JÉSUS LAVE LES PIEDS A SES APOTRES
NOTES ICONOGRAPHIQUES
IV» SIÈCLE
Le monument le plus ancien du Lavement de pieds est, croyons-nous, un sarcophage du ive siècle au musée d’Arles L Notre-Seigneur , jeune, debout, tenant de ses deux mains un linge qui semble être l’extrémité de son manteau , essuie les pieds de saint Pierre , qu’il regarde avec tendresse. Saint Pierre, assis, les pieds sur un escabeau , ouvre les bras en signe d’admiration. Un autre apôtre derrière; un petit vase à anse déposé aux pieds du Sauveur ressemble à nos baquets.
IX« SIÈCLE
M. Labarte nous rapporte cette scène évangélique d’après un ivoire de la cathédrale de Milan 1 2.
XI» SIÈCLE
A Sant-Urbano, dans les fresques du xie siècle, on doit reconnaître la même manière de rendre ce sujet3. Notre - Seigneur lave les pieds de saint Pierre au-dessus d’un bassin. Il regarde le prince des apôtres, lequel, en portant la main à sa tête, indique bien son désir qu’elle soit aussi lavée. Les autres apôtres paraissent assis sur un lit en ligne droite. Un d’eux dénoue les cordons de sa chaussure. La robe de Notre - Seigneur est brun - rouge , son nimbe
1 PI. LXXV, fig. 3.
2 Labarte, album, pl. XIII. « On croit, dit-il, que ce diplyque était un de ceux que possédait l’ancienne église de Saint- Ambroise. Chacune des deux feuilles d’ivoire contient sept sujets; savoir: le Lavement des pieds; Pilate se lavant les mains; le Tombeau; l’Apparition de l’ange aux saintes femmes; celle de Jésus aux mêmes femmes; puis aux apôtres; et l’Incrédulité de saint Thomas. Les baisers que les fidèles ont donnés pendant plusieurs siècles à ces tableaux d’ivoire ont arrondi les contours de la sculpture, et effacé en partie les traits des visages. L’art s’y ressent de la vue des bas-reliefs antiques du iv» siècle. Malgré la lourdeur des figures, les attitudes des personnages et le jet des draperies sont bons. »
2 PL LXXV, fig. 1.
crucifère; les autres nimbes unis, les vêtements de diverses couleurs.
La rareté des monuments nous a engagé à joindre à cette planche la réduction d’un beau manuscrit d’une époque bien postérieure à la limite de nos recherches ', puisqu’il date du milieu du xve siècle; mais il est tellement semblable aux productions du xi°, quant à la disposition des figures, qu’on peut sans témérité le supposer copié sur cette époque. Toutes les teintes très -douces ont été placées d’abord suite parchemin, puis les contours retracés par un trait noir qui produit un bon effet.
A Saint -Marc de Venise-, Notre -Seigneur debout, les reins entourés d’un linge, lave les pieds de saint Pierre, qui porte la main à sa tête. A la suite, sur le devant , cinq apôtres, assis l’un à côté de l’autre, se déchaussent. Le dessin et la composition , bien supérieurs à ceux de Sant-Urbano, ont quelque chose de plus monumental; on n’y peut méconnaître la main d’un artiste grec. On admire dans les différentes poses des apôtres en même temps la symétrie et la variété. Ils sont, comme à Sant-Urbano, assis sur un lit d’or. Le bassin, dans lequel saint Pierre a un pied plongé, est en or, ainsi que le fond de toutes ces mosaïques.
Nous avons reproduit sur la même planche, et plus en grand, les têtes de Jésus-Christ et de saint Pierre.
Manuscrit 74. — L’évangéliaire grec de la Bibliothèque nationale, sauf quelques variantes dans les poses des apôtres , est certainement l’imitation du type des mosaïques de Saint- Marc 3.
Nulle scène ne paraît représentée d’une manière aussi invariable que le lavement des pieds dans cet art byzantin, qui nous a conservé les plus vieilles traditions.
1 PL LXXV, fig. 2.
2 PI. LXXVI, fig. 1. — Au bas de l’arc-doubleau, à droite de la deuxième coupole.
3 Pl. LXXVI, fig. 2.