès -i< »n origine, le culte le plus vivant qui se puisse imaginer. Essayons seulement '!'• nous représenter ces baptêmes, l'imposition des mains et les manifestations sensibles de l'esprit divin, cette fraction >1« pain ■•! pas où l'on sentait présent 11- M.iiln- qui venait de quitter la terre, les chants d'actions

rftci qui u volent «les cœurs. le parfois étranges d'un entho qui 'l>l>orde.

N 'est-il pas vrai que, s'il n'y s là aucun*

t.'ÉVAS<;ii.i: ET LÉOtttE

froide el abstraite, il d j b paa non plus de rite qui soit puremeul symbolique si comme l'expression matérielle d'une telle ance ? Tout est vivant, el la foi et les rites, el le baptême <-t la fraction «lu pain : le baptême e'eal l'Esprit, ••! l'eucharistie, o'est le Christ. On ne spécule pas sur le signe, on ne paa d'efficacité physique du sacrement dans le baptême, ni de transsubstantiation dans l eucharistie ; mais ce quoncroil 1 1 ce qu'en <lit

-, .1 presque au delà «le ces assertions llicolo-

giques, Le culte de cet âge primitif pourra il se définir : une sorte de réalisme spirituel qui ne connaît pas de purs symboles el qui est essentiellemenl sacramentel parla place qu'y tient le rite comme véhicule de l'Esprit et moyen de vie divine. Saint Paul cl l'auteur du quatrième Evangile en son! témoins.

La même nécessité qui préside aux origines du culte chrétien a produil Bon accroissement. Le eulte de l'Église apostolique pou> ni! répondre aux besoins essentiels de la société chrétienne dans lous les temps | en sa forme partît al il répondait ans conditions spéciales du christianisme naissant. Comme l'Kglise n'atteignit

Il iLLTE CATHOLIQUE

ji;is du premier coup son développement normal, qu'elle n'n pas cassé de poursuivre, son culte

aussi s'est développé >-i Be développe sous l'influence permanente du principe qui l'a luit aîlre

Ainsi en avail-il été du culte israélile. C'esj par un l'H'ci 'de perspective théologique, et eu point de vue de la foi, que ce oui le est présente dans li's Livre* saints comme os tout homogène, procédant d'une révélation divine qui a réglé jusqu'aux moindres détails de lu liturgie et du costume sacerdotal. Dans la ré) lit< : , Moïse, autant que son pois peut Site saisi

par l'historien, n'a l'ail. tonte proportion gardée,

pour li- culte Israélite, que ce que l'Eglise apostolique a l'ail pour le eull.- ohrétieil : il en a autorisé 00 institué la pratique fondamentale,

le culte de l'are! u labvé, le Dieu d'Israël,

était présent sans image sensible. Tou( le reste de Pappan il cultuel a pu être emprunté avant Moue ou l'a été après lui à d'autres religions, moyennant certains chan qui ont atteint l< plutôt que la forme

îles. Tout en courant le risque do se corrompre par le mélange d'éléments < trangers, le

i.'t:\ ise

culte mosaïque ;i réalisé successivement les

truiisl'irnn. liions que réel un ■ n-nt su conserv.il tOO

oison progrès. Le* Juifs contemporains de la captivité ' i .• • : .1.1 ii-u t des Hébreux compa

g is de Moïse, de Josué. de David, et d

Cananéens qui a'él lient peu à peu assimilés

aux lils d'Israël. Lorsque des -re.upes humains

u mèlenl ainsi, ce oe sont pas seulement les qualités physiques des races qui se confondent, mais les qualités intelU-r ■ i > 1 1 . ■ -. ri mondes, le coutumes, li b traditions. Pins d'un rite cananéen ■< i té canonisé dans le I teutén

le Gode lévitique. Il aurait été tout aussi «liiliriii- de discerner, dans le type juif «lu

v siècle avontnnii én\ les traits venus de

Canaan, que, dans te Pcnlateuque, l'apport de la tradition non israélite. .L'ensemble du culte,

SÏdivenC que lu I la pioven un

un par L'esprit qui le pénétrait, al qu :i de Moïse el des prophètes, par lequel ivait été éliminé ou neutralisé l'esprit delà Ira dîtion païenne.

Ce qui étail ai rivé d ins l'histoire de la reli

gi -Lu ilite '-.i arriva dans i elle du chi

nisme catholique, mais en des conditions diffé-

Page 1