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Étendaient leurs vêtements

Straverunt veslimenta. — Ils plaçaient leurs manteaux sous ses pieds, en signe de soumission. On lit dans le IVe livre des Rois 4 que lorsque Jéhu fut sacré roi d’Israël, chacun prenant son manteau le mit sous les pieds du prince. Plutarque, dans la vie de Caton d’Utique, rappelle ainsi cette coutume : « Lorsque son temps fut terminé, comme il quittait la province, ce n’était pas par des compliments ou des éloges , mais par des larmes et de longs embrassements , que ses soldats l’accompagnaient, mettant leurs manteaux sur les lieux qu’il devait parcourir à pied. » Les Juifs ornaient la route, comme les anciens avaient coutume de le faire dans les jours de fête. Philon écrit que le peuple jeta des rameaux, des feuilles et des fleurs sur le passage d’ Agrippa entrant à Jérusalem. D’après Josèphe, on en fit autant à Alexandre3.

Lorsque Moïse revint de chez Pharaon vers son peuple, il fut reçu au milieu des chants et des fanfares, et les Hébreux jetaient devant lui leurs habits sur la route. Xerxès fut reçu de cette manière, lorsqu’il traversa l’Hellespont, et qu’il entra en Europe. La même chose eut lieu pour Simon et Judas Machabée. Cette coutume s’est conservée jusqu’à nos jours, et encore en 1834, le consul anglais de Damas, M. Farran,

1 xxvi, 8. — - xxvii, 44. — J Lamy, V, i, 15.

4 ix, 13. — 5 Lamy, V, i, 18.

passant par Bethléhem, vit arriver à sa rencontre des centaines d’hommes et de femmes, qui tout à coup , comme par une inspiration subite, étendirent leurs habits par terre devant son cheval, le suppliant d’intercéder pour eux auprès du vice-roi d’Égypte, dont ils avaient encouru la colère, en se révoltant contre lui 1 .

Cette circonstance montre que l’entrée de Notre-Seigneur à Jérusalem n’eut point lieu le jour du sabbat; car dans ce jour, comme le dit Philon dans la Vie de Moïse, livre IL on ne pouvait couper de branches. Quelques-uns, mais à tort, croient qu’ils ne jetèrent pas leurs manteaux ni des rameaux sur la route , mais qu’ils en firent des tentures , comme dans la fête des Tabernacles 2.

-jL 19. — Béni le Roi qui vient... : Benediclus qui venit... — * (Voy. Ps. cxvn, 25, 26.) Ce psaume est relatif au Messie; c’est une prophétie dont l’accomplissement était enfin réalisé. Le peuple proclamait ainsi la divinité de Jésus, et le reconnaissait pour le Messie promis à la postérité d’Abraham *.

f. 29. — Des jours viendront : Venient dies. — Ces jours vinrent trente-huit ans après la prédiction.

T’environneront de tranchées : Gircumdabunt te vallo. — Le v allume st une fortification des camps, ainsi appelée parce qu’elle est construite avec des valla ou pieux , et en même temps avec un talus de terre, de pierres et de gazon; ce qui est conforme à la prophétie du Christ. Josèphe raconte que Titus et les Romains ont, en trois jours seulement, environné Jérusalem de trois chaussées et d’un mur. Le développement de ce mur était de trente-neuf stades, et ne présentait aucune issue. Personne ne pouvait sortir :i. La famine à laquelle les habitants furent réduits était telle, que des mères mangèrent leurs propres enfants.

30. — Te jetteront a terre : Ad terrain prosternent te. — Le même auteur 1 décrit ce qui arriva après la prise de la ville, et un incroyable

i Sepp, II , 240. — 2 Lamy.

J Cornélius a Lapide. — 4 De Bell. VII, xvm.

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