I. La conduite des Juifs
Ils y manifestent : 1) leur haine meurtrière contre Jésus-Christ. Ils se hâtent, dès le lever du jour, do conduire Jésus au prétoire, pour satisfaire leur soif de sang : « Adducunt ergo Jesum in prœtorium : èr'at aulem manc; » — 2) leur hypocrisie : ils craignent de se souiller, en entrant chez Pilatc ; ils ne craignent pas de verser le sang innocent : « Et ipsi non introierunt in prœtorium, ut non contaminarentur . — 3) Leur mauvaise foi. Ils ont condamné Jésus-Christ comme blasphémateur; devant Pilate, il n'est plus question de blasphème, mais ils le présentent comme un séditieux, un perturbateur du repos public; ils transforment leur accusation purement religieuse en une accusation politique : « Cœperunt ilium accusare, dicentes : hune invenimus subvertentem gentem nostram, etc. ; — 4) leur impudence. Ils accusent faussement Jésus-Christ du même crime dont ils sont réellement coupables au fond de leur cœur, au moins d'intention et de désir : « Et prohibentem tribùta dure Cœsari, etc. ; etc. ; — 4) leur décadence, et leur impuissance. Ils sont tellement tombés, qu'ils sont dépouillés de tout pouvoir politique, et ne possèdent plus même le droit de condamner à mort, ce qui devait bien leur rappeler l'oracle de Jacob : « Dixerunt ei Judœi : nobis non licet interficere quemquam. » — 6) leur crime inexpiable. Ils livrent eux-mêmes, au nom de la nation, entre les mains des païens, et dévouent à la mort infâme des criminels et des esclaves, leur Messie, leur Roi, leur Sauveur, leur Dieu, et consomment ainsi la réprobation et la ruine du peuple juif : « Dicentemse
J. XVIII. 28-38. — g CXX, JÉSUS DEVANT PILATE. 311
Chridum rcgem esse. » Ejétcstons la conduite et le crime des Juifs, et prenons la résolution de no jamais les imiter.