Jean, XXI
2: Le terme de Logos n’est pas employé hors du pro- logue : de la part de Jean, c’est probité d’historien et souci de ne pas mettre sur les lèvres de Jésus une formule qu'il n’avait pas employée pour se définir,
de la forme, — est voulue par lévangéhste.
Le choix et le récit des miracles s’inspirent du même dessein : montrer en Jésus le Messie, Fils de Dieu, lumière et vie des hommes. Et pour couper court à toute ambiguïté, les miracles les plus éclatants sont ordinairement accompagnés d’un dialogue ou d’un discours qui en expliquent la signification : le discours sur le pain de vie éclaire le sens symbolique de la multiplication des pains, la guérison de l'aveugle-né appuie laffirmation de Jésus qu'il est la lumière du monde, la résurrection de Lazare témoigne de la puissance de wie qui réside dans le Fils de Dieu.
Aux yeux des critiques incroyants, cette franchise de composition, cette clarté des intentions suflisent à disquahfier l’œuvre johannique. Écrire avec un but doctrinal équivaut pour eux à déformer la réalité, que cette déformation soit consciente où inconsciente. Un évangile spirituel ne peut être un évangile historique : le Christ de la for et le Christ de l’histoire sont incompatibles. Derrière cette objection, il y a d’abord le préjugé d’un faux historicisme, hérité du positivisme. L'histoire est conçue comme un simple registre de documents; son procédé par excellence est l’accumulation des détails. Choisir,
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