CHAPITRE CXX
massacre de tous ses habitants. L’armée n’ayant plus personne à tuer, ni rien à prendre, et sa colère n’ayant plus sujet de s’exercer, César lui ordonna de renverser de fond en comble la ville et le temple, en réservant les tours les plus élevées, telles que celles de Phasaël, Iïippicus et Marianne, et le reste du mur qui fermait la ville au couchant, pour en faire un camp destiné à la garde. Les tours restèrent comme un monument pour montrer à la postérité quelle était la ville, la forteresse dont le courage des Romains s’était emparé. Quant au reste de l'enceinte, ils le détruisirent tellement, qu’un voyageur passant sur ces ruines eût pu douter qu’elles eussent jamais été habitées 1 .
i Lamy.
Ces désastres furent précédés par d’autres qui en étaient comme les avant-coureurs. Les Actes des apôtres, chap. n, font mention de la famine qui désola l’univers au temps de l’empereur Claude. «Après la famine, la peste, » dit le proverbe grec. Eusèbe rapporte que trois villes d’Asie furent renversées par un tremblement de terre, et Josèphe parle de prodiges et de signes célestes, tels qu’il n’en avait jamais paru. Après la mort de Néron, tout l’empire romain fut en proie aux guerres qu’excitèrent les différents princes qui se disputaient successivement l’empire. On n’ignore pas que ces fléaux firent de bien plus tristes ravages dans la Judée que dans le reste du monde 1 .
i De Ligny, II, 230.
NOTES ICONOGRAPHIQUES
IV' SIÈCLE
Sur les sarcophages antiques, Notre-Seigneur entrant à Jérusalem est imberbe, et monté sur une ânesse qui tantôt est avec son ânon, et tantôt seule. Un personnage, petit comme tous ceux qui jouent un rôle secondaire, étend son manteau sous les pieds du Sauveur. Un autre, sur un arbre, coupe des branches pour les jeter sur son passage.
Cette scène est représentée sur le beau tombeau de Junius Bassus 1 , que M. d’Agincourt place au commencement du iv° siècle, et qui appartient cependant au bon temps de l’art, à une | date antérieure à celle de Probus, qui est de l’an 359 2 .
Dans un autre sarcophage du Latran h où se trouve aussi la Piscine probatique, la scène est beaucoup plus complète. Notre-Seigneur, monté ; sur l’àne, précède plusieurs personnages. Un
i PL LXX, fig. 1. — 2 Aringhi , 1 , 277. — Bosio, 1 , 329.
— 3 PI. LXX, fig. 3.
homme apparaît dans les branches d’un palmier. En face, deux habitants de Jérusalem, qui est figurée par une porte de ville, apprêtent des guirlandes et des palmes. Un enfant porte une palme , et d’autres étendent des tuniques sous les pas de l’àne. Ce marbre est d’un beau caractère.
Les deux types que nous venons de rapporter figurent l’ànesse seule. Aringhi, parmi les nombreux sarcophages qu’il nous a conservés, en présente trois avec l’ànon : l'un trouvé dans une fouille faite à Sainte-Marie- Majeure pour la fondation de la chapelle Pauline, en 1607; l’autre, au cimetière Sainte-Agnès; un troisième, aux catacombes du Vatican.
VI' SIÈCLE
Au vi° siècle, dans la Bible syriaque de Florence ' , même disposition, excepté que Notre- Seigneur, nimbé, est assis sur sa monture. Sa robe violette très-foncée, l’àne gris. Derrière
1 PI. LXX, fig. 2.
ENTREE a JERUSALEM