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LA TRANSFIGURATION
commune désignent le Thabor, visité par les pèlerins comme Bethléhem, le Calvaire et le mont des Oliviers
Le Thabor, dont le nom signifie, en hébreu, le sommet de la montagne , servait au nord de limite à la tribu d’Issachar, et est à une demijournée de marche au sud de Capharnaüm. Il s’élève sous la forme d’un cône tronqué, jusqu’à une hauteur de cinq cent quatre-vingts mètres au-dessus du niveau de la mer, et à quatre cent soixante mètres environ au-dessus de la plaine environnante. E>u côté du nord, il est d’un escarpement qui le rend inaccessible. Ses flancs sont couverts de chênes, de pistachiers et de fourrés épais, pleins d’oiseaux et de gibier. Sa crête forme une plaine fertile, d’un circuit de vingt stades, que l’historien Josèphe fit entourer d’un mur pendant la guerre des Juifs.
Aujourd’hui toutes ces constructions sont en ruines; mais la montagne est toujours là, comme la montagne de Dieu, dominant toutes les autres, et offrant.au spectateur un magnifique horizon, d’où il embrasse la mer Méditerranée, les hauteurs du Carmel , la mer de Galilée, le fleuve sacré du Jourdain, la montagne d’Hauran , le mont Liban au nord, avec son sommet couvert de neige, et au midi les montagnes de la Samarie : à ses pieds Capharnaüm , et plus loin la montagne des Béatitudes; ici Cana, Nazareth, et , deux lieues plus loin à l’ouest , Séphoris , capitale célèbre située au milieu de la Galilée ; là, Naïm, Endor, Jezraël, Dothaïm et la grande plaine de Samarie, qui s’étend au delà de la mer de Tibériade. Cette enceinte nous offre le théâtre tout entier de la vie de Jésus , dans la première moitié de sa carrière publique “.
A la partie sud-est du plateau, trois autels protégés par de petites voûtes , et fondés par sainte Hélène, marquent remplacement où Jésus apparut dans sa gloire, escorté de Moïse et d’El ie3. 11 est digne de remarque que les grandes scènes de la vie de Jésus-Christ, sa transfiguration, sa mort, son ascension, ont eu lieu sur des montagnes; c’est sur une montagne, dans le désert , qu’il a jeûné quarante jours, qu'il a été tenté par le démon ; c’est sur une montagne qu’il
1 Cornélius a Lapide. — - Sepp, II, 9d. — * Cornélius a Lapide.
a fait le miracle de la multiplication des pains, qu’il a enseigné le Pater et les huit Béatitudes, qu’il a choisi ses apôtres. C’est sur le mont Sion qu’il a institué l’Eucharistie, qu’il a envoyé le Saint -Esprit à ses apôtres. C’est sur la montagne des Oliviers qu’il a pleuré sur Jérusalem, qu’il allait fréquemment prier; Bethléhem, Nazareth, Jérusalem sont bâties sur des montagnes '.
}■ 3. — Il fut transfiguré... : Trans/îguratus est... — Transformé , dit le grec. Dans sa transfiguration , le Christ ne changea ni la forme de son visage, ni la figure, la couleur ou les autres qualités de son corps ; mais il s’enveloppa d’une grande splendeur, en sorte qu’il brillait plus que le soleil même , d’un éclat visible pour les seuls apôtres. On appelle ce miracle la Transfiguration, parce que Jésus ne fit que donner plus d’éclat à sa forme, sans la changer : sans donner à son corps, par exemple, les qualités d’un corps glorieux, telles que l’impassibilité, l’agilité et la subtilité ?. Ses vêtements n’étaient pas seulement blancs comme la neige, mais brillants comme l’éclair3.
jr. S. — Qui se tenaient près de lui : Qui ! slabant cum illo, dit saint Luc. — Jésus-Christ, Moïse et Élie étaient donc debout. Jésus n’aurait point été élevé en l’air, comme plusieurs peintres l’ont figuré; mais il continua à poser ses pieds sur la terre.
On se demande encore comment Moïse et Élie ont apparu. Sur Élie, il n’y a qu’une opinion : il vint dans son propre corps, avec lequel il a été enlevé au ciel sur un char de feu, d’où il doit redescendre et combattre pour le Christ , contre l’Antéchrist. Quant à Moïse, l’opinion la plus probable est qu’il vint dans sa propre personne, sans qu’un ange ail pris sa figure. Calvin , lui-même, dit que c’était peut-être le spectre de Moïse, ou plutôt son âme transportée des limbes sur la terreau mont Thabor. Mais il était convenable que, dans ce témoignage rendu au Christ, tout fût non une vision, mais une réalité entière : en ressuscitant alors Moïse , le Clirisl
t Mislin, III, 406. — - Cornélius a Lapide.—
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