CHAPITRE CLYII
Un fond d’arbres, de couleur verte, indique que le tombeau est dans un jardin. Cette scène surabonde de mouvement et d’entrain. On sent que la vie déborde autour de ce tombeau désert. Elle a, mieux qu’à toutes les autres pages, su inspirer le peintre de ce vieux manuscrit.
Peinture de Pompéi ; musée Bourbon, à Naples.
Au-dessous de cette image, Saint-Apollinaire à Ravenne montre un joli temple rond à colonnes. servant de tombeau '. La pierre qui fermait la porte est renversée à l’intérieur. A gauche, un ange assis, nimbé et ailé, portant un manteau blanc et une verge, parle à deux femmes, dont la première est vêtue d’une tunique violette et d’une robe brune. Tout dans cette belle composition respire le deuil et la simplicité. On remarquera l’inclinaison des deux saintes femmes, qui se répéta jusqu’au xnc siècle pour indiquer leur empressement.
Ville SIÈCLE
Au vmc siècle, Léon III (795) fit broder la Résurrection sur des parements d’autel à Saint-
Pierre, à Saint-Jean-de-Latran , à Saint-Paul, à Sainte-Marie-Majeure, etc. '.
IX« SIÈCLE
Un ivoire servant de couverture à un des évangéliaires venus de Metz 2 contient, dans le même morceau en haut, les Disciples d’Emmaüs, dont nous parlerons plus loin , et en bas la Résurrection 3. Ici le tombeau est en forme de basilique. On voit à l’intérieur, par la porte, un sarcophage ouvert et des linges pliés. Un ange, assis sur une pierre, parle à trois femmes voilées qui s’avancent vers lui.
Une des peintures du soubassement de Saint- Clément à Rome , quelquefois attribuées au i.xc siècle b montre le tombeau ouvert, une lampe suspendue à l’intérieur, et un ange assis parlant à deux femmes nimbées qui apportent des aromates.
Xe SIÈCLE
Une des colonnes du ciborium de Saint-Marc à Venise 5 présente la Résurrection dans un espace fort resserré. Le crucifix occupe une des arcades; dans la suivante, un ange assis au-dessus d’un soldat endormi; puis, dans une troisième, une sainte femme munie d’une lampe, et suivie d’une autre femme non figurée sur notre planche, sont au-dessus d’un second soldat endormi.
Xl= SIÈCLE
Deux beaux ivoires dessinés à la bibliothèque de Munich se rattachent à deux évangéliaires du xi° siècle. Dans le premier®, l’ange nimbé parle à une femme qui porte une lampe comme dans le manuscrit syriaque. Dans le second , l’ange, en avant du tombeau, parle à trois femmes sans nimbes qui portent des parfums. Cette circonstance de la suppression du nimbe paraît donner aux ivoires une date antérieure à celle des manuscrits qu’ils recouvrent. Ils sont trèsfins et pourraient se rattacher au temps de Charlemagne.
i Anastase le Bibliothécaire, p. 200. — 2 Manuscr. du xc siècle, Bibliothèque nationale, n° 9390. — 3 PL XCII, fig. 1. — 4 Ibid., fig. 4. — 5 PI. XCIV, fig. 4. — ® Ibid., fig. 1 et 2.
' PI. XC1I1 , fig. 2.