DE JÉSUS-CHRIST
musée, ne rappelle un repas. Les personnages y sont assis; on voit la chaise du dernier à gauche en forme de pliant. Il n’y a ni table ni aliments. Il semble que Notre -Seigneur agit là seulement comme docteur, comme législateur.
« Les nombreuses représentations de repas n’ont pas trait à la Cène, mais au repas que Notre-Seigneur, après sa résurrection, prépara sur les bords de la mer de Tibériade à sept de ses disciples, et où il leur servit du pain et du poisson rôti sur de la braise U »
Il est probable qu’au bord de la mer, pour un repas servi si simplement, on ne doit pas s’attendre à trouver des lits et une table comme dans le cénacle. Les convives cependant étaient couchés sur le sable, par habitude, comme on voit encore nos paysans le faire dans quelques campagnes. Aussi saint Jean a-t-il pu dire sans qu’il y eût de lit : Nemo audebat discumbentium interrogare eum-.
« Dans les anciens temps , dit Montfaucon , on s’asseyait à table, comme aujourd’hui. Homère nous dépeint toujours les gens assis autour d’une table. On s’asseyait de même à Rome jusqu’à la fin de la seconde guerre punique, époque où on commença à se coucher, pour prendre le repas.
« La raison qu’en donne Mercurialis, c’est que les anciens s’accoutumèrent à se baigner avant le souper. Du bain ils allaient au lit, où ils se faisaient apporter à manger. Insensiblement cette coutume de manger sur des lits s’établit à Rome et dans tout l’empire romain.
« Il ne nous reste guère de monuments de festins où les gens mangent assis. Tous presque y paraissent couchés; on en voit quelquefois où l’homme est couché et la femme assise au bout du lit , les pieds sur la terre.
« Suivant Capitolin, l’empereur Lucius Verus fît le premier un festin à douze personnes. Nous trouvons dans les marbres beaucoup de repas à deux, peu à trois; il y en a un fort gâté à Padoue. On ne laisse pas de voir qu’il y avait onze personnes (Rich dit treize). C’est dans celui-là que paraîtbien clairement la forme du triclinium. Trois lits joints par les angles laissaient entre eux un espace où on mettait la table.
« Il y avait des triclinium ou lits de repas
i Marligny. — 2 Jean, xxi, 12.