DERNIÈRE CÈNE
Horace de ne pas couper le jour, et de ne pas interrompre les affaires. Voilà pourquoi le triclinium s’appelait cœnaculum. Il en était de môme chez les Hébreux , comme on le voit dans la sainte Écriture, où il est souvent fait mention du souper ( cœna ) et rarement du dîner (prandium
Virgile montre bien que les repas principaux avaient lieu le soir, lorsqu’il décrit les lampes suspendues aux plafonds dorés, et remplaçant le jour par leur éclat :
. . Dépendent lychni laquearibus aureis
Incensi , et noctem flammis funalia vincunlA
Les Hébreux faisaient un repas à midi et un autre le soir, comme les anciens Grecs et les Romains. On mangeait avec ses doigts, n’ayant probablement pas de fourchettes. La viande était rôtie ou cuite à l’eau. Dans ce cas on faisait du bouillon que l’on mangeait à part.
Cherchons actuellement comment les convives se plaçaient autour de la table, et s’ils étaient assis ou couchés au cénacle. M®1 * Mislin 4 dit qu’en Palestine on se couche encore pour manger.
Dans les premiers temps du christianisme, la tradilion toute récente aurait permis de représenter fidèlement la dernière cène; mais on substituait alors les symboles à la réalité, et les catacombes, qui nous fournissent des renseignements précieux pour en déterminer certaines circonstances, ne nous donnent aucune image réelle de ce prodigieux événement. On sait d’ailleurs avec quelle désinvolture peu archéologique les plus grands peintres modernes ont cherché à le reproduire.
« L’unique exemple connu dans l’antiquité de cet intéressant sujet, dit l’abbé Martigny, est une peinture murale du cimetière de Saint-Callixte, qui a été transportée au Vatican, et depuis au musée de Latran. Notre- Seigneur y est assis au milieu de ses douze apôtres ; il lient de la main gauche un volumen, et de la droite il touche celle de saint Pierre. »
Rien sur cette peinture, non plus que sur une autre du même genre recueillie dans ce môme
i Ilor., liv. I, ode i. — 2 Tobie, n , 1.— Daniel, xm,