‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 143 sur 359 · B. JÉSUS ESSAIE DE LES CONSOLER DE SA MORT PROCHAINE (J. XIV · texte numérisé non relu

B. JÉSUS ESSAIE DE LES CONSOLER DE SA MORT PROCHAINE (J. XIV

Les paroles mystérieuses de Jésus, annonçant à ses Apôtres qu'il allait les quitter, que Pierre, qu'il leur avait donné pour chef, qui avait toujours montré pour son Maître un attachement si dévoué, le renierait trois fois, que de grandes peines, de terribles épreuves les attendent, etc., étaient bien capables de troubler les Apôtres et de les jeter dans une sorte de désespoir; Jésus cherche à les encourager et à les consoler.

Premier motif de consolation : s'il les quitte, c'est pour leur bonheur, pour leur préparer une place dans le ciel...; du reste, il continuera à veiller sur eux. Malgré ce que je viens de vous dire, ajoute-t-il, pour vous préparer à une séparation nécessaire, « que votre cœur ne se trouble pas; mettez votre confiance en Dieu et en moi » (suivant la leçon la plus autorisée du texte grec, ™ct£ust£, à l'impératif), vous ne serez pas abandonnés. Si je vous quitte, c'est pour votre bien. « Il y a plusieurs demeures, » il y a plusieurs étages, « dans la maison de mon Père; » le ciel, où est le trône de sa gloire, le séjour de la céleste félicité qu'il a préparé pour ses élus, est vaste et spacieux, et il y a de la place pour vous tous. « ,Si non, » s'il n'en était pas ainsi, «je vous l'aurais dit, » je ne vous nourrirais pas de fausses illusions; mais, «.je vais vous y préparer une place, » en détruisant, par ma mort, le mur de séparation que le

vendat tunicam suam, et cmat gladium. — 37. Dico enim vobis, quoniam adhùc hoc quod scriptum est, oportet impleri in me : Et cum iniquis deputatus est. Etenim ca quse sunt de me, Gnem babent. — 38. At illi dixerunt : Domine, ecce duo gladii hic. At ille dixit eis : Satis est. — I. 4. Non turbetur cor vestrum. Credilis in Deum, et in me crédite — 2. In domo Patris mei mansiones multae sunt. Si quo minus, dixissem \obis, quia vado parare vobis locum.

péché a élevé entre le ciel et la terre, en allant moimême prendre possession du royaume céleste, dont vous devez être les héritiers., les citoyens, « et lorsque je m'en serai allé, et » qu'assis à la droite du Père céleste, « je vous aurai préparé une place »dans la maison du père de famille, « je reviendrai, » mais d'une manière spirituelle, lorsque je vous enverrai mon Esprit; je vous y introduirai comme par la main, « et je vous prendrai avec mol, afin que là où je suis, vous y soyez aussi. Et vous savez où je suis, » vous savez que je retourne vers mon Père « et vous savez la voie » qui y conduit; vous savez que c'est par moi seul que vous pouvez y parvenir. « Thomas » dont la faible intelligence ne pouvait suivre Jésus-Christ sur les hauteurs où il s'élevait, « dit » avec naïveté, afin d'inviter Jésus- Christ à s'expliquer d'avantage : « Seigneur nous ne savons où vous allez : comment pourrions-nous savoir le cliemin » qui y conduit ? « Jésus lui dit : » Le lieu où je vous conduis, le chemin qui y mène, c'est moimême : « Je suis la voie, la vérité, et la vie. » Celui qui marche dans cette voie, qui écoute mes paroles et suit mes exemples est dans la vérité, et ne peut s'égarer, et s'il y persévère jusqu'à la fin, il parviendra à la vie gui ne finit pas et qui consiste dans l'éternelle possession du Souverain Bien, dans la réunion des enfants de Dieu avec leur Père céleste ; or, « nul ne vient au Père que par moi. » Je suis le médiateur qui vous réconcilie avec Dieu, qui vous conduit, vous réunit au Père céleste. — « Si vous m'eussiez connu, vous auriez aussi connu mon Père, » car mon Père et moi ne faisons qu'un ; « mais bientôt vous le connaîtrez, » en recevant le Saint-Esprit, « et déjà, » en me voyant, vous l'avez vu. »

« Seigneur, lui dit Philippe, montrez-nous le Père »

3. Et si abiero, et preeparavero vobis locum, iterum venio, et ao cipiam vos ad me ipsum, ut ubi sum ego, et vos sitis. — 4. Et quo ego vado scitis, et viam scitis. — 5. Dicit ei Thomas : Domine, nescimus quo vadis : et quomodo possumus viam scire? — 6. Dicit ei Jésus : Ego sum via, et veritas, et vita. Nemo venit ad Patrem, nisi per me. — 7. Si cognovissetis me, et Patrem meum utique cognovissetis ; el amodo cognoscctis eum, et vidistis eum.

céleste, par une sorte de révélation miraculeuse, d'apparition sensible, analogue à celle dont fut favorisé Moïse dans le buisson ardent, « et cela noies suffit, » nos désirs seront satisfaits. Eh quoi? « lui dit Jésus, » avec un doux reproche. « depuis si longtemps que je suis avec vous, vous ne me connaissez pas encore? » vous ne savez pas encore que je suis le Fils unique et consubstantiel du Père ? « Philippe, celui qui me voit, voit aussi le Père, » et n'a pas besoin d'autre révélation, car mon Père et moi ne faisons qu'un dans l'unité de l'essence divine. « Comment dites-vous » donc « montrez-moi le Père? Ne croyez-vous point que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; » elles ne sont pas le fruit d'une intelligence humaine; « et le Père qui demeure en moi fait lui-même les œuvres » miraculeuses, est lui-même l'auteur des miracles que j'opère, et qui sont le cachet, le sceau, la preuve de ma mission et de ma nature divine. Encore une fois, « ne croyez-vous point que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? » Si vous ne croyez pas à mes paroles « croyez du moins a cause des miracles que je fais, » et qui ne peuvent venir que d'un Dieu. Et ces miracles, ce n'est pas assez d'en avoir été les témoins, vous les opérerez vousmêmes en mon nom; « en vérité, en vérité, je vous le dis, les œuvres que je fais, celui qui croit en moi les fera lui-même aussi, et il en fera même de plus grandes. » Toute puissance vous sera donnée. Non seulement vous guérirez les malades, vous ressusciterez les morts, comme je l'ai fait moi-même, mais vous parlerez toutes les langues sans les avoir apprises, et vous convertirez à l'Evangile l'univers entier. Rien ne résistera à vos

8. Dicit ei Philippus : Domine, ostende nobis Patrem, et suiïîcit nobis. — 9. Dicit ei Jésus : Tanto tempore vobiscum sum, et non eognovistis me? Philippe, qui videtme, videt et Patrem. Quomodo tu dicis : Ostende nobis Patrem? — 10. Non credilis, quia ego in Patro, et Pater in me est ? Verba quae ego loquor vobis, à me ipso non loquor. Pater autem in me manens, ipse i'acit opéra. — 44. Non creditis, quia ego in Pâtre, et Pater in me est? — 42. Alioquin, propter opéra ipsa crédite. Amen, amen dico vobis, qui crédit in me, opéra quse ego f'acio, et ipse faciet, et majora horuin faciet :

prières; car a je vais à mon Père, » pour être votre protecteur, votre intercesseur et votre avocat , « et tout ce que vous demanderez à votre Père en mon nom, je le ferai, » je vous l'accorderai, « afin (pie le Père soit glorifié clans le Fils. » Oui, « si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai, » je l'accomplirai moimême, comme Roi céleste de la nouvelle théocratie. C'est le second motif de consolation que Jésus-Christ offre à ses Apôtres.

« Si vous m'aimez. » si vous voulez vous rendre dignes des grâces que je vais répandre sur vous, « gardez mes commandements: » c'est à cela seul que je connaîtrai votre amour. « Et moi » de mon côté, pour récompenser cet amour et cette obéissance, et c'est le troisième motif de consolation que je vous propose, « je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet, » un autre consolateur, un autre protecteur, un autre défenseur, pour qu'il demeure avec vous, » non pas, comme je l'ai fait, pendant quelques années seulement, mais « à toujours. » Je vous enverrai « l'Esprit de vérité, » l'Esprit sanctificateur, plein de toutes grâces et de toute vie spirituelle, communiquant à l'âme la lumière qui l'éclairé, et l'amour qui la vivifie, unissant les hommes à Dieu par la connaissance et par l'amour, « que le monde, » coupable et corrompu, « ne peut recevoir, parce (que, » dans les ténèbres profondes où il est plongé, dominé par les sens, « il ne le voit point et ne le connaît point, » puisqu'il est invisible, et n'éprouve, par suite, aucun désir d'entrer en communication avec lui. « Mais vous, vous le connaîtrez, parce qu'il demeurera au milieu dé vous, et sera en vous, » pour vous éclairer, vous diriger, vous fortifier. Non, en vous quittant, « je ne vous laisserai pas orphelins, » délaissés,

quia ego ad Patrem vado. — 13, Et quodcumque petieritis Patrem. in nomine meo, hoc faciam : ut glorificetur Pater in Filio. — 14. Si quid petieritis me in nomine meo, hoc faciam. — 15. Sidiligitis me, mandata mea servate. — 16. Et ego rogabo Patrem, et alium Paracletum dabit vobis, ut maneat vobiscum in œternum. — 17. Spiritnm veritatis, quem mundus non potest accipere, quia non videt eum, nec scit eum : vos autem cognoscetis eum ; quia apud vos manebit, et in vobis erit. — 18. Non relinquam vos orphanos :

J. XIV. 1-31. — g CXII. DISCOURS APRÈS LA CENE. 163

sans protecteur, sans consolateur; je vous promets l'Esprit-Saint, pour me remplacer, et de plus, c'est le quatrième motif de consolation que je vous propose, je vous annonce ma résurrection prochaine; moi-même, bientôt, « je viendrai à vous. Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus ; » ma mission est terminée, et je vais quitter la terre; « mais vous, vous me verrez de nouveau, » lorsque je vous apparaîtrai après ma résurrection, « parce que je vis, » que la mort n'aura plus d'empire sur moi, « et vous vivrez aussi, » de la vie spirituelle de la grâce, en attendant celle de la gloire. « En ce jour-la, » éclairés par l'Esprit-Saint, « vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, » que je ne fais qu'un avec lui, dans l'unité de l'essence divine, « et vous serez en moi, » vous me serez unis par la vie de la grâce, comme les membres sont unis à leur chef, comme les branches de la vigne sont unies au cept où elles puisent la sève qui les nourrit ; c et moi je serai en vous, » vous éclairant, vous dirigeant, vous sanctifiant, par l'Esprit-Saint que je vous enverrai. En vous quittant corporellement, je ne vous aba' 3 s nour cela, je reste encore avec

vous d'une r t mystique, par la foi,

l'amour, la g "■■■mmuiiion, et.

c'est pour vo rue je

viens encorf déments et « et celui ^ u aussi « je l'aimera*, \ vie, en éclairant son inteliigei vant à la vision intuitive.

L'apôtre « Jude, qu'il ne faut pas confondre a traître « Judas Iscariote, » entendant les paroles au Sauveur, d'une apparition, d'une venue extérieure de Jésus, pour l'érection du royaume messianique, et réflé-

veniam ad vos. — 49. Adhùc modicùm, et mundus me jam non videt. Vos autcm videtis me ; quia ego vivo, et vos vivetis. — 20. In illo die vos cognoscetis quia ego sum in Pâtre meo, et vos in me, et ego in vobis. — 21 . Qui habet mandata mea et servat ea, ille est qui diligit me. Qui aute'm diligit me, diligetur à Pâtre meo ; et ego ailigam eum, et manifestabo ei me ipsum. — 22. Dicit ei Judas, non illelscariotes :

chissaut que le Messie «lovait aussi juger les païens, ne pouvait comprendre comment Jésus devait se manifester seulement à ses disciples, et non au monde tout entier; « Seigneur, dit-il, d'où rient que tous vous révèle-

nous, et non au inonde, » qui a également besoin de vous connaître? « Jésus répond, » sans entrer dans des explications pour le moment inutiles, que le inonde ne l'aime pas et repousse la lumière. L'amour appelle L'amour, et l'indifierence appelle l'indifférence. « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, » il prouvera son amour pour moi en observant ma loi, « et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous demeurerons en lui. » par l'union mystique de la grâce sanctifiante, la communion eucharistique, etc. « Qui ne m'aime point, ne garde pas mes commandements, » et n'a rien de commun avec moi. « Or, la parole que tous are: entendue, n'est pas de moi. mais de mon Père qui m'a envoyé: » celui doue qui la méprise et la rejette, méprise et rejette Dieu lui-même. « Voilà tout ee que je crois devoir tous dire, avant de me séparer de vous; mais le Paraelet. V Esprit-Saint que le Père vous enverra en won nom, » achever» ce ncé; « il vous

e*v°;— » ma doctrine

mouvez avoir ' que je vous

ernier mo-

tlv \ous laisse un

j - - nus laisse ma paix, je vous

■ : je vous la donne, non comme le monde

la donne: » je ne vous donne pas une paix fausse, illu-

Domine, quid Factum est quia manifestaturus os nobis te îpsum, et non mundo? — 23. Respondil ïesus et dixit ei : Si quisdifiget me, sermonem meum servabit, et Pater mous diliget eum, el ad eum vememus, el mansionem apudeum faciemus.— 24. Qui nondiligitme, sermones meos non servat. El sermonem quem audisti •• non est' meus' sed eju8 qui misit me Patris. — 86. llav lôcutus sum vobis apud vos manens. —86. Paracletus autem Spiritus sanctus, quem mittel Pater, in nomme meo, iile vos docebil omnia, el suggerel vobis omnia quae* cumque dixero vobis. — 87. Pacem relinquo vobis, pacem meam do vobis : non quomodo mundus dat, ego do ^bis. Non tnrbetur cor

j. xjv. 1-81, - g <;.\'ii. m oouri AfitK-' j.a dm 166

Boire, fondée sur l'aveuglement, l'étourdi ornent, le men onge, mai une pais réelle et véritable, la paix de i enfanl de Dieu, une pais qui apai e toutes le inquiétude delacon cience, qui cou oie de toutes le peines

tte vie, oue rien ne peut troubler, qui est un avantgoût de douceurs cèle m , une pais que le monde ne connaît pa , et qu'il <■ t impui ant à donner à e tateur . " Que votrecceur ■■ donc * ne $e trouble point, qu'il ne s'effraie point a de cette peu ée que je von quitter. * Vo%k avez entendu que je vous ai dit : je m'en vais, et puis, je reviens a vous. — Si vous m'aimez, ■> loin de vou livrer à la tri te e, ■■ vous vous réjouirez, - :u> contraire, - de ce que je bai ver mon Père, parce que, •> eu i irdâ ma nature humaine, i mon Pire est plus grand que moit <• etqu'il m'élève comme homme, ï la participation de sa gloire, de a

ance, d rinité.

h Et je vous dis tout cela maintenant, muni que cela arrive, afin que quand i'<,ln sera arrive, vous croyiez « que je eu blement le i-jJ de Dieu, et rou met-

tez irotre confiance dan toute le prome ■• que |e \i,w (ai . Je ne vous parlerai plus guère, car » l'heure de mon dernier acrifice approche, et « le Primée de ce monde vient, ■■ el apprête contre moi toutes ses fureurs; mai je ne ci fureur impui

i il ne iicut rien contre moi, - et i je donne ma ne, cen'e I pa parce qu'il aura prévain contre moi, mais je la sacrifie par J'-. libre effet de ma volonté, pour le salut du monde, ■■■ afin que le monde connaisse que j'aime h- Père. et que f accomplis le précepte qufil m'a donné, ■■ et qu'il ,->. lai 4 à ma libre di po ition, Mais, • levez-

. ortons cPici, »

i noqttti f'»' midot. 18. AudUtl • quia i •■i ."H. leritw iiii.)ii<- qoia yado ad Pa

tram, quia Patai auni dixi vobia priu

.H/, fueril l'/n # i'^/i multa \oqaar

•h, '.'ini "Mini princepa mundi liuju», el in babil

quidquam, • ;i m <i

mandatum dédît mil

ENSEIGNEMENTS PRATIQUES

Jo. XIII. v. 31. « Jésus dit : Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. » — Dieu a été glorifié par la mort de Jésus-Christ, qui a manifesté au monde, avec le plus vif éclat, a) l'amour infini du Père, sacrifiant son Fils bienaimé pour le salut du monde ; b) la toute-puissance de Dieu, régénérant le geure humain et le relevant de sa chute ; c) la sainteté et la justice divines, exigeant une satisfaction infinie pour expier une injure infinie.

v. 32. « Si Dieu a été glorifié en, lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même. » — Jésus-Christ sera glorifié par sa résurrection glorieuse et son ascension à la droite du Père, par l'établissement de son royaume sur la terre, par les hommages et les adorations qu'il recevra d'un bout du monde à l'autre et dans toute la suite des siècles. — C'est la veille de sa mort ignominieuse que Jésus fait cette étonnante prédiction, dont nous voyons l'accomplissement de nos yeux. Celui-là est bien désespérément aveugle, qui ne découvre pas en cela une preuve irrécusable de la divinité du christianisme. — Dieu glorifiera à son tour ceux qui se seront sacrifiés pour sa gloire : témoins tant de saints que nous honorons sur nos autels et dont la gloire fait pâlir celle des héros les plus célèbres.

v. 33 et suiv. « Mes petits enfants, je oie suis plus avec vous que pour un peu de temps, etc. » — Amour ineffable de Jésus pour les hommes, qui se manifeste : a) dans la tendresse de ses expressions : « Mes petits enfants; » b) dans la mort qu'il va subir pour nous sauver : « Je ne suis plus avec vous que pour un peu de temps; » c) clans le commandement qu'il nous fait de nous aimer les uns les autres (v. 34) ; d) dans la promesse quïl nous fait de nous recevoir un jour dans sa gloire, si nous l'avons suivi dans ses souffrances (v. 36) : « Où je vais, tu ne peux me suivre à présent, mais tu me suivras un jour. »

L. XXII. v. 31. « Simon, Simon, voilà que Satan fa demandé, pour te cribler comme le froment. » — Preuve de l'existence du démon. — Sa fureur contre les hommes, et surtout, contre les ministres de Jésus-Christ. — Le démon ne peut rien faire sans la permission de Dieu. — Ce qu'il demande, par haine contre les hommes, Dieu le permet pour les éprouver.

v. 32. « Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point. » — Jésus-Christ est notre avocat, notre puissant intercesseur, auprès du Père céleste. — Puissance de la prière. — Tant que la foi n'est pas éteinte dans l'âme du pécheur, il y a encore de la ressource. — « Et toi, quand tu seras converti, confirme tes frères. » Sainte et noble vocation, que celle de cou-

firmer ses frères dans la foi. — L'expérience que nous avons faite de notre propre faiblesse doit nous engager à compatir à celle de nos frères.

v. 33. « Pierre lui dit : Seigneur, je suis prêt à aller avec vous en prison et à la mort. » — Rien ne paraît impossible à celui qui n'a pas encore éprouvé sa faiblesse. — La présomption est aveuglo et téméraire, et ne connaît rien au-dessus de ses forces. — Insensé, celui qui se fie en son propre cœur, qui met sa confiance en lui-même, et dans ses propres forces. Qu'il y a loin entre la pensée et l'exécution, entre l'imagination et la réalité 1

v. 34. « Pierre, je te le dis, le coq aujourd'hui ne chantera point, que tu ne m'aies renié trois fois. » — Le présomptueux ne tarde pas à être confondu. — Que celui qui est debout prenne garde de tomber (i. Cor., x, 12). — Les ministres de Dieu, les princes de l'Eglise, les saints eux-mêmes, peuvent faillir. — Celui qui se croit plus fort que les dix autres apôtres, bientôt sera vaincu par la parole d'une pauvre servante. — Prescience infaillible de Jésus-Christ, qui prévoit tout ce qui doit arriver, même les actes libres de l'homme, et peut les prédire dans toutes leurs circonstances les plus minutieuses. — Cette prescience, toutefois, ne détruit pas la liberté de l'homme.

v. 25. « Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans chaussure, quelque chose vous a-t-ïl manqué'? » — La Providence paternelle de notre Père céleste veille sur tous nos besoins. — Reposons-nous sur elle avec confiance, nous ne serons pas confondus.

v, 36. « Mais maintenant, que celui qui a une bourse, la prenne. » — L'Eglise doit s'attendre à des combats, des persécutions et des épreuves. — « Que celui qui rien a point, vende sa tunique, et achète une épée. » — Les armes défensives du chrétien sont le bouclier de la foi, le glaive de la parole de Dieu, la prière, la prudence du serpent unie à la simplicité de la colombe. — v. 37. « » Il faut que ce qui a été écrit s'accomplisse en moi. » Toutes les prophéties trouvent en Jésus-Chribt leur accomplissement ; il est donc véritablement le Messie prédit par les prophètes. — v. 38. « Il leur répondit : C'est assez. » — Patience du Sauveur à supporter l'intelligence grossière de ses disciples.

Jo. XIV. v. 1. « Que votre cœur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » — Celui qui se confie en Jésus-Christ est au-dessus de toute crainte et peut braver le démon et le monde.

v. 2. « Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mou Père... Je vais vous préparer une place. » — Le ciel, c'est la

168 l'évangile expliqué, dépendu, médité.

maison de notre Père céleste ; c'est notre patrie, notre héritage, racheté par le sang de Jésus-Christ. La terre n'est pour nous qu'un triste lieu d'exil. — Il y & plusieurs demeures, en rapport avec les divers degrés de mérites et de sainteté des élus : il dépend de nous de ne pas obtenir l'une des moindres ; ici seulement, l'ambition est permise.

v. 3. « Je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que la où je suis, vous soyez aussi. » — Jésus-Christ nous visite dans la sainte communion ; il vient nous chercher, pour nous conduire au ciel. A l'heure de notre mort, il enverra ses anges pour nous y introduire. 0 Jésus, quand serai-je dans cet heureux séjour, où je serai avec vous pour toujours, sans crainte d'en être jamais séparé? — Qu'importent les peines passagères de cette vie, pourvu que le ciel soit notre partage ! Les persécuteurs les plus acharnés peuvent nous ôter la vie ; ils ne peuvent nous ôter le ciel : nous seuls avons ce triste pouvoir.

v. 4. « Où je vais, vous le savez, et vous savez la voie. » — Jésus-Christ nous la montre, cette voie qui conduit au ciel ; il y a marché le premier, nous n'avons qu'à le suivre. C'est la voie du calvaire, de la croix, de la pénitence, de la mortification chrétienne ; il n'y en a point d'autre. Entrons-y avec courage; marchons-y avec persévérance.

v. 6. « Jésus lui dit : Je suis la voie, la vérité et la vie; nul ne vient au Père que par moi. » — Oui, Seigneur Jésus, vous êtes la voie qui conduit au ciel, et où l'on marche sans fatigue et sans crainte de s'égarer ; vous êtes la vérité par essence ; hors de vous, il n'y a que ténèbres et nuit profonde ; vous êtes la vie véritable, la source de toute "vie et de toute félicité : le ciel consiste à vous posséder. Vous êtes notre seul et unique Médiateur ; nous ne pouvons être sauvés que par vous.

v. 7. « Si votes m'aviez connu, vous auriez aussi connu, mon Père. » — Jésus-Christ est « V image substantielle du, Père. » — Il y a en Dieu unité d'essence, et pluralité de personnes. — Bien que notre faible intelligence ne puisse comprendre ce grand mystère, notre foi n'est pas aveugle, mais raisonnable; car elle repose sur un fondement inébranlable, sur la divinité de Jésus- Christ, prouvée par sa sainteté et ses miracles.

v. 12. « En vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi, fera les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes. » — Quelles sont ces œuvres plus grandes que celles opérées par Jésus- Christ? — C'est la conversion du monde par ses apôtres. Il ne s'ensuit pas qu'ils soient plus grands que Jésus-Christ, car, c'est Jésus-Christ qui opère en eux et par leurs mains ces grandes choses : ils ne sont que ses instruments.

v. 13-14. « Tout ce que vous demanderez à mon Père, en mon

nom, je le ferai. » — Puissance de la prière faite au nom de Jésus-Christ ! — Jésus-Christ nous aime, il veut notre bonheur, il connaît nos besoins, rien ne résiste à sa toute-puissance. Que ne devons-nous pas attendre de lui.

v. 15. « Si vous m'aimez, gardez mes commandements. » — L'amour se prouve par les oeuvres, et pour celui qui aime, les commandements de Dieu sont doux et faciles. Et qui pourrait ne pas aimer Jésus-Christ?

v. 16. « Je prierai mon Père, et il vous donnera un antre Consolateur, l Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir. . . ; il demeurera an milieu de vous, et sera en vous. » — Jésus- Christ envoie tous les jours ce divin Consolateur dans nos âmes. C'est par lui que notre âme est renouvelée, sanctifiée ; c'est lui qui nous éclaire, nous dirige, nous console, nous fortifie, qui allume en nous les ardeurs de l'amour divin. « Veni, sancte Spiritus, et emitte cœlitus, lucis tnœ radium. Consolator optime, dulcis hospes animœ, dulce refrigerinm. Inlaborerequies, etc. » — Gardons-nous de contrister ce divin Esprit par nos résistances opiniâtres, et de le chasser par nos péchés.

« Je ne vous laisserai pas orphelins. » — Ineffable et touchante tendresse du Sauveur ! Il n'abandonne pas les âmes délaissées qui, sentant leur faiblesse, ont recours à lui et mettent en lui toute leur confiance ; il veut être leur Père, leur protecteur, leur défenseur, leur Sauveur... Il vient à elles, dans la sainte communion, pour être leur soutien, leur nourriture.

v. 19. « Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus. » — Chacun de nous peut s'appliquer ces paroles. — Encore un peu de temps, quelques instants rapides, et le monde ne me verra plus, ne sera plus rien pour moi. Toutes ses misères, toutes ses douleurs, tout son faux éclat, toutes ses joies, seront à jamais évanouis, comme si elles n'avaient jamais existé; il ne restera plus pour moi que l'éternelle félicité des élus..., ou l'éternel désespoir des réprouvés.

v. 21. « Celui qui m'aime sera aimé de mon Père, et je l'aimerai aussi. » — Celui qui vous aime, ô Jésus, est aimé de vous, et possède l'amour du Père céleste. Pour obtenir ce trésor, qui peut tenir lieu de tous les autres, il ne faut ni science, ni talents extraordinaires, ni grandes actions; il suffit d'avoir un cœur.

v. 23. « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure. » — Un cœur qui aime Dieu devient le temple vivant de la sainte Trinité : les trois personnes divines font en lui leur demeure. Et ce n'est pas une demeure provisoire et passagère. Dieu demeurera avec nous tant que nous ne l'aurons pas chassé par le péché. Tout nous quittera. Dieu ne nous quittera pas. — Dehaut. L'Evalig.— T. IV 15

Et que peut-il manquer à celui qui possède Dieu? Là où est Dieu, là est le ciel. — Ne méprisons pas le plus humble et le plus petit de nos frères. Respectons-nous nous-mêmes, car notre âme est le temple de la divinité. — Mais Dieu ne peut habiter dans une âme souillée. Pourrions-nous encore souffrir le péché, et introduire une idole dans ce sanctuaire ?

v. 26. « L'Esprit-Saint, que mon Père enverra, vous enseignera toutes choses. » — Il nous fallait un maître intérieur, qui nous fit comprendre intérieurement ce que l'on nous enseigne extérieurement. — Il faut aimer la vérité pour la comprendre, et c'est l'Esprit-Saint qui nous donne cet amour.

v. 27. « Je vous donne la paix : ce n'est pas comme la donne le monde. » — Jésus-Christ seul peut nous donner la paix véritable, cette paix qui remplit l'âme et satisfait le cœur, que la mort ne peut nous ravir, que rien ne peut remplacer et qui est l'avant-goût du ciel. — Cette paix, le monde ne la connaît pas, il n'en a pas même l'idée, et il ne peut la donner à ses sectateurs. Non, « il n'y a point de paix pour les méchants; ils sont comme une mer agitée qui n'a jamais de repos » (Is., lvii, 21).

v. 29. « Je tous le dis maintenant, avant que cela arrive, afin que, quand cela sera arrivé, vous croyiez. » — Les prophéties de Jésus-Christ prouvent sa divinité, et sont un fondement solide de notre foi.

v. 30. « Le Prince de ce monde vient, et il n'a rien en moi. » — Entends-tu, âme mondaine ? Satan est ton roi et ton maître. Tu suis ses inspirations ; tu fais partie de ses esclaves ; tu partageras son sort. — C'est par le péché que le démon a puissance sur nous. Evitons de le commettre; si nous l'avons commis, hâtons-nous de l'effacer dans le sang de Jésus-Christ.

PROJETS HOMILÉTTQUES.

A. EFFETS DE LA MORT DE JÉSUS-CHRIST (Jo. XIII, 30-38).

1) Elle doit séparer le Maître de ses disciples : « Filioli, adhùc tnodicwm vobiscum suin; qno ego vado, vos non potestis ventre. » — 2) Elle glorifie à la fois le Père et le Fils, en manifestant les perfections divines : « Nunc clarificatus est Filitts hominis, et Dens darificatm est in eo. » — 3) Elle élève l'humanité sainte de Jésus-Christ jusqu'à la droite du Père céleste, jusqu'à la participation de la gloire divine : « Deus darificablt eum in semetipso. » — 4) Elle manifeste avec éclat l'amour ineffable de Jésus pour les hommes : « Sicùt dilexi vos. » — 5) Elle est un motif puissant pour les chrétiens de s'aimer les uns les autres comme des frères : « Ut et vos diligatis invicem. » — 6) Cette mort de Jésus-Christ nous oblige à le suivre, s'il le faut, jusqu'au Calvaire, jusqu'à mourir, s'il le faut, pour celui qui est mort pour nous ; « Quavè non possum te sequi modo'? animant meam pro te ponam. »

J. XIV. 1-31. — S5 CXII. DISCOURS APRÈS LA CÈNE. 171 B. LE NOUVEAU PRÉCEPTE DE L'AMOUR DU PROCHAIN.

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