‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 109 sur 177 · Luc, I · texte numérisé non relu

Luc, I

Iahvé; et tous admirent « les paroles de grâce 1 », tombées des lèvres du nouveau prophète. La vie publique nous montre cette même grâce, rayonnant de la personne de Jésus, — paroles et gestes, — sur toutes les conditions humaines, sur les Juifs gardiens de

la promesse, mais aussi sur les Samaritains

schismatiques et sur les païens, le centurion de Capharnaüm et le centurion du Calvaire,

sur les gens de bien ou tenus pour tels, mais aussi sur les pécheurs, les pubhcains et les

femmes publiques, sur les riches comme Joseph d’Arimathie, mais aussi et plus sou-

vent sur les pauvres. Personne qui soit exclu du royaume de Dieu, s’il veut répondre à

l'appel qui le prévient. Avec une vivacité particuhère, la plupart des récits et des paraboles qui sont propres à saint Luc révèlent cette intention de faire ressortir l'aspect universaliste et miséricordieux de l’évangile de Jésus.

Lui seul nous a conservé ces joyaux anestimables de la littérature évangéhque, ces pa-

raboles et ces histoires belles comme les plus

beaux récits de la Grèce classique par leur

pureté et leur limpidité, mais d’une intensité et d’une profondeur spirituelles que la Grèce n’a jamais connues : le bon Samaritain, le

f. Lue, IN, 22.

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UN ONL'ÉVANGILE SELON SAINT LUC 13 EEE LUI banquet où les invités se dérobent, « les trois simihtudes de la brebis égarée, de la drachme égarée, de l'enfant égaré.…., entre toutes belles et chères au cœur de l’homme ! », le pauvre Lazare et le mauvais riche, le pharisien et le publicain, les larmes de la pécheresse aux

pieds de Jésus, la conversion de Zachée, le pardon du Christ à ses bourreaux et le repentir du bon larron. On a supposé que saint Luc, avant d'écrire son évangile, l'avait prêché, au

* moins partiellement, et que, dans ce rôle de prédicateur, 1l avait expérimenté comment des paraboles comme celle de l'enfant prodigue, des prières comme le«Mon Père,pardonneleur, car ils ne savent ce qu’ils font », des promesses comme celle de Jésus au larron pénitent : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis », allaient atteindre au cœur de lhomme le point le plus profond, le plus secret. C’est possible. Mais avant d’émouvoir les autres, saint Luc avait été le premier touché. Une parole de Jésus, à la fin du ministère public, résume bien tout l’esprit du troisième

Evangile : « Le Fils de l’homme est venu cher-

. cher et sauver ce qui était perdu ? ». Aussi

… 4 Péguy, Le porche du mystère de la deuxième vertu, p. 154-155. — Nul mieux que Péguy n’a exprimé le caractère touchant de ces paraboles del’espéranceet du pardon. 2 Luc, XIX, 10.

e À : “ FE 27!

Dante, frappé de ces appels à la miséricorde ét au pardon, a-t-1l justement appelé saint Luc, l'historien de la mansuétude du Christ, scrtba "

mansuetudinis Christr 1

C’est, semble-t-il, à la même tendance qu'il faut rattacher le soin que prend l’auteur de

mentionner le rôle important joué par les saintes femmes dans l'Évangile, deles montrer à la peine, mais aussi à l'honnete On sait combien le paganisme vieillissant avait avi la condition de la femme; chez les Juifs, elle était naturellement plus respectée, non sans quelquenuance de dédain; de nos jours encore,

dans le service de la synagogue, l’une des bénédictions réservées aux hommes se-{or- :

mule ainsi : « Béni sois-tu, Ô Seigneur notre

Dieu, roi de l’univers, qui ne m'as pas créé femme ? ». L’'Évangile repousse ces orgueilleuses doxologies. Dès son principe, FÉglise s’est employée à relever et àennoblir lafemme. En une sentence si fortement frappée qu’elle

en semble paradoxale, saint Paul proclame : l’égahité de tous dans le Christ : « n’y a plus. ni Juif m1 Grec; il n’y a plus ni esclave m1.

homme hbre; il n’y a plus d'homme et de

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