‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 128 sur 177 · Galates, IT · texte numérisé non relu

Galates, IT

allusions et mentions vont se multipliant, surgissant de tous les points de l’horizon doctrinal et géographique. Gnostiques anciens tels que Valentin et ses disciples principaux, Ptolémée et Héracléon, aussi bien que leur grand adversaire l’évêque Irénée de Lyon vers 173-180; fauteur d’hérésie comme Marcion vers 140, aussibien quesesréfutateurs, Méliton de Sardes vers 160-170 et Tertullien, vers 200; Montanistes, vers 156-172, et leurs adversaises orthodoxes Apollinaire de Hiérapolis et Apollonios; témoins isolés comme Athénagore vers 177, Théophile d’Antioche vers 181, Polycrate d'Éphèse vers 190-195; Clément d'Alexandrie vers 200; [Justin à Rome vers 150-160, et son disciple] Tatien vers 175; l'auteur (romain) du Canon dit de Muratori vers 200 1 .» Un témoignage comme celui de Tatien est un indice très caractéristique de l'acceptation, par toute l’Église, du quatrième

évangile. L’ancien élève de saint Justin à

4. L. de Grandmaison, Jésus-Christ, t. I, Paris, 1928, p. 130. — A ces témoignages, il faut ajouter, pour la fin du ni siècle, l’apocryphe dit « Lettre des Apôtres » (édition K. Schmidt dans les Texte und Untersuchungen, XLIII, Leipzig, 1919). Avec les Synoptiques, l’auteur de cet apocryphe emploie de façon très nette le quatrième évangile comme source de Ja vie du Christ : il lui emprunte la doctrine du Locos, le miracle de Cana, lapparition de Jésus ressuscité à saint Thomas, etc.

Rome, étant retourné en Orient, donna à l'Église d'Édesse, vers 170-175, son Diatessaron syriaque, où il fondait en un seul récit nos quatre évangiles actuels, à l’exception detous

autres. Tatien aurait-il choisi l’œuvre johan-

nique pour l’amalgamer aux Synoptiques, «si .

le quatrième évangile n’avait été considéré déjà comme partie intégrante de l'Évangile, aussi bien à Rome où il a pris ses matériaux et

peut-être composé son texte, qu'en pays.

syrien où l'esprit conservateur des .Sémites

eût certainement répugné à une si grave inno-

vation ? 1)»

Du bloc de ces attestations il ressort à l'évi- “ dence que l’Église a reçu le quatrième évangile, dès sa première diffusion, comme l'œuvre d’un disciple immédiat de Jésus, « du disciple

que Jésus aimait ». Plusieurs désignent nom-

mément l’auteur, Jean l’apôtre : ainsi Ter-

tullien en Afrique, le canon de Muratori à

Rome, Clément à Alexandrie, Irénée à Lyon,

les disciples du gnostique Valentin, Ptolémée et Héracléon; ce dernier avait même composé

un commentaire du quatrième évangile.

Parmi ces témoignages nominatifs, l’un des ' S n

plus dignes d'attention est celui de saint Îré-

p. XLIX.

née, bien qu’il ne faille pas en exagéret la portée, comme on l’a fait pour des motifs qui n'étaient pas de pure science, jusqu’à résorber en lui tous les autres. Dans le passage de son grand ouvrage contre les Hérésies, où 1l parle de la composition de nos évangiles, [rénée dit de Jean : « Ensuite (après Matthieu, Marc et . Luc), Jean, le disciple du Seigneur, celui qui reposa sur sa poitrine, a publié lui aussil’Évanaile, quand il séjournait à Éphèse, en Asie 1.» Ce qui rend ce témoignage particuhèrement notable, c’est que nous pouvons nommer les anneaux qui rattachent Trénée aux temps apostoliques. Comme nous le savons par la lettre qu'il écrivait à Florinus, chrétien séduit par l’'hérésie, lrénée, avant de quitter l’Asie- Mineure pour la vallée du Rhône, avait connu dans sa prime jeunesse l’évêque de Smyrné, Polycarpe, lequel mourut martyr en 155 ou 156, après avoir servi le Christ pendant quatre-vingt-six ans. [l avait gardé un souvenir D de la façon dont Polycarpe racontait « la conversation familière qu'il avait FE en avec Jean et les autres de . ceux qui avaient vu le Seigneur ? ». Cette tradition du séjour de Jean l’apôtre en Asie-

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