CHAPITRE CXXX
et anethum , et cyminum. — Ce n’est pas la loi, mais les docteurs, qui ont dit que la menthe payerait la dîme. La vesce , bien qu’elle ne soit pas comptée parmi les aliments de l’homme, doit être imposée au dixième, parce qu’elle peut être mangée en temps de famine. De même l’hysope et l’origan, dont les graines sont susceptibles de nourrir l’homme, peuvent être imposées. Ainsi parlent les docteurs dans le Talmud au traité des Dîmes, qui sont tellement exagérées, qu’elles portent même sur des plantes de jardin, telles que l’aneth, la menthe et le cumin 1 .
L'aneth, ou fenouil puant, croît spontanément au midi de l’Europe, au nord de l’Afrique, en Orient, parmi les moissons, ou, en général, dans un pays découvert. On le cultive fréquemment dans toutes ces contrées, et jusque dans l’Inde , à raison des emplois tant économiques que médicaux de ses graines, qui sont trèsaromatiques. Il fleurit en été. Le fenouil commun s’en rapproche beaucoup. On mange les jeunes pousses.
La menthe poivrée n’est pas rare en Europe. Elle s’emploie fréquemment en médecine. L’huile essentielle qu’on en retire est recherchée pour diverses préparations de parfumerie.
Le cumin paraît originaire de la haute Egypte. On le cultive dans l’Afrique septentrionale, ainsi qu’en Orient et dans l’Europe australe. Ses graines ont une saveur aromatique et très-piquante. Elles s’emploient en guise d’épices et comme remèdes
f, 26. — Qui filtrez le moucheron : Excellantes culicem. — Vous filtrez le moucheron , c’est-à-dire, vous filtrez le vin dans lequel serait tombé un moucheron , afin de ne point avaler un animal que la loi déclare impur. Il résulte de beaucoup de passages du Talmudque
i Lamy. — 2 Spach, VI 1 1 . 159.
les Juifs filtraient le vin dans leurs mouchoirs. J’en citerai un seul exemple tiré du Dictionnaire talmudique de Buxtorf, au mot sannèn {colare), filtrer : « Quiconque filtre le vin, le vinaigre ou la bière, et mange les moucherons , les mouches ou les vers qu’il aura filtrés, est battu. »
y. 29. — Semblables a des sépulcres blanchis : Similes sepulcris dealbatis. — Le 15 du mois adar, les Juifs, comme ils nettoyaient les routes et les autres objets dépendant du service public, marquaient les tombeaux ou les blanchissaient avec un lait de chaux. Le Talmud explique cette coutume en disant que c’était pour montrer aux passants que ce lieu était impur, et qu’ils devaient s’en éloigner. On lit en effet dans la loi 1 : « Quiconque dans un champ aura touché le corps d’un homme assassiné ou suicidé, ou sa bouche, ou son sépulcre, sera impur pendant sept jours. » Le blanchiment des sépulcres n’était donc pas chez les Juifs une simple affaire d’ornementation '-.
Au moment, où le divin Maître confondait ainsi sous le poids des anathèmes l’orgueil et l’ambition de ces sectaires, un scandale public venait de les vouer au mépris du monde entier. L’historien Josèphe nous apprend qu’un juif de Rome, aidé de quelques docteurs pharisiens, avait converti au mosaïsme une noble dame nommée Fulvia , et lui avait persuadé de léguer au temple de Jérusalem toute sa fortune, qui représentait une valeur énorme. Le legs fut recueilli par les hypocrites menteurs; mais ils ne remirent pas une obole au temple , et se partagèrent intégralement les dépouilles arrachées par leur avarice à la honne foi d’une étrangère. Le fait produisit une impression immense. Tibère rendit un décret qui expulsait tous les Juifs de l’enceinte de Rome 3.
1 Nombr., xix, 16. — 2 Lamy. — 3 Joseph. Anliqu. XVIII. m. — Cité par l’abbé Darras.