‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 115 sur 177 · I. Lud: XIL · texte numérisé non relu

I. Lud: XIL

T HaSde ET LES ÉVANGILES 13

plus claire que dans le troisième Evangile et les Actes. In hymnis et canticis, partout des hymnes et des cantiques; on chante au ciel, on chante sur la terre, comme si les âmes ne pouvaient contenir leur allégresse d’être introduites au royaume de Dieu. Sur les monts de Judée, les cantiques annoncent la venue du Messie et de son précurseur, ils éclatent sur l’étable de Bethléem à la naissance de Jésus; pendant la vie publique, ils s'appellent les uns les autres à travers les campagnes de Galilée et d’une rive à l'autre du lac de Tibériade; au cénacle, ils réjouissent l'Eglise naissante; puis le, chœur s’amplifie, aux voix juives viennent se joindre les voix de la gentilité, et les échos de l’immense concert se prolongent à travers l’Asie et la Grèce, jusqu’au cœur même de l’empire romain. Saint Luc est le seul à nous avoir conservé ces cantiques de triomphante allégresse, qui depuis des siècles ont passé dans la liturgie chrétienne : le Gloria in excelsis ou cantique des Anges, le Magnificat ou cantique de la Vierge Marie, le Benedictus ou cantique de Zacharie, le Nunce dimittis ou cantique de Siméon. Comme il avait commencé dans l’éclat des cantiques, c’est sur un chant de triomphe que se clôt l’évangile :

après l’ascension de Jésus, les Apôtres «re-

tournèrent à Jérusalem avec une grande joie,

et ils étaient continuellement dans le Temple

bémissant Dieu !». Sans cesse, pendant le

mimstère de Jésus et de ses Apôtres, des voix

s'élèvent qui glorifient Dieu, qui louent Dieu,

qui bénissent Dieu? : actions de grâces des

paralytiques qui marchent, des aveugles qui

voient, des boiteux qui bondissent, hosanna

des foules qui ont vu les miracles, hymnes des disciples remplis de l’Esprit-Saint et magnifiant Dieu en des langues nouvelles, comme

si les vieux idiomes n’avaient plus assez de

fraîcheur et de souplesse pour dire l’allégresse qui remplit les cœurs.

Ce n’est pas que saint Luc estompe les souf-

frances et les difficultés; le tragique abonde dans l’histoire du Christ et dans celle de - l'Église; mais si crucifiant que soit un événe- ment, une âme, mue par l’Esprit-Saint, peut

toujours y découvrir une face lumineuse et . sereine. La passion du Christ est le sacrifice

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