‹ L'Evangile et la sociologieChapitre 5 sur 14 · Conclusions · texte numérisé non relu

Conclusions

Quelle belle sociologie, Messieurs, et combien différente de cette sociologie de méfiance, de guerre, de lutte pour la vie et pour la santé, qu'engendre la science biologique et hygiénique seule.

Dans le dernier chapitre de son Génie du Christianisme, Chateaubriand se demande « quel serait aujourd'hui l'état de la société si le christianisme n'eût point paru sur la terre ». — Aujourd'hui, avec plus d'angoisse (parce que c'est l'hypothèse réalisable de demain, au lieu d'être l'hypothèse irréalisée d'hier), aujourd'hui on peut se demander ce que deviendrait la société si le christianisme disparaissait de la terre et était remplacé par la science seule, par la biologie.

J'ai essayé de vous montrer que, si, ce qu'à Dieu ne plaise, le rêve de certains se réalisait un jour, la terre ne serait plus qu'un vaste champ de bataille, sur lequel l'homme, uniquement préoccupé de son intérêt et de son bonheur ici-bas, ne trouverait que la défaite, le désastre et le malheur.

Tant est vraie cette phrase de votre grand Montesquieu : « Chose admirable ! La religion chrétienne qui ne semble avoir d'objet que la félicité de l'autre vie fait encore notre bonheur dans celle-ci ! »

Fontanes, qui avait inscrit cette phrase en tête de l'article par lequel il annonçait dans le Moniteur la publication du Génie du Christianisme^ Fontanes ajoutait : « Cet ouvrage, longtemps attendu, commencé dans des jours d'oppression et de douleur, paraît quand tous les maux se réparent et quand toutes les persécution? finissent... La religion, dont la majesté s'est accrue par ses souffrances, revient, d'un long exil, dans ses sanctuaires déserts, au milieu de la victoire et de la paix dont elle aff'ermit l'ouvrage... »

A vous, Messieurs des « Semaines sociales » de préparer par vos congrès, vos publications et votre inlassable travail, de préparer l'œuvre, qui, comme le Génie du Christianisme le jour de Pâques 1802, proclamera et saluera l'avènement ou plutôt la résurrection glorieuse, dans notre chère France, d'un nouveau Concordat entre la société et V Evangile, concordat qui supprimera les luttes de classe, — qui remplacera la haine et la méfiance par l'amour et le dévouement mutuels, — qui, loin de combattre la science, lui permettra de prendre tout son développement dans ce qui est son domaine propre, — qui supprimera la rançon de tyrannie et de persécution que le progrès scientifique, livré à luimême, semble exiger, — qui ouvrira enfin l'ère définitive du bonheur social et de la paix, dans la doctrine de Jésus-Christ, à tous les hommes de bonne volonté !

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