‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 171 sur 177 · NT TOUR RAD 1 DA · texte numérisé non relu

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les sacrements sanctifient l’esprit, mais aussi le corps qu'ils travaillent à rendre instrument de plus en plus docile d’une âme unie à Dieu. L’Eucharistie est gage de vie éter-. nelle pour l’âme et semence d’immortalité pour le corps. La grâce, du fond de l'être, rayonne sur tout l’homme et tend à diviniser même les sens.

De là encore l'emploi des réalités maté- … rielles les plus communes, pour signifier les vérités les plus hautes : la lumière et les ténèbres, la source d’eau vive, le pain et la vigne, le vent, le pasteur et le bercaïl. « Ce symbolisme du quatrième évangile, dit très » bien l’exégète anglican V.-H: Stanton, est caractérisé par une simplhcité et une dignité qui font souvent défaut aux allégories de Philon. Les comparaisons employées dans J’évangile reposent sur de réelles analogies entre les choses de l’ordre naturel et surnaturel, comme les paraboles dans les Synoptiques 1. »

La même doctrine de l’Incarnation rend compte d’un autre caractère que les critiques protestants s’étonnent de relever dans un

- 4. V. H. Stanton, The Gospels as historical documents, t. III, p. 181,

évangile spirituel : le sens ecclésiastique.

Sans doute l’appel du Christ est universel.

La lumière du Verbe brille pour tout homme venant dans le monde 1. Le salut, qui part des. Juifs ?, est proposé aux Samaritains comme aux Grecs 4. Jésus est la lumière du mondes, la voie, la vérité et la vie 5 : hors de lui, iln’y a que ténèbres, égarement et mort. Mais le moyen normal de participer à cette lumière et à cette vie du Christ est d’être incorporé à son Église et à son Église visible. Toute l'œuvre du Sauveur tend à rassembler dans un seul bercail, sous un seul pasteur, les enfants de Dieu jusque-là dispersés 7. Loin de détendre les liens de l'autorité au profit de lindividualisme religieux, le quatrième | évangile va plutôt à fortifier la hiérarchie, à lui assurer une place hors de conteste. |

Comme le remarque l’exégète écossais

E.-F. Scott, plus pénétrant que la plupart

de ses collègues libéraux, « dans toutes les directions, Jean renforce l’idée spirituelle de l'Église, mais il magnifie en même temps

‘Jean, 1, 9.

Jean, IV, 22.

Jean, IV, 1-42.

Jean, XII, 20 sqq.

. Jean, NIII, 12.

Jean, XIV, 6.

; Jean, XI, 52; X, 16, XII, 32.

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