II. Les Juifs
4) La vue de l'état affreux où la flagellation a réduit le Sauveur n'excite en eux aucune pitié : la haine éteint tous les sentiments de l'humanité : « Cum vidissent eum, clamabant : Crucifige. » — 2) Les obstacles que Pilate oppose à leur haine sanguinaire ne font que les irriter davantage et les rendre plus opiniâtres dans leur réclamation : « Dicit eis Pilatus : ego non invenio in eo causant.... Responderunt ei Judœi, etc. » — 3) Quand ils voient qu'ils ne peuvent faire mourir Jésus-Christ comme séditieux, ils reviennent à l'accusation abandonnée de blasphème et de crime religieux : « Secundum legem débet mori quia Filiiim Dei se fecit. » — 4) Ils reviennent de nouveau à l'accusation politique, et ne craignent pas, dans leur hypocrisie, d'accuser Jésus-Christ d'un crime dont ils le savent innocent, mais dont ils sont coupables eux-mêmes, du moins par leurs désirs : « Oninis qui se regem facit contradicit Cœsari. » — 5) Ils effraient le faible gouverneur en le menaçant de le dénoncer à César, et affectent pour l'empereur un intérêt hypocrite qui est bien loin de leur cœur : « Si hune dimitis, non es amicus Cœsaris. » — 6) Plutôt que de recevoir le Messie véritable, qui est venu au milieu d'eux pour les sauver, ils sont prêts à accepter le joug odieux et détesté des païens, et à renoncer à leur affranchissement et à leurs espérances messianiques : « Non habemus regem, nisi Cœsarem. » — 7) Par un souhait horrible, ils prennent sur eux la responsabilité du sang versé, ils appellent sur leurs têtes et sur celles de leurs descendants îa vengeance divine...; souhait qui ne fut que trop exaucé : « Et respondens universas populus, dixit : Sanguis ejus super nos, et super filios nostros. » — Comprenons où peuvent conduire la haine et la jalousie, et gardons-nous de leur donner entrée dans notre cœur.