‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 41 sur 177 · Matthieu, V · texte numérisé non relu

Matthieu, V

que temps au sein des communautés chrétiennes : observation du sabbat, loi des deux ou trois témoins!, application aux chrétiens rebelles du traitement que les Juifs pratiquaient à l'égard des païens et des publicains ?.

Toute société civile ou religieuse, qui a derrière elle une longue histoire, incline d’instinct au style protocolaire. Des formules hié- ‘ratiques, aux majuscules solennelles, consacrent les gloires du passé : Rome est la Ville éternelle, le Roi de France était jadis le Roi très chrétien, et la France reste la Fille aînée de l'Église. Les Juifs avaient de ces expressions traditionnelles qui commémoraient les faveurs divines. Saint Matthieu les conserve précieusement : la Palestine est la «terre d'Israël », ses villes sont les « cités d’Israël », ses habitants, « Israël » ou «la maison d’Israël », son Dieu, « le Dieu d’Israël »; sa capitale, Jérusalem, est la «cité sainte ». La même parole qui annonce la réprobation des Juifs, rappelle leur privilège. Saint Luc se contente d'un simple pronom personnel, «vous »; saint Matthieu emploie une périphrase : les Juifs qui seront jetés dans les

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