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RARES L'ÉVANGILE SELON SAINT JEAN 293 Em mme mr) linstitution extérieure». Pour figurer l'Église, Jésus use d’une image familière,
celle du troupeau. Le troupeau est complètement à la dépendance du berger : celui-ci connaît ses brebis, 1l les compte à la sortie du parc, il marche devant elles pour les conduire au pâturage, et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Le berger, dans l’Éghse, est le Christ, mais aussi les chefs visibles qu’en remontant vers son Père il laisse à sa place. Ces chefs, bergers et non mercenaires, qui marcheront à la tête du troupeau du Christ, sont les apôtres et leurs successeurs en autorité : la parabole du bon Pasteur leur est spécialement adressée et leur présente l’exemplaire idéal qu’ils devront imiter ?.
Dans le quatrième évangile, comme dans
. … les Synoptiques, les « Douze » constituent
un groupe à part : Jésus les instruit et les
forme avec prédilection pour les préparer à leur rôle de chefs et de docteurs. L’unité
: que Jésus demande pour les siens, dans la
prière après la Cène, ne se réduit pas à la
“communion des âmes dans la connaissance
… et l'amour du Père et du Fils, à l'insertion
nue 4. E. F. Scott, The Fourth Gospel, its purpose and theology, Edimbourg, 1906, p. 139.
. 2. Jean, X, 11 sqq.
par la grâce invisible sur le cep mystique qu'est le Christ : elle suppose le lien d’une société visible, hiérarchique, puisqu'elle doit être pour le monde le signe sensible de Paction divine, «un motif de crédibilité». Aux Douze est confiée la mission de rendre spécialement témoignage de Jésus : « Vous aussi, : vous rendrez témoignage de moi, parce que vous avez été avec moi dès le commencement ?.» Pour cette mission, leffusion de
l’'Esprit-Saint leur est promise : « Lorsqu'il sera venu, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière $. » Avant
même la Pentecôte, Jésus ressuscité commu:
nique aux Douze cet Esprit avec le pouvoir de remettre ou de retenir les péchés; il les envoie en son nom comme son Père la
envoyé‘. Enfin, dans une de ses dernières apparitions, au bord du lac de Tibériade, il réalise la promesse faite à Simon Pierre, lors de la confession de Césarée de Philippe, et l’'établit pasteur universel des agneaux et des brebis 5.
Institution du collège des Douze, primauté
mRwnk
Jean, XVII, 21-25.
Jean, XV, 27.
Jean, XNI, 13.
Jean, XX, 21-283.
Jean, XXI, 15-18.
Mr.
de saint Pierre : ces deux traits essentiels de la constitution de l’Église sont aussi nette-
ment marqués dans le quatrième évangile que dans tout autre document du Nouveau
Testament.
Jei encore 1l n’y a pas dualisme incohérent,
mais parfaite unité. De même que l’Incar-.
nation du Verbe justüfiait la vie sacramen-
telle, de même elle explique la constitution
d’une Église visible et hiérarchique.
« Nous ne pouvions connaître les mystères de Dieu, dit saint Irénée, que si notre Maître,
le Verbe, se faisait homme. Aucun autre ne
pouvait nous raconter la vie intime du Père que son propre Verbe... Et nous ne pouvions recevoir ses leçons que si nous le voyions de
nos yeux et l’entendions de nos oreilles, afin
qu'imitant ses œuvres et pratiquant ses enseignements nous fussions en communion avec lui 1. »
Le Verbe s’étant uni à la nature humaine
pour révéler au monde les mystères divins,
rien d'étonnant que dans son Église, qui est comme l’Incarnation continuée, la forme visible de la permanence du Christ parmi les siens, le salut soit mis à la portée des hommes