CHAPITRE CLX V
et tunique bleue. Les tuniques et les manteaux des autres apôtres, de couleurs variées, bleues, rouges et violettes.
Il est à remarquer dans cette peinture quel petit nombre de couleurs furent employées par le peintre. On distingue seulement le bleu, le rouge, le jaune, elle violet très-clair. Les chairs des quatre anges et de Notre -Seigneur sont verdâtres, les autres rosées. Les ailes des anges d’en haut, bleues; celles du bas, verdâtres. Tous les nimbes en or entourés d’un trait rouge et noir. Les contours serlis d’un trait noir, et les nombreuses lignes intérieures , pour modeler les draperies, généralement blanches. Le fond séparant le ciel de la terre, en or '.
Un beau manuscrit de la Bibliothèque nationale1 2 contient soixante-huit sujets tracés sur parchemin. L’Ascension occupe la première page. Dans un riche temple à arcades, aux colonnes nouées, aux couleurs vives, Notre - Seigneur est au milieu d’une auréole portée par quatre anges. Tout en haut , dans le ciel , le cénacle des apôtres ; en bas la sainte Vierge , vêtue d’un manteau bleu , d’une robe brune , étend les bras dans l’attitude de la prière. Les apôtres , sans nimbe. Toutes ces petites figures, sur fond d’or, ont 40 millimètres, comme dans le manuscrit grec, tant de fois cité au cours de ce travail 3.
1 Ce même manuscrit, dont nous n’avons gravé que l’Ascension, contient encore de nombreux sujets qui sortent de notre cadre, et que nous regrettons, pour quelquesuns, de ne pouvoir reproduire. Nous citerons, entre autres, une Assomption de la sainte Vierge, destinée à servir de pendant à l’Ascension de Notre- Seigneur. La Mère de Dieu, couchée sur un lit, est entourée de onze apôtres. Par derrière, Notre-Seigneur la regarde, et tient dans ses mains l’àme de la sainte Vierge, représentée par son buste en miniature, et la donne à quatre anges disposés à la recevoir avec un profond respect.
2 Fonds grec, n° 1208, petit in-folio de dix -sept cent, sur vingt- deux cent.
s Les autres scènes représentées dans ce manuscrit se rapportent principalement à l’histoire de la sainte Vierge. Nous bornant aux sujets qui présentent quelques particularités, nous signalerons une Annonciation où la sainte Vierge, en face d’une fontaine, lève les bras vers un ange qui descend du ciel et est encore en l’air. La fontaine, d’une forme singulière, se compose d’une grande pomme de pin en or, d’où sortent une foule de jets d’eau qui se déversent dans une vasque ronde, et de là dans une vasque carrée.
Le Mariage de la sainte Vierge rappelle la légende de la baguette et de la colombe de saint Joseph.
Le trésor de la cathédrale de Florence possède deux mosaïques de vingt-sept centimètres sur dix-huit centimètres, divisées en six compartiments, ayant ainsi chacun neuf centimètres carrés, qui contiennent en tout les douze scènes principales de l’Évangile, et notamment l’Ascension. On y voit de plus les Limbes et la Mort de la sainte Vierge. Dans ces petits tableaux, qui renferment un assez grand nombre de personnages, les compositions sont simples et bien ordonnées, les attitudes excellentes; les figures, un peu allongées, sont gracieuses; la perspective seule est vicieuse. Ces mosaïques sont tellement fines qu’à une certaine distance on les prendrait pour des miniatures L
XIIe SIÈCLE
La bibliothèque du Vatican conserve un évangéliaire in-folio appartenant au xne siècle2. Le dessin est médiocre, les tètes seules assez bien traitées ; on trouve au courant du texte un grand nombre de miniatures. Si Ton rencontre quelques tableaux mieux ordonnés et mieux dessinés que les autres, tels que l’Ascension du Sauveur, au folio 53, on peut les regarder comme des copies de peintures antérieures3.
Nous avons pris dans le livre de M. d’Agincourt un panneau de la porte de Saint-Paul \ où se trouve l’Ascension. La sainte Vierge, entre deux anges, dont elle est séparée par deux palmiers, occupe le milieu delà composition. Deux groupes d’apôtres sont disposés à droite et à gauche ; les anges leur montrent le Seigneur dans une auréole portée par deux anges et surmontée de l’inscription :
II ANAAH VT I C.
Un manuscrit latin de la bibliothèque de l’Arsenal 5 nous offre une Ascension dans des ! conditions un peu différentes, quoique les personnages soient tous les mêmes. Notre-Seigneur j regarde dans le ciel une main qui le touche ; et lui-même touche semblablement un des deux anges qui l’assistent et qui parlent à la foule des disciples et à la sainte Vierge. On conçoit ici un
i Labarte, IV, 190. — 2 Bibliothèque du Vatican, manuscrit 1156; trente-cinq cent, sur vingt-sept cent. — 3 Labarte, 111, 72. — 4 PI. C, fig. 4. - 5 Ibid., fig. 2.