‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 92 sur 177 · Pédagogue · texte numérisé non relu

Pédagogue

: Contre Celse, II, 32.

. Renan, Les Evangiles, p. 252.

ile et le hvre des Actes. Pour n’avoir pas joué aux temps apostoliques un rôle de tout’ premier plan, saint Luc n’en apparaît pas moins, à qui le lit attentivement, comme une personnalité très aimable et très attachante.

Originaire d’Antioche, au dire d'Eusèbet, Luc appartenait par sa naissance et son éducation au monde hellénique. Sa connaissance de la Bible d’après la traduction grecque des Septante laisse supposer avec quelque vrai-

semblance que sa famille, sans être « de la

circoncision ? », avait des relations avee le monde juif de la Dispersion, et peut-être, avant d’être chrétien, Luc a-t-1l fait partie de ces « craignant Dieu », dont parlent les Actes des Apôtres 3%, de ces païens qui, comme le centurion Corneille 4, acceptaient le monothéisme d’Israël et fréquentaient la synagogue.

Converti au Christianisme, et de bonne:

1. Eusèbe, Hist. ecclés., III, 4, 6, qui peut-être tenait le renseignement de Jules Africain (vers 220). Même indication dans des prologues de l’évangile : voir infra, p. 169 et la Repue Bénédictine, juillet 1928.

2. Saint Paul range saint Luc dans la catégorie de ses auxiliaires qui ne sont pas de la circoncision (comparer Epître aux Colossiens, IV, 10 et 13).

3. Actes, X, 2, 22; XIII, 16, 26, 50; XVI, 14; XVII, 4, 17; XVIII, 7.

4, Actes, X, 2.

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… heure, semble-t-il, Luc a dû assister, vers

Pan 42, aux débuts de saint Paul à Antioche, en compagnie de Barnabé, suivre dans la métropole syrienne cette prédication des deux missionnaires, d’où l’Eglise recueillit tant de recrues que les païens étonnés se virent contraints de leur chercher un nom et les appelèrent chrétiens ?. L’admiration affectueuse qui liera saint Luc aux destinées de l'apôtre des Gentils, peut fort bien remonter à cette époque. Si chétif qu'il fût d'apparence, saint Paul était un de ces grands hommes auxquels les historiens anglais se plaisent à appliquer l’épithète de « magnétique »; dès les premiers contacts, ils brisent la glace ou l'indifférence, on est pour ou contre. Il semble qu'il émane de leur personne un fluide autoritaire, qui subjugue, — et ce sont des admi-

1. Le ms. D (ou Codex Bezae 4e Gambridge, vi® siècle), dans les Actes, XI, 28, fait de saint Luc un membre de Ja nbnauté d’ Ântioche; lors de la visite du prophète Agabos, vers l’an 42; sans admettre la leçon de D comme

. originale, il est permis d’y voir une glose très ancienne qui mérite considération. — Dans les Actes, saint Luc se montre minutieusement renseigné sur tout ce qui concerne les origines et la croissance de l’église d’Antioche; cf. Actes, VI, 6; XI, 19, 22-27; XIII, 1; XIV, 19; XV. Comme l’a reconnu Harnack (Lukas der Arzt, p. 15- 17), il y a parfait accord entre le contenu des Actes et la tradition qui fait de saint Luc un Antiochien.

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