II. La chute elle-même
Les divers caractères de cette chute sont : 1) V ingratitude. — Pierre avait été comblé de tant de grâces, choisi pour être le chef des Apôtres, admis sur le Thabor il avait fait de si belles promesses. — 2)
Une étonnante faiblesse, unie à une incrogable présomption. — Il s'expose à tous les dangers...; une première, une seconde chute ne le rendent pas plus prudent, moins présomptueux..., et il succombe à la voix d'une servante : « Quem ciim vidisset ancilla quœdam. » — 3) Les rechutes multipliées, et le progrès dans le crime. — a) Il renie son Maître, une première, une seconde, une troisième fois. Dans la voie du mal, il n'y a que le premier pas qui coûte, b) Il rougit de paraître un disciple de Jésus : « Numquid et tu ex discipulis es hominis istiusf... Dicit Me : Non sum. » c) Il se rend coupable d'un lâche mensonge, en disant qu'il ne le connaît pas : « Non uovi illum, » d) Au mensonge, il joint le serment, le parjure : « Et iterùm negavit cum juramento. » e) Au parjure, il joint l'imprécation, l'anathème : « Tune cœpii detestari, anathematizare, et jurare. » — « Abyssus abyssum invocal. »
— 5) Retour sur nous-mêmes. — a) Sommes-nous moins ingrats que saint Pierre? Quelles grâces n'avons-nous pas reçues, et quel usage en avons-nous fait? b) Sommes-nous plus forts que lui et moins présomptueux? Que de fois la moindre occasion n'a-t-elle pas suffit pour nous abattre? e) Rappelons-nous les promesses que nous avons faites à Dieu, lors d'une première communion, d'une mission, etc., et voyons comment nous y avons été fidèles, d) Ne rougissons-nous jamais de paraître chrétiens, et de confesser publiquement notre foi, notre amour pour Jésus-Christ? e) Avons-nous une juste horreur pour le mensonge, le parjure, le blasphème, l'imprécation? f) Résistons-nous courageusement dès le commencement de la tentation, persuadés que tout dépend de lui, et que, si nous faiblissons dès le commencement, elle nous entraînera bientôt de chute en chute.