‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 56 sur 177 · Matthieu, VII, 29, à la fin du Discours sur la montagne · texte numérisé non relu

Matthieu, VII, 29, à la fin du Discours sur la montagne

juif, sont obligés de reconnaître qu'il y avait là « un élément de personnalité » absolument original. Originalité vraiment inouïe, quand on songe à la vénération, disons même, à l'adoration qui tendait à se cristalliser autour

de la Loi. Il ne suffisait pas aux rabbins de

la dire inspirée : Dieu l’avait créée avant les autres êtres, l'avait livrée toute rédigée à Moïse, était hé à son texte. Un jour viendrait où dans les écoles juives on se battrait pour savoir si la livraison s’était faite en une ou plusieurs fois. Quelle stupeur ne devait pas produire l'apparition d’une parole vivante, personnelle, dégagée de toutes ces servitudes?

De cette nouveauté que traduisent fidèlement les cinq grandsdiscours rapportés dansle premier évangilet, saint Matthieu doit nous livrer le secret. Nous avons déjà vu qu’une de ses idées directrices dans la composition

4, Les cinq Discours, qui groupent les principaux enseignements de Jésus, se détachent comme autant de blocs nettement découpés, avec une petite mise en scène qui les introduit et une formule de conclusion stéréotypée. Ce sont : 1° le Discours sur la montagne, V, 1-VIT, 28; 20 les instructions aux Apôtres envoyés en mission, X, 5-XI, 1; 3° les paraboles du Royaume, XIII, 1-53; 40 la pratique des vertus chrétiennes, humilité et charité, XVIII, 1-XIX, 1; 50 les fins dernières, XXIV, 1: XXVNI, 1.

de son œuvre était de montrer en Jésus le Messie promis par les prophètes. Mais cette dignité messianique n’explique pas tout, Tel qu'il était compris du commun des Juifs, le simple titre de Messie ne donnait pas à Jésus le droit de proclamer ses commandements avec une autorité souveraine, de remettre les péchés de sa propre autorité ou de faire des miracles en son nom personnel.

Il en était de même de l'appellation de Fils de l’homme, tant qu’elle n'aurait pas été rattachée à la prophétie de Daniel, montrant le Fils de l’homme auprès de l’Ancien des jours, c’est-à-dire de Dieu lui-mêmet; et Jésus ne fit le raccord explicitement que pendant sa Passion, au tribunal de Caïphe ?.

Encore fallait-1l compléter la prophétie de * Daniel, car elle ne précisait pas la dignité du Messie, inférieur à Dieu ou son égal.

Saint Matthieu va-t-il s'arrêter là, montrer en Jésus le Messie, envoyé de Dieu, sans pousser plus avant dans le mystère de sa personne, et faudra-t-il attendre saint . Jean pour avoir la réponse : « Nous avons vu sa gloire, la gloire qu’iltient du Pèreenqualité de Fils unique, plein de grâce et de vérité? »

1, Daniel, VII, 13.

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