‹ L'évangile; études iconographiques et archéologiquesChapitre 88 sur 395 · CHAPITRE CI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CI

s’est manifesté comme le Juge et le Seigneur des vivants et des morts L

On croit qu’une nuée entoura et enferma dans son sein le Christ, Moïse, Élie et les trois apôtres, ou que la nuée se plaça entre le Christ, Moïse et Élie d’une part, et les trois apôtres de l’autre. Elle ombragea ainsi les disciples , afin que l’éclat du Christ, frappant leurs yeux, fût tempéré par l’interposition de ce nuage, et ne les éblouît pas au point de les empêcher de voir.

1 Cornélius a Lapide.

Tolet pense que le Christ a été transfiguré la nuit, dans le temps du sommeil; ce qui expliquerait l’appesantissement des yeux des apôtres et rendrait la transfiguration plus éclatante à cause de l’opposition des ténèbres. D’autres , avec plus de vraisemblance, disent qu’il a été transfiguré le matin , à l’aurore , autant pour éviter que le miracle divin ne fût confondu avec le prestige des spectres delà nuit, que parce que toutes les œuvres du Christ devaient s’accomplir au grand .jour. Les yeux des apôtres étaient alors appesantis par la fatigue.

NOTES ICONOGRAPHIQUES

IV» SIÈCLE

L’église du couvent de Sainte- Catherine , au mont Sinaï, 1 mérite une attention particulière par son style, ses ornements, et particulièrement la grande mosaïque qui orne la voûte du rondpoint. Elle n’a jamais été dessinée, dit M. Léon delà Borde, et même peu de voyageurs font remarquée. Les reliques de sainte Catherine reposant dans cette partie très -restreinte de l’église, les cierges et les lampes que l’on brûle conlinuellement en son honneur ont enfumé le plafond, et le jour qui frappe les yeux empêche de distinguer les objets 8. M. l’abbé Martigny suppose que cette mosaïque est du iv° siècle. Nous avons peine à la croire plus ancienne que celle de Saint-Apollinaire in Classe, qu’on voit fig. 2. Les symboles dans les représentations évangéliques ont toujours précédé le tableau de la réalité, qui se rencontre au mont Sinaï, comme nous le verrons dans tous les siècles suivants.

VI» SIÈCLE

Saint- Apollinaire in Classe. — Ce que nous avons de plus ancien, après ce monument3, est la mosaïque absidale de Saint- Apollinaire in

i PL LXIII , fig. 1. — 2 Léon de la Borde, Voyage dans l’Arabie P cirée , pl. XX. — s L’abbé Martigny.

Classe, qui est du vi° siècle '. La transfiguration y est représentée sous une forme symbolique. Tout au sommet, dans un cercle, une croix gemmée, accompagnée de l’alpha et de l’oméga, reçoit les hommages de Moïse et d’Élie, vus à ini-corps dans un nuage. Une main sortant du ciel se dirige vers la croix. Au-dessous, trois brebis figurent les trois apôtres présents à la transfiguration. Ciampini, décrivant celte mosaïque, dit que saint Pierre avait envoyé saint Apollinaire à Ravenne, pour y fonder une Église. La ville reconnaissante érigea sous son vocable quatre temples, dont le plus célèbre est celui dit in Classe, parce que là se trouvaient le port et la flotte ( classis ) romaine. Rubeus, dans l’histoire de Ravenne, rapporte la fondation de Saint- Apollinaire in Classe à l'année 54o, après celle de Saint-Vital 2.

Sainte-Constance. — On voit au bas de la planche LXIY une mosaïque de Sainte- Constance3, représentant Notre-Seigneur entre deux personnages, et que nous plaçons ici à cause de sa similitude avec la Transfiguration.

VIII» SIÈCLE

Saints-Nérée-el- Achillée . — Ce sujet se re-

i PI. LXIII, fig. 2. — 2 Hémans, mosaïque de Ravenne , Histoire de l’art sacré, chronique d’Agnellus.

3 PL LXIV, fig. 2.

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